L’Omiero

Ça fait quelques mois [article publié à l’origine le 10 octobre 2015] que les cultes afro-caribéens s’invitent dans ma spiritualité. Par la rivière est arrivée Oshun, par les eaux profondes et les étoiles, Yemanja, et puis petit à petit, d’autres esprits et des pratiques s’installent. J’avance à tout petits pas, de manière assez intuitive et très personnelle, et je découvre plein de choses que j’ai envie de partager ici. La première sera l’omiero, qui parle particulièrement à l’amoureuse des plantes et des potions que je suis.

L’omiero est une infusion utilisée dans de nombreux rituels de la Santería (ou Lucumí), et notamment dans toutes les cérémonies d’initiation. On l’utilise également pour se purifier (bains, onction, eau de lavage du sol…), laver les représentations physiques (pierres, statues, attributs…) des Orishas, les cauris utilisés en divination, ou encore les bijoux à valeur spirituelle comme les colliers de perles consacrés aux Orishas, appelés Elekes.

La préparation se fera en fonction de l’intention du rituel, mais surtout de l’Orisha auquel on compte faire appel au cours de celui-ci, puisque, par le jeu des correspondances, il ou elle déterminera les plantes à utiliser. Comme l’infusion contient de nombreuses herbes, on dit souvent que lorsqu’on prépare de l’omiero, on « fait Osain », d’après le nom de l’Orisha des plantes.

D’après ce que j’ai pu lire, la préparation est longue est complexe, particulièrement ritualisée – elle s’accompagne notamment de nombreux chants et prières, de préférence en langue yoruba -, et doit en principe être réalisée par un religieux. Les recettes sont bien entendu jalousement gardées. Je n’aurais donc pas la prétention de partager ici LA recette de l’omiero 😉

Cependant, d’après Maria-Alba Valdés, dans « Magie des Caraïbes et Santeria », on fabrique généralement l’omiero de la façon suivante :

Dans un grand récipient, verser :
* de l’eau bénite (certainement par un prêtre Lucumi, pour ma part je fais la mienne)
* des eaux de différentes provenances (eau de mer, eau de pluie, eau de rivière…)
* du vin, de l’eau-de-vie

Ajouter :
* un charbon ardent
* du miel
* du beurre de cacahuètes
* des pétales de pivoine
*du piment
* les herbes choisies en fonction de l’Orisha (ou des Orishas) auquel on fait appel

Sur internet, j’ai également trouvé mention d’huile de palme, de beurre de cacao, ou encore de cascarilla (poudre de coquille d’œuf). Les plantes, de préférence fraîches, doivent être réduites en morceaux, déchirées à la main, dans l’eau, ou pendant que l’eau est versée ; la préparation peut ensuite bouillir pendant plusieurs minutes, et toute l’opération s’accompagnera comme mentionné plus haut de chants et prières sacrés.

Image trouvée sur Tumblr

On pourra bien sûr choisir le jour, l’heure, le nombre de plantes en fonction de l’Orisha (par exemple, cinq plantes pour Oshun, le lundi pour Elegua …) et de l’intention rituelle.


Ce qui m’a particulièrement interpellé – et m’a donné envie de partager tout ça – est l’usage d’eaux de différentes provenances. Que ce soit dans le rituel des eaux du monde de Starhawk ou dans certaines expériences rituelles vécues en groupe ou de manière plus solitaire, c’est une pratique que je trouve particulièrement puissante, qui nourrit autant le rituel que les esprits appelés ou les participants. Autant dire que j’ai été agréablement surprise de découvrir cet usage plus traditionnel d’un mélange d’eaux, qui inspirera sans doute mes tambouilles à venir – et peut-être les vôtres 😉

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1 réflexion sur « L’Omiero »

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