Prière à Sainte Odile pour la divination

Sainte Odile est la patronne de l’Alsace. Née aveugle, elle recouvre la vue par le baptême, et est fêtée le 14 décembre. Je vous épargnerai ici toute son hagiographie, même s’il est important de la connaître pour comprendre un minimum ce qui suit (donc : lectuuuure !!).

Le mieux à mon sens pour découvrir Odile, une fois qu’on connaît sa légende, est de se rendre sur le mont qui porte son nom et où elle fonda son principal couvent. Mont aux mille visages, lieu de ferveur populaire, repaire incontournable de randonneurs, mais aussi terre de recueillement et d’expérimentation pour les sorciers, druides, new-ageux, mystiques et païens de tous poils. Son « mur païen », ses roches imposantes, avec ou sans cupules, ses énergies si particulières, et puis sa source – sa source ! – en font vraiment un lieu magique.

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Le mont Sainte-Odile à l’aube, photo personnelle

Je disais : sa source. Je ne sais pas si je croiserai ailleurs eau aussi pure dans toute ma vie (moi chauvine? Que nenni). En avaler quelques gorgées nettoie, éclaircit l’âme et les idées, allège, revigore. S’en oindre le front, les yeux, la zone du cœur libère de tout mal, de toute peine. Et chasse ce qui peut biaiser le regard, tous les parasites susceptibles de nous empêcher de voir les choses Telles qu’Elles Sont. Voilà du moins ce que je ressens, lorsque je me rends à cette source, ou lorsque je fais usage de l’eau chez moi, ramenée dans quelque flacon. Nous sommes sans aucun doute très nombreux à l’utiliser à des fins spirituelles, quel que soit notre cheminement personnel : bains, eau bénite, support de divination, en guise de base pour potions ou lotions … On fait bien souvent la queue pour remplir des bouteilles avec le  précieux liquide, et j’avoue prendre un malin plaisir à me demander ce que les gens vont en faire, surtout lorsqu’ils laissent derrière eux une bougie ou une piécette en guise d’offrande…

Afin d’affiner ma perception du lieu et de ses énergies, je me demande souvent quelle(s) divinité(s) préchrétienne(s) a (ont) pu y être vénéré(e)(s). Mes hypothèses sont multiples, mais à vrai dire, je n’y accorde qu’à moitié de l’importance, car toutes sont certainement « vraies » à leur manière, tout en ne représentant chacune, probablement, qu’un reflet infime de Ce qui Est. Et puis … autant faire avec ce qu’on a, lorsque les traces historiques ne sont plus là. Je tâche donc de me connecter à la Source, à l’Esprit du Lieu, et parfois ce sera un nom qui viendra, tantôt un autre, et bien souvent, de plus en plus souvent même, aucun.

Pour la Toussaint, j’ai pourtant eu un curieux clin d’œil de la part de Sainte Odile. Oui, la Sainte, catholique, toussa. Certainement piratée par Je ne Sais Quoi, mais quand même. On m’a donc soufflé, pendant la messe pour les morts de l’année (ma mémé enterrée il y a quelques mois ayant été catholique de son vivant, il fallait bien lui faire plaisir) de la prier avant de pratiquer une séance de divination.

« Eh, mais ouais ! », fut ma réaction ô combien constructive. Avant un moment de doute. D’avoir mis le nez dans le Hoodoo m’a pas mal décomplexé dans l’usage d’éléments chrétiens, c’est vrai. Mais un appel du pied d’une Sainte « en tant que telle » – au moins dans la forme – c’est une première. J’avoue, j’étais pas wassuwée.

Mais ce qui m’a totalement scié, après une pauvre recherche Google, c’est de constater qu’il n’y avait là-dedans rien de neuf. Coquins de catholiques (?) plus qu’un brin crooked, qui prient la sainte pour obtenir le don de clairvoyance. La preuve en texte.

J’ai repris cette prière en la pimpant, afin qu’elle résonne d’avantage avec ma spiritualité. Et voici donc ma prière d’intercession à Sainte-Odile pour favoriser une bonne divination :

O Sainte Odile, aveugle tu es née,
Mais par l’eau qui t’a initiée,
voyante de Dieu Elle-Même
Tu es demeurée.

Ouvre par l’eau pure les yeux de mon âme [se oindre le front, les yeux, le cœur]
Afin que je voie les choses cachées
Scellées aux esprits tourmentés.
Permet que s’ouvrent à moi les arcanes des Destinées.

Qu’il en soit ainsi.

Mes premières expériences divinatoires après avoir fait usage de cette prière ont été enrichissantes, je dirais même éclairantes par rapport à mes pratiques habituelles – la figure de Sainte Odile trouvant un écho auprès d’autres figures sacrées plus « païennes », et m’offrant un regard neuf sur ces dernières. J’ai vraiment tendance à voir les saints comme des « poupées russes », cachant en eux des trésors venus de temps anciens, et dont les voix murmurent encore sous le vernis chrétien. Je ne pense toutefois pas faire appel à Sainte Odile systématiquement avant une séance de divination ; j’écouterai, comme toujours, ce que me chante mon intuition.

Orion Foxwood – Celle qui donne vie aux étoiles par son souffle

Prière extraite de « The Tree of Enchantment »
Traduction et adaptation personnelles

 

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The Queen of Elphame, par Patrick John Larabee

Oh Grande Mère, tu es la matriarche de la matière et l’impératrice de l’éternité.
Je Te prie, pose ton regard sur moi, sur le visage de ton enfant aimant, si petit… En quête… Si vrai.

Oh Grande Mère, tu prononces les mots de la création et fais naître ainsi les univers de  tes incubations. Je prie pour que tu m’ouvres tes bras aimants, à moi ton chercheur d’étoiles.

Je suis las de grimper à l’arbre sacré dans ma quête pour te trouver.
Puissent ma faim être apaisée par les fruits de la sagesse, et ma soif être guérie par l’élixir de lumière.

Je prie, que tu me dévoiles le langage de l’esprit que seuls les prophètes connaissent.
Révèle les sons guérisseurs que seuls les bardes pratiquent.
Exhale les mots de pouvoir que ceux qui ont été oints sont seuls à savoir.

Je me tiens sur la pierre sacrée, lavé dans le sang et dans les étoiles ; Et,

Je sens ta présence au-dessus de moi, en-dessous de moi, devant moi, derrière moi, à ma gauche et à ma droite ; alors que je me tiens assis au centre de ton Carrefour, prononçant le nom que tu m’as soufflé, lorsque tu illuminas les étoiles du ciel et donna vie à leur course sacrée.

Par l’arbre nonuple et la vie triple,
Par le trône souverain et la roche de destinée,
Je t’honore, ma Reine. Tout ce qui est moi est Toi.
Tout ce qui est moi n’est rien d’autre qu’un rêve, dans le rêve, dans un rêve.
Et toi, tu es Celle Qui Rêve.

Prières pour Oshun

O ma mère Oshun, reine des rivières et des cours d’eau.
O ma mère Oshun, entends nos prières.
Près de la chute d’eau se trouve une petite grotte,
Près de la chute d’eau se trouve un petit banc doré.
Près de la chute d’eau, ma mère Oshun vient souvent se reposer.

Source, traduction personnelle 

Oshun est essentiellement connue comme l’Orisha de l’amour, de la sensualité et de la fertilité, associé aux rivières et aux cours d’eau. C’est d’ailleurs ce dernier trait qui m’a d’abord conduit vers elle il y a quelques mois, avec l’idée d’explorer de nouvelles pratiques en lien avec l’eau. Au fil du temps, je l’ai découverte bien plus complexe que ce que j’imaginais de prime abord. Pourvoyeuse d’espoir, de joie, d’abondance, mais aussi féroce guerrière, magicienne, consolatrice et conseillère. Sous sa légèreté faite de danses et de chants, de sourires enjôleurs et de caresses, d’eau limpide et chantante, je sens une incroyable profondeur, dans laquelle l’eau nettoie et fertilise autant qu’elle peut noyer. Ses « chemins » (concept assez proche de celui d’avatar) témoignent de sa complexité, puisqu’elle est tour à tour Moro la sensuelle, Aña la magicienne détentrice du tambour, ou encore Awé, celle qui veille sur les défunts aux côtés d’Oya.

Même si je lui ai consacré un autel depuis quelques temps, je ne la sens jamais aussi proche de moi que lorsque je passe quelques instants au bord de l’eau. Ce que j’aime, c’est que tout en étant une « divinité » venue « de loin », je la sens palpable, complètement dans « l’ici et maintenant », dans un contact vraiment similaire à celui que j’ai avec les esprits des lieux ou des plantes ; c’est une relation ancrée dans la chair et qui se vit complètement dans le corps – ou pour être plus précise, dans le »fetch », pour reprendre une terminologie Feri.

A place in the sun, par Sarah Golis

Et donc, nous disions… ? Ah oui, des prières. Maria-Alba Valdès, dans « Magie des Caraïbes et Santeria », en partage une  que voici :

Mère, Maîtresse du Fleuve, du monde où tout fils de saint va se baigner pour recevoir la bénédiction de l’eau douce, pour obtenir bonheur et réussite, femme qui danse avec sa jupe et ses cinq étoles, jolie reine pleine de rires et de joie, mais dont les hommes doivent se méfier, car elle est bien mystérieuse quand elle est en colère, femme dangereuse, messagère d’Olofi. Merci.

Et puis une autre, trouvée sur internet et adaptée depuis l’anglais par mes soins :

Louange à l’Orisha du mystère
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Louange à l’Orisha des rivières
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Louange à l’Orisha de la séduction
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Mère du miroir,
Mère de la danse,
Mère de l’abondance,
Nous chantons ta louange.
Ashé-O.

On peut également appeler Oshun avec la salutation qui lui est consacrée : Ore yeye o ! (qu’on peut traduire approximativement par : salutations, Mère d’abondance !). Oshun aime les danses et les chants, aussi j’aime beaucoup fredonner cette petite formule sur un air improvisé pendant que je procède à mes offrandes.

Seastruck – Adorations pour Ariane

Texte original par Seastruck
Traduction et adaptation personnelles.

Je t’adore, fille de Pasiphaé et Minos,
Je T’adore, Toi la Plus Sacrée, la plus Parfaitement Pure,
Je T’adore, Princesse des Sacrifices,
Toi qui choisit les meilleurs afin de satisfaire la faim de ton frère.
Je T’adore, Reine Démente, Dansante,
Rouge du sang de Tes blessures
Rouge du sang de Tes aimés et des bêtes massacrés
Rouge de vie palpitante,
Au coeur brisé, écartelé, et jamais refermé.
Je T’adore, Toi qui jouis de l’existence,
Aux yeux humides, échevelée, première des Ménades,
Maîtresse des Mystères,
Tendant Ton fil rouge aux initiés.
Je T’adore, Toi dont le corps est le Labyrinthe,
Dont le cœur est de ciel et d’acier,
Dont l’esprit délaissa la raison pour le sens.
Je T’adore, Toi l’avide de vie, de musique, de sexe,
Infatigable vague d’extase,
Main ferme et apaisante, qui mutile et tue, même sans lame.
Je T’adore, jeune fille tourmentée, au désir jadis désespéré de liberté,
Au regard rêveur même face à la Mort.
Je t’adore, Toi la Chaleureuse et la Généreuse,
Tendre secret qui vit dans le cœur de Dionysos,
Aussi sûrement que sa sauvagerie assassine et révolutionnaire réside dans Ta poitrine.
Je T’adore, Ariane,
Fiancée Éternelle du Dieu Qui Vient,
A jamais intacte,
A jamais brisée.
Je T’adore, Reine Sacrée,
Douce rebelle,
Prêtresse dévouée et épouse,
Sous tous Tes noms,
Dans tous Tes Mystères,
Je T’adore.

Salomé, par Jean-Jacques Henner

Donna Tartt – Le Maître des Illusions

Extraits des pages 59 à 62 (Editions Pocket, 1994).

[…] La beauté, c’est la terreur. Ce que nous appelons beau nous fait frémir. Et que pouvait-il y avoir de plus terrifiant et de plus beau, pour des âmes comme celles des Grecs ou les nôtres, que de perdre tout contrôle ? Rejeter un instant les chaînes de l’existence, briser l’accident de notre être mortel ? Euripide parle des Ménades : la tête en arrière, la gorge vers les étoiles, « plutôt des biches que des humains ». Être absolument libre ! On est parfaitement capable, bien sûr, d’assouvir ces passions destructrices de façon plus vulgaire et moins efficace. Mais quelle gloire de les déchaîner d’un coup ! De chanter, de crier, de danser pieds nus dans les bois au cœur de la nuit, sans plus avoir conscience de sa mortalité qu’un animal ! Ce sont là des mystères puissants. Le mugissement des taureaux. Les sources de miel qui bouillonnent dans le sol. Si nos âmes sont assez fortes, nous pouvons déchirer le voile et regarder en face cette beauté nue et terrible ; que Dieu nous consume, nous dévore, détache nos os de notre corps. Et nous recrache, nés à nouveau. »

Nous étions tous figés, penchés vers lui. J’avais la bouche ouverte, et je sentais chacune de mes respirations.

« Cela, pour moi, c’est la terrible séduction du rituel dionysiaque. Difficile à imaginer, pour nous. La flamme de l’être pur. »

Octavio Paz – Olin

Tiré du recueil « Liberté sur parole », paru chez Poésie/Gallimard, édition de 1971, p.177.

Hécate, par Genevieve Amelia

[…] vie et mort
pactisent en toi, dame de la nuit,
tour de clarté, reine de l’aube,
vierge lunaire, mère de l’eau-mère,
corps du monde, maison de la mort,
je tombe sans fin depuis ma naissance,
je tombe en moi-même sans toucher mon fond,
recueille-moi dans tes yeux, rassemble la poussière
dispersée et réconcilie mes cendres,
rattache mes os séparés, souffle
sur mon être, enterre-moi dans ta terre,
que ton silence donne la paix à la pensée
contre elle-même dressée […]

Philentheos – Bromios

Transmis à travers sa Ménade.
Traduction et adaptation personnelles.

Je suis Celui qui atteint les contrées lointaines,
Je suis Celui qui agite la Terre,
Je suis Celui qui hurle au plus fort.
Je suis Dionysos Bromios,
Et Mon cri résonne pour éveiller ton cœur.

Je suis le Taureau Blanc de l’Harmonie, le Taureau Blanc des Anthestéries.
Nymphes, satyres et ménades avancent dans Mon sillage.
Mon flanc est fort, et Mon sabot délicat.
Là où Mon pied atterrit, les fleurs s’épanouissent,
Cueillies par Mes dévoués suivants,
Tressées en guirlandes.
Des guirlandes de fleurs pendent de Mes cornes pointues et de Mon large cou.
Je suis le Taureau du Printemps,
De Mes naseaux s’échappe le souffle du Renouveau
Mon mugissement entraîne les âmes des morts
Et pendant de brefs instants,
Les fait danser et saluer bruyamment le retour de la Vie.
Je suis le Taureau Blanc de la Vie
Force et vigueur s’élèvent au bout de Mes cornes.
Je suis le porteur du Nectar Sacré.
Je suis la joie et l’extase de la Ruche.
Je suis la grande fontaine de Vie, et je t’invite à boire de Mon eau.
Je suis tout cela, mais je suis plus encore.

Je suis le Taureau Noir, graine génératrice.
Je suis la plénitude du Phallus, je laboure la terre par Ma danse,
Et la féconde de Ma graine.
Je suis Celui aux Multiples Formes,
Avec Moi, danse frénétiquement, deviens le Taureau Noir.
Je secoue la terre, je remue les montagnes.
Je suis le murmure, le soulèvement, l’excitation,
Le berger sauvage, qui déchire et sépare.
La marque de Mes cornes
annonce la danse de la Mort ;
Et à travers Moi,
La graine nouvelle est générée,
Avant que la Mort ne triomphe.
Je suis la Vie éternelle, la frénésie et la folie.
Je suis l’Amant destructeur qui supprime toute inhibition.
Mes cris proviennent du plus profond de Mon cœur,
Tels une explosion vers la plus totale liberté.
Je suis l’éveil de la vigne, le maître de la sève,
La force de Vie, la Libération ultime.
Je suis l’Existence.
Je suis tout cela, mais je suis plus encore.

Je suis le Taureau Rouge du Sacrifice, le sang nourricier de l’Asphalte.
Ma graine, déposée dans la Terre, se nourrit du Sacrifice.
Je suis la chaleur de la flamme, l’intense fournaise ;
Au sommet de chacune de Mes cornes
brûle la flamme bleutée de Ma Divinité.
Je suis l’envie de sang,
Mes fers foulent la Terre, et le sol devient rouge.
Je suis le pourfendeur d’âmes, le destructeur des cœurs.
Je suis le Taureau Rouge qui offre l’ultime Libération,
La liberté parfaite, car je suis Celui qui prend tout.
Mon cri retentissant terrorise tous ceux qui ne savent pas
Que Mes hurlements sont voués à faire vibrer l’âme.
Je suis le Taureau Rouge au Sang Rougeoyant,
Connais-moi en ton cœur.
A travers la peur, connais l’excitation.
A travers l’excitation, connais la passion.
A travers la passion, connais l’extase.
A travers l’extase, connais l’union.
A travers l’union, connais l’Existence.
A travers l’Existence, connais le Tout.
A travers le Tout – le Néant.
Je suis le Taureau Rouge au Sang Rougeoyant,
Connais-moi.
Je suis tout cela, mais je suis plus encore.

Je suis celui qui atteint les contrées lointaines,
Je suis celui qui agite la Terre,
Je suis celui qui hurle au plus fort.
Je suis Dionysos Bromios,
Et mon cri résonne pour éveiller ton cœur.