La Magie des Rivières : charger des objets

Extrait de « the candle at the crossroads », de Orion Foxwood
Traduction et adaptation personnelles

Oshun, par Manuel Mendive

Une autre forme de travail en collaboration avec la rivière qu’on m’a appris est le baptême ou chargement [ndlt : l’auteur parle de « in-spirit », qui pourrait se traduire par « insuffler l’esprit »] de sacs, statues, médaillons, et autres objets magiques, à l’aide de l’eau vive du courant. Une fois de plus, on perçoit le lien entre rivières, cours d’eau, criques, courants, et magie ou mouvement du pouvoir de l’esprit.

Si l’objet est béni dans l’intention d’éloigner quelque chose comme une malédiction, mettez-vous dos au courant, afin de voir l’eau s’éloigner de vous, et demandez à Dieu de remplir le courant avec Son pouvoir et de donner à la Dame le pouvoir de protéger et d’éloigner le mal. Demandez à la Dame de recevoir ce pouvoir et d’en charger l’objet. Une fois que vous sentez le pouvoir bien présent, trempez votre main dans l’eau qui s’éloigne de vous et aspergez l’objet par trois fois. On m’a appris à dire « au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit », mais vous pouvez sceller cette pratique comme bon vous semble.

Si l’objet est béni dans l’intention d’apporter quelque chose à son détenteur, procédez de la même façon, mais en faisant simplement face au courant.

Lorsque votre travail est  terminé, priez toujours afin que Dieu, le Créateur, ou l’Esprit bénisse ce cours d’eau et sa Dame.

La Magie des Rivières : un charme de libération et d’attraction

Extrait de « the candle at the crossroads », de Orion Foxwood
Traduction et adaptation personnelles

On m’a appris que les rivières et les cours d’eau en général étaient de puissants lieux de passage vers le monde des esprits. Ils sont constitués de ce que nous nommons de « l’eau vivante », et utilisés pour les baptêmes (pas uniquement chrétiens), la conjuration de nouveaux chemins, et le chargement d’objets comme des spirit bags [ndlt : qu’on pourrait traduire par sacs-esprits ?]. […]

Depuis mon enfance, on m’a raconté qu’il existe un puissant esprit de la rivière, que nous appelons simplement la Dame de la Rivière. Elle peut donner ou prendre la vie, selon si on fait face ou non à son courant, qui charrie de grandes forces avec lesquelles nous pouvons travailler.

Avant de commencer à travailler avec un cours d’eau en particulier, je recommande de faire la chose suivante : trouvez une petite crique ou un endroit où vous pourrez aisément et sans danger traverser la rivière ; présentez vous à la Dame, et offrez-lui du miel (en le versant dans l’eau) pour adoucir ses eaux. Puis, utilisez un outil [ndlt : pendule, tarot, ou votre intuition !] qui vous permettra de savoir si Elle désire travailler avec vous. Une fois que vous avez obtenu une réponse positive, ou que vous avez trouvé un autre cours d’eau avec lequel coopérer, vous pouvez faire le travail suivant :

  • Décidez ce que vous désirez recevoir dans votre vie, ou ce que vous voulez travailler
  • Identifiez les forces ou situations qui empêchent votre progression et qui doivent être débloquées. Ne vous focalisez pas sur des personnes, mais plutôt, s’il s’agit de relations à défaire, concentrez-vous sur la sensation d’enchevêtrement que vous souhaitez voir disparaître.
  • Demandez à la Dame de la Rivière de défaire ce blocage dans votre vie
  • Entrez dans l’eau, avec vos bras croisés sur votre poitrine, en tournant le dos au courant. Puis, lorsque vous parvenez au centre du courant, ouvrez vos bras et laisser l’eau emporter avec elle toute influence négative. Si cette influence vous a fait souffrir, ou si elle a eu une quelconque importance pour vous, il est probable que vous vous mettiez à pleurer. Si cela arrive, offrez vos larmes à la Dame, cela accroîtra le pouvoir de votre travail.
  • Lorsque vous vous sentez libéré, traversez la rivière jusqu’à la rive opposée, les bras le long du corps, tout en remerciant la Dame.
  • Une fois sur l’autre rive, méditez sur ce que vous souhaitez recevoir à la place de ce dont vous venez de vous libérer.
  • Puis, retournez dans l’eau, cette fois-ci en faisant face au courant ; au centre, ouvrez grand vos bras afin d’accueillir du nouveau dans votre vie, et demandez-le à la Dame.
  • Une fois que vous vous sentirez touché par sa bénédiction, refermez vos bras comme pour mieux l’accueillir.
  • Retournez sur la rive où votre pratique a débuté. Ressentez de la gratitude envers la Dame, et recherchez une pierre que vous pourrez emporter avec vous et qui vous rappellera Son pouvoir.
  • Versez un peu de lait dans le courant afin d’accroître le pouvoir fertile et nourricier de la Dame. Puis repartez, et laissez le pouvoir agir.

Down by the riverside

J’ai toujours vécu à proximité d’une rivière.

 Enfant, celle qui passait derrière mon village marquait pour moi la frontière entre la civilisation et le monde sauvage. Dès que le temps le permettait, j’y errais pieds nus à ramasser des cailloux et à attraper des têtards ; sur ses berges, j’ai appris à reconnaître quelques arbres et plantes qui sont toujours parmi mes favoris. Croyez-moi, c’était le plus bel endroit sur terre.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la Wicca, à la sorcellerie et aux néo-paganismes (dans un joyeux gloubi-boulga, oui oui ^^), comme c’est le cas pour beaucoup d’entre nous je pense, la méditation a été la première pratique vers laquelle je me suis tournée. Le hasard a fait que je déménage dans un faubourg de ma ville que je connaissais à peine, et à moins de 500 mètres de chez moi, alors que je vivais à côté d’un supermarché et au milieu d’immeubles plus gris les uns que les autres, coulait une autre rivière, miraculeusement coupée du tumulte urbain, au milieu de roseaux, d’aulnes et de saules (avec aussi quelques boulets qui venaient promener leur chien ou boire des bières, mais chhttttt, c’est déjà oublié) . Elles est devenue – ainsi que tout son environnement – une formidable alliée pour méditer pendant plusieurs années. Le bruit de l’eau, sa fraîcheur, ses reflets, sont autant d’éléments qui nettoient l’esprit et permettent de l’apaiser, le préparent et l’accompagnent dans un travail spirituel … Je ne vous apprends rien 🙂

J’ai encore déménagé il y a un an [article publié le 22 février 2015], dans un village ; et là encore, la rivière est à deux pas. On se connaît déjà, c’est la même que la précédente, juste plus rurale (ya moins de boulets et encore plus de vert, hourra !). Ma pratique à ses côtés s’est encore développée au fil du temps, j’avais envie de partager ici à ce sujet. Je l’aime d’amour, je vous jure.

Tisser des liens

Rien de fou pour cela, soyez simplement sincère et patient. Pensez aux offrandes bien sûr ; mais surtout, passez du temps auprès d’elle. Apprenez à la connaître. Parlez-lui. Écoutez-la. Soyez attentif aux arbres et aux plantes qui la bordent, aux oiseaux et animaux qui les fréquentent. Chantez. Peut-être vous soufflera-t-elle son nom … Pensez à lui glisser le vôtre 🙂

Nema, dans son ouvrage « Maat Magick » dont j’ai déjà traduit un extrait ici, propose un petit rituel qui s’adresse au Gange, et qui m’a inspiré quand j’ai commencé à travailler plus consciemment avec la rivière proche de chez moi :

« Oraison au Gange. J’utilise celle-ci dans toutes les circonstances où je suis au contact de l’eau, lorsque je bois, lorsque je me lave les mains, lorsque je lave ma vaisselle, mes vêtements, le sol… Quand je traverse un pont au-dessus d’une rivière ou d’un cours d’eau, quand je prends un bain ou une douche, quand je nage, etc.

« Salut à toi, ô Mère Gange, qui coule pour l’éternité autour du monde et retourne toujours à ta source. Purifie-nous alors que je te prie, dans le perpétuel rituel qu’est la vie. Hare hare Ganga. »  » [traduction personnelle]

Je ne me suis personnellement pas adressée au Gange mais directement au cours d’eau qui coulait près de chez moi ; comme bien souvent je ne me suis pas gênée pour adapter la forme ; quoiqu’il en soit, le fond est resté le même, et le travail constant et conscient avec l’élément aquatique, en lien avec « ma » rivière, a vraiment renforcé notre relation.

Pratiquer

 Des choses simples, très simples… Mais j’ai mis du temps à les concevoir/percevoir, alors peut-être ces quelques idées pourront-elles vous inspirer !

* Méditation : Une de mes enseignantes de yoga compare toujours le flot de pensées à des nuages, qu’il faut apprendre à laisser passer dans son ciel intérieur sans les retenir, sans se focaliser dessus… Au bord de l’eau, je demande à la rivière de les emporter dans son cours. Le chant de l’eau facilite grandement le lâcher prise… Même si vous bloquez, le courant finit par être plus fort. Essayez, c’est magique 🙂

* Introspection : l’Esprit de ma rivière me montre un visage changeant ; il est parfois léger, parfois sombre, d’autre fois totalement insaisissable à première vue. J’ai mis du temps à comprendre qu’en réalité, la rivière agit pour moi comme un miroir ; ce que j’en perçois, le visage qu’elle choisit de revêtir, les visions qu’elle m’offre… me renvoient un reflet de moi-même, de mon état intérieur… Et son courant me dépouille de tout artifice superflu, me rendant plus « lisible » à mes propres yeux. Plongez votre regard dans l’eau et voyez ce qu’elle a à vous révéler. Chez vous, vous pourrez également utiliser un miroir que vous aurez lavé avec l’eau de la rivière.

* Purification : Asseyez-vous au bord de l’eau, déposez vos outils, pierres, bijoux dans le courant ; lavez vos mains, vos pieds… Comme vous le sentez, selon votre intention (après une longue marche ou avant un rituel elle ne sera pas forcément la même). Difficile de trouver plus simple comme mode d’emploi, non ? 🙂 Gardez simplement à l’esprit, constamment, le mouvement de l’eau, qui emporte loin (loin, loin…) ce dont vous souhaitez être purifié. Ce type de purification me semble parfaitement indiqué avant un rite dans lequel on fera appel à des entités locales.

* Transformation : Observez l’eau de la rivière ; voyez comme elle s’adapte aux remous, franchit les obstacles, avec fluidité et dans un renouvellement constant. Elle poursuit sa route en dépit de tout, et adapte son flot à son environnement. La simple contemplation de ces phénomènes pourra vous inspirer dans votre propre avancée. Imprégnez-vous du mouvement perpétuel de l’eau ; utilisez-la en onction sur votre corps et demandez-lui de vous insuffler son pouvoir de transformation et d’adaptation, pour vous permettre de poursuivre votre cours ; baignez-y  vos talismans pour les charger de ces énergies mouvantes. Vous pouvez également rapporter une fiole chez vous pour vos travaux, mais attention : non seulement l’eau croupit facilement, mais surtout, enfermée de manière statique dans un bocal, elle perd de son tempérament … A utiliser rapidement donc 🙂

* Bannissement : J’ai expérimenté à deux reprises un petit rite de bannissement qui s’est montré assez efficace (bien qu’aux conséquences un peu weird la seconde fois !) ; préparez une poudre de bannissement (pour ma part, j’ai utilisé un mélange de sel, d’ortie, d’épines de prunellier réduites en petits morceaux, de molène et d’achillée, mais les combinaisons peuvent être variées, fouillez sur le net pour trouver des idées) ; rendez vous au bord de la rivière, expliquez-lui ce dont vous souhaitez vous débarrasser et pourquoi, demandez-lui de vous aider. Pensez à présenter une offrande. Si votre demande est acceptée, procédez comme suit : tournez le dos à l’eau ; en tenant la poudre dans votre main, concentrez-vous sur ce que vous souhaitez bannir, nommez cette chose (travailler sur un sigil vocal et/ou visuel pourra être un bon préalable) et jetez en même temps la poudre dans l’eau, par-dessus votre épaule. Laissez s’éloigner ce qui doit partir. Remerciez la rivière et partez sans vous retourner.

Je suis sûre que pour la réalisation d’un vœu, d’un but à atteindre, la rivière pourra aussi se montrer une alliée précieuse. Je n’ai pas encore eu l’occasion de composer quelque chose dans ce goût-là mais j’éditerai l’article si le moment se présente 😉

* Libation : Daniel Schulke, dans son « Viridarium Umbris », suggère d’utiliser l’eau des rivières (ou de n’importe quel cours d’eau) en guise de libation, offerte au sol, avant toute pratique sorcière. Le fait qu’elle soit une eau mouvante ferait d’elle une libation toute indiquée – et plus le courant sera fort, mieux ce sera. Je ne l’ai pas encore fait, mais puisque je viens tout juste de le lire il y a quelques jours, je partage l’idée 🙂 Elle me semble bien à propos dans un travail avec des esprits locaux.

* Préparation : ajoutez l’eau de votre cours d’eau à une préparation qui sera ajoutée à vos bains, utilisée au cours de vos rituels … C’est ce que font les pratiquants du Lucumí dans l’omiero .

Prières pour Oshun

O ma mère Oshun, reine des rivières et des cours d’eau.
O ma mère Oshun, entends nos prières.
Près de la chute d’eau se trouve une petite grotte,
Près de la chute d’eau se trouve un petit banc doré.
Près de la chute d’eau, ma mère Oshun vient souvent se reposer.

Source, traduction personnelle 

Oshun est essentiellement connue comme l’Orisha de l’amour, de la sensualité et de la fertilité, associé aux rivières et aux cours d’eau. C’est d’ailleurs ce dernier trait qui m’a d’abord conduit vers elle il y a quelques mois, avec l’idée d’explorer de nouvelles pratiques en lien avec l’eau. Au fil du temps, je l’ai découverte bien plus complexe que ce que j’imaginais de prime abord. Pourvoyeuse d’espoir, de joie, d’abondance, mais aussi féroce guerrière, magicienne, consolatrice et conseillère. Sous sa légèreté faite de danses et de chants, de sourires enjôleurs et de caresses, d’eau limpide et chantante, je sens une incroyable profondeur, dans laquelle l’eau nettoie et fertilise autant qu’elle peut noyer. Ses « chemins » (concept assez proche de celui d’avatar) témoignent de sa complexité, puisqu’elle est tour à tour Moro la sensuelle, Aña la magicienne détentrice du tambour, ou encore Awé, celle qui veille sur les défunts aux côtés d’Oya.

Même si je lui ai consacré un autel depuis quelques temps, je ne la sens jamais aussi proche de moi que lorsque je passe quelques instants au bord de l’eau. Ce que j’aime, c’est que tout en étant une « divinité » venue « de loin », je la sens palpable, complètement dans « l’ici et maintenant », dans un contact vraiment similaire à celui que j’ai avec les esprits des lieux ou des plantes ; c’est une relation ancrée dans la chair et qui se vit complètement dans le corps – ou pour être plus précise, dans le »fetch », pour reprendre une terminologie Feri.

A place in the sun, par Sarah Golis

Et donc, nous disions… ? Ah oui, des prières. Maria-Alba Valdès, dans « Magie des Caraïbes et Santeria », en partage une  que voici :

Mère, Maîtresse du Fleuve, du monde où tout fils de saint va se baigner pour recevoir la bénédiction de l’eau douce, pour obtenir bonheur et réussite, femme qui danse avec sa jupe et ses cinq étoles, jolie reine pleine de rires et de joie, mais dont les hommes doivent se méfier, car elle est bien mystérieuse quand elle est en colère, femme dangereuse, messagère d’Olofi. Merci.

Et puis une autre, trouvée sur internet et adaptée depuis l’anglais par mes soins :

Louange à l’Orisha du mystère
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Louange à l’Orisha des rivières
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Louange à l’Orisha de la séduction
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Mère du miroir,
Mère de la danse,
Mère de l’abondance,
Nous chantons ta louange.
Ashé-O.

On peut également appeler Oshun avec la salutation qui lui est consacrée : Ore yeye o ! (qu’on peut traduire approximativement par : salutations, Mère d’abondance !). Oshun aime les danses et les chants, aussi j’aime beaucoup fredonner cette petite formule sur un air improvisé pendant que je procède à mes offrandes.

Orion Foxwood – La Flamme Triple et les Colombes du Coeur

Extrait de « The Tree of Enchantment », d’Orion Foxwood
Traduction et adaptation personnelles.

1. Soyez conscient du ciel au-dessus de vous, de la terre sous vos pieds, et du soleil qui brille au centre de votre être, au niveau de votre cœur. Cette prise de conscience vous permet de vous aligner au Bilé mystique, l’Arbre de l’Enchantement [sorte d’Axis Mundi, ou Yggdrasil, ndt].

2. Soyez attentif aux quatre directions autour de vous : celle face à vous, celle derrière vous, celle à votre gauche, celle à votre droite ; Ceci vous place au carrefour de toute magie.

3. Prenez conscience de l’air qui entre et qui sort de vos poumons,  mimant les pouvoirs créateurs et destructeurs du Néant. Votre souffle vous connecte à toute chose au travers des vents de la création et du Verbe.

4. Soyez conscient du fait que vous vous tenez maintenant au centre de la Création.

5. Abaissez votre main gauche vers le sol, et élevez votre main droite vers les cieux. Ne forcez pas, sentez vous à l’aise dans la posture.

6. Visualisez votre main gauche s’enfoncer dans le sol et voyager à travers la terre, les racines des arbres, les roches, les sources souterraines, jusqu’à atteindre le coeur de la Terre. Visualisez vos doigts atteindre un océan de flammes bleues. Prenez en une poignée.

7. Tout en préservant cette vision, visualisez votre main droite s’élever à travers les cieux, au-delà des nuages et des étoiles, jusqu’à atteindre un océan de flammes blanches et chaudes. Votre main en attrape une petite partie.

8. Doucement mais sûrement, élevez votre main gauche au-dessus de votre tête, en faisant circuler la flamme bleue recueillie à travers tout votre corps. Au-dessus de votre tête, elle prend la forme d’un triangle bleu inversé. Fixez-la à cet endroit.

9. Doucement mais sûrement, faites descendre votre main droite, en faisant circuler la flamme blanche dans tout votre corps, jusqu’à ce qu’elle atteigne le sol sous vos pieds, où elle forme un triangle blanc. Fixez-la à cet endroit.

10. Vous vous tenez à présent avec les mains à l’inverse de leurs positions initiales, votre main gauche élevée au niveau du triangle d’Obscurité, votre main droite abaissée au niveau du triangle de Lumière. Vous êtes couronné par la flamme bleue du Monde d’En-Dessous, et porté par la flamme blanche du Monde d’Au-Dessus.

11. Visualisez alors la flamme orangée qui brûle au niveau de votre cœur. Vous êtes entre les trois flammes, entre les Trois Mondes [Monde d’Au-Dessus, Monde d’En-Dessous, Monde du Milieu, ndt].

12. Abaissez votre main gauche, pour faire descendre le triangle bleu inversé au niveau de votre cœur. Simultanément, remontez votre main droite et le triangle blanc, jusqu’au niveau de votre cœur.  Vous formez ainsi une étoile à six branches avec les deux triangles, avec en son centre la flamme orangée de votre cœur.

13. Croisez vos bras sur votre poitrine, et sentez les pouvoirs équilibrants de l’hexagramme se confondre pour ne plus former qu’une boule de lumière bleutée, blanche et orangée. Les bras toujours repliés, sentez comme vous vous alignez parfaitement avec l’Arbre et les Trois Mondes.

14. Ouvrez doucement vos bras, en visualisant et sentant les flammes s’échapper de vous sous forme de colombes. Relâchez-les, et orientez-les vers ce qui dans votre vie, ou dans la vie d’un autre, a besoin d’équilibre et de guérison.

15. Situez-vous à nouveau au cœur des sept directions, comme dans les étapes 1 à 3, et revenez doucement à vous.

Orion Foxwood – Ouvrir la Source de Faery

Exercice tiré de « the Tree of Enchantment », d’Orion Foxwood.
Traduction et adaptation personnelles.


Cet exercice sera plus efficace s’il est pratiqué en extérieur […] Il a vocation à révéler l’Esprit sacré et empli de pouvoir présent partout dans le monde naturel. Il permet aussi de se mettre en contact avec les énergies d’un lieu, et favorise un travail harmonieux avec ces dernières. La technique d’ouverture de la source de Faery utilise l’image traditionnelle de la Source Sacrée.

1. Concentrez vous sur vos sensations. Soyez conscient de votre présence ici et maintenant. Soyez également attentif aux sons et sensations autour de vous, autorisez-les à passer à travers vous sans modifier votre état d’esprit, comme de l’eau à travers une passoire. Fermez les yeux afin d’intérioriser au maximum votre conscience. Ancrez-vous.

2. Soyez attentif à votre respiration, semblable à la respiration de l’univers, tour-à-tour créant et détruisant. Laissez de côté toute préoccupation du monde humain alors que vous entrez dans l’éternelle communion des esprits. Soyez immobile, tranquille, mentalement et physiquement.

3. Prenez conscience du Soleil au-dessus de vous, l’étoile qui danse sur l’infinité de la nuit. Sentez sa présence, qui irradie de pouvoir en direction de la Terre et de tous ses habitants. Soyez aussi conscient du Soleil à l’intérieur de la Terre, celui qui procure la lumière au monde souterrain, le monde de Faery, des forces ancestrales, de l’âme de la planète…

4. Soyez conscient du feu qui brûle à l’intérieur de votre cœur, le centre de votre univers intérieur. La lumière de ce Soleil intérieur éclaire chaque parcelle de votre corps et de votre esprit. Visualisez ces trois Soleils s’aligner dans un rayon de lumière, vous connectant à tout ce qui est au-dessus, en-dessous, et à l’intérieur de vous. Voici le Bilé [arbre-monde, axis-mundi de la tradition Faery d’Orion Foxwood, ndt]. Les effets de l’alignement de ces trois Soleils est proche de ceux de l’exercice de la Flamme Triple. Cela renforce votre bien-être et votre clarté d’esprit.

5. Ouvrez vos yeux. Soyez conscient que, bien que vous pensiez que vous marchez sur la terre, il peut être plus juste de dire que vous flottez dessus ; et un océan de pouvoir et de vitalité se cache sous cette enveloppe.

6. Tendez le bras de votre choix devant vous et, avec votre index, tracez – dans le sens des aiguilles d’une montre – un cercle sur le sol devant vous, en ressentant bien le fait que vous marquez les limites d’une source qui va s’ouvrir dans la terre.

7. Maintenez cette impression, tendez à nouveau votre bras, et tracez cette fois-ci un trait vertical du haut jusqu’au bas du cercle, en déclarant : « Puissent les forces du Dessus… »

8. Tracez une ligne horizontale de la gauche vers la droite du cercle afin de former une croix aux quatre branches égales, tout en disant : « … s’unir avec les forces du Dessous ». Vous avez à présent devant vous une croix avec un cercle tout autour, les quatre branches égales touchant les limites du cercle.

9. A présent se trouve quatre quarts dans le cercle. Considérez-les comme la peau d’un oignon, que vous pouvez éplucher pour en révéler l’intérieur. Glissez votre main dans le premier quart et « ouvrez »-le, comme si vous l’épluchiez, de l’intérieur vers l’extérieur. Faites de même avec les trois autres quarts, en vous concentrant sur l’idée que vous ouvrez une source.

10. Une fois la source pleinement ouverte, sentez le pouvoir qui y réside. C’est le pouvoir de la terre sacrée, qui réside à la racine de toute substance, et la nourrit. « Plongez »-y vos mains, comme pour y puisez de l’eau. Recueillez-y la flamme bleue [visualisée dans l’exercice de la Flamme Triple, ndt]. Versez cette flamme sur votre corps, sentez-la vous purifier, vous relier à la terre. Nettoyez-vous avec cette flamme.

11. Emplissez-vous des sentiments de clarté, de purification, de plénitude, de connexion avec la terre. Asseyez-vous quelques temps et savourez ces sensations.

12. Doucement, refermez la source : « rabattez » chaque quart vers le centre, l’un après l’autre. Continuez à sentir le pouvoir du monde souterrain à l’intérieur de la source.

13. Une fois que vous avez fermé chaque section, tendez votre bras et avec votre index, tracez cette fois-ci la ligne horizontale de la droite vers la gauche ; de même, tracez la ligne verticale du bas vers le haut. Ainsi, vous défaites la croix.

14. Toujours avec votre index, tracez le cercle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre afin de fermer complètement la source. Asseyez-vous, et sentez la source se retrancher complètement dans la terre, où elle réside en permanence.

15. Toujours assis, méditez un temps sur votre sensation de connexion avec la terre.

16. Ancrez-vous à nouveau.

Cet exercice devrait être exécuté avant toute pratique Faery réalisée sur une terre inconnue.

Au début de votre pratique, il devrait être fait deux à trois fois par semaine, pendant un mois, afin de vous connecter à l’énergie de la terre qui accueille votre travail spirituel.

Daniel Schulke – Revêtir les manteaux d’Ombre et de Lumière

Pratique extraite du « Viridarium Umbris » de Daniel Schulke, que j’étudie en ce moment [article initialement publié le 9 février 2015]. J’aurais voulu l’introduire par un « cette pratique sert à ça, et à ça, et à ça » plutôt que de le balancer sans préambule, mais impossible de trouver les mots. Lisez, voyez si ça vous parle, et, le cas échéant… Expérimentez 🙂

Traduction et adaptation personnelles

A la lumière de la Lune, lorsque celle-ci est pleine et à son zénith, assieds-toi sous un arbre aux nombreuses branches, ou au cœur d’un buisson formant un abri au-dessus de ta tête, de sorte que sous la radiance de la flamme lunaire l’ombre des limbes sylvestres soit projetée sur le sol. On peut également procéder pendant les heures du jour, en un lieu où solitude et silence sont préservés. Fixe ton attention sur l’ombre des branches et sur la lumière qui se glisse entre elles et parvient jusqu’au sol ; par la fascination, lie-les dans l’œil de l’Âme. Ferme les portes sensorielles à tout stimuli, si ce n’est à ce buisson fait d’ombre ; laisse son mouvement t’emplir complètement à travers la vue, l’ouïe, la pensée, et toute autre voie de médiation charnelle. Contemple ces motifs multiples, en transformation constante,  qui sont avant tout des reflets dans le Miroir de la nature, creux et sans substance ; mais  qui sont aussi des apparitions solides de la nullité. A travers tous tes moyens de perception, pénètre dans ce buisson d’ombre, jusqu’à ce que toutes les Branches de l’Obscurité soient tissées autour de toi, et que l’aperçu de leur forme terrestre ait diminué. Une fois l’œil de Vision entièrement encerclé par ces branches d’ombre, rassemble leur infinité autour de toi comme un manteau pour couvrir ton corps, et prononce une fois le mot AHADARATH. Puis, afin de  faire réduire à nouveau le buisson, et pour ouvrir à nouveau graduellement les portes des sens corporels, retourne à la pleine conscience. A travers l’ensemble de cette action, la Robe du Buisson d’Ombre est revêtue, et la requête présentée devant l’Ange de la Porte Fermée. Par ces moyens mis en œuvre, on pourra pénétrer le Jardin de l’Oubli, ce lieu de dépouillement du connu, ou y consigner du pouvoir.

Par des voies similaires, détourne à présent tes yeux de l’ombre pour les diriger vers les branches vivantes de l’arbre, celui qui est reconnu comme solide et substantiel. Laisse ta vision embrasser les entrelacs de branches et de brindilles, et enveloppe-toi de la lumière qui les illumine. Entre dans le Buisson de Lumière, par les mêmes moyens que tu es entré dans le Buisson d’Ombre et laisse ton regard se frayer un passage entre Intérieur et Extérieur, de sorte que le Buisson Illuminé soit comme enflammé, le mouvement de ses branches radiant de splendeur. Puis rassemble autour de toi ce manteau de lumière en murmurant le mot AZHAMATHA. A travers cela, le Manteau du Buisson Lumineux est revêtu, et la requête déposée devant l’Ange de la Porte Ouverte. Puisse ainsi le Sage faire bonne mesure devant le Jardin Illuminé, ce Lieu de Révélation, ou devant tout pouvoir qui, par les bonnes grâces des Kerubim, lui sera offert depuis ce lieu.

Nicholas de Mattos Frisvold – La sorcière

Traduction et adaptation personnelles

[…] la sorcière est l’image poétique d’un héritage qui nous revient à tous – je crois que c’est quelque chose de terriblement vrai. Cet héritage, cependant, parle à travers la terre et l’esprit, et c’est le cas aujourd’hui tel que cela le fut dans le passé. Nous devons le chercher dans les sources et parmi les bosquets, dans les grottes et à travers le monde sauvage. C’est là, dans les espaces les plus primaux de la Nature que cet héritage se trouve – pas dans les fédérations, ni dans la condamnation sociale ou l’exaltation, ni encore dans les querelles ou les croyances. L’Art résonne de la voix pure de la nature, et cette dernière parle au sang et pousse à être sage dans sa quête de la paix.

Flower Essence Society – Douze fenêtres pour percevoir l’essence d’une plante

Un article de Richard Katz et Patricia Kaminski pour la Flower Essence Society
Traduction et adaptation personnelles

[…] A travers notre recherche au sein de la Flower Essence Society, nous avons identifié douze fenêtres de perception des qualités d’une plante. Chacune de ces fenêtres dévoile une autre dimension d’information au sujet de la plante, mais la sagesse que nous recherchons est plus grande qu’un simple listing de toutes ces perspectives. Nous devons « re-visionner » et « re-voir » ces différentes perceptions comme un tout vivant afin d’apprécier l’essence d’une plante donnée.

 Les douze fenêtres ne sont pas divisées de manière cloisonnée. Elles opèrent plutôt comme un kaléidoscope, chaque perspective est unique, mais avec des couleurs changeantes et des structures qui sont reliées les unes aux autres et se construisent les unes à partir des autres. Pour telle plante, certaines fenêtres seront plus signifiantes ; tandis que d’autres fenêtres apporteront peu d’information. Néanmoins, c’est uniquement en considérant systématiquement la plante à partir d’un spectre complet de perspectives que nous pouvons espérer gagner une véritable connaissance de ses caractéristiques les plus subtiles.

 

1. Forme et gestuelle

Les qualités des plantes deviennent particulièrement perceptible lorsque nous tentons de les dessiner. Si on tâche de dessiner chaque partie de la plante, cela peut être une expérience frustrante et pénible. Mais en cultivant une attention pleinement consciente, vient le moment où nous « voyons » le geste essentiel de la plante – par exemple, la manière dont le pin s’élève de manière conique, révélant non seulement comme l’arbre s’exprime globalement mais aussi comme chaque groupe d’épines s’organise, et comment se forme les pommes de pin. Quand on capte la « signature » d’une plante, notre dessin devient beaucoup plus fluide et vivant car nous avons pénétré dans l’espace psychique de la plante, et nous communions avec elle.

Il y a d’innombrables formes et gestuelles qu’on peut reconnaître, dans chaque partie de la plante, de la racine à la tige, dans la feuille, dans la fleur ou le fruit. Nous pouvons démarrer par des distinctions rudimentaires qui deviendront de plus en plus riches au fur et à mesure que nous approfondirons nos perceptions. Les trois formes essentielles de fleurs sont particulièrement à considérer, comme le faisaient les alchimistes médiévaux. Ces formes sont la parfaite illustration des capacités de la plante à former un pont entre le soleil et la terre

* Forme en étoile : ces formes irradient vers l’extérieur, avec une symétrie et une géométrie bien définies. Globalement, on dira qu’elles sont « cosmiques » dans leur orientation. Généralement, la forme en étoile dans la fleur élève la conscience, apporte la lumière, l’harmonie et la synthèse. La plupart des formes étoilées parlent aux aspects spirituels et mentaux de la vie de l’âme.

* Forme en coupe : ces formes ont des courbes douces et créent des espaces intérieurs, ou des calices à l’intérieur de la fleur. Tandis que leur geste essentiel est ascendant, c’est comme si elles absorbaient la lumière, créant un contenant pour l’expérience de l’âme. Les formes en coupe guérissent les problèmes les plus basiques de la vie de l’âme, et aident à développer le potentiel de l’âme à se connaître elle-même. Elles évoquent une conscience sensible des qualités intrinsèques de l’âme, comme les sentiments profonds d’amour et de générosité nourricière.

* Forme en cloche : ces formes sont plus contractées et pointent vers la terre. De nombreuses essences de plantes faites à partir de ces fleurs sont adaptés au traitement de questions psychiques plus directement reliées aux organes physiques, ou aux émotions primales stockées dans les cellules du corps. Nombreuses sont les fleurs en forme de cloches qui sont cathartiques, stimulantes ou ancrantes. Elles aident l’âme à incorporer la dimension physique de la vie avec davantage de conscience.

Il existe de nombreuses variantes de ces trois archétypes, ainsi que de nombreuses autres façons d’observer la forme et la gestuelle. Cette première fenêtre est si primaire, que la plupart des autres fenêtres lui sont fondamentalement reliées. […]

2. Orientation dans l’espace, relations géométriques

Un des aspects importants de la gestuelle d’une plante est son orientation dans l’espace. Par exemple, la gestuelle verticale du tournesol ou de la molène indique des qualités individualisantes. Les plantes qui poussent sur un axe horizontale, comme celles qui s’étendent en long sur la terre ou qui poussent comme des vignes (comme le lierre ou le pois de senteur), contiennent fréquemment des qualités guérisseuses reliées à la dimension sociale – comment le « je » entretient ses relations aux autres. Des plantes qui se répandent en ne poussant non pas verticalement mais en embrassant la terre comme la violette ou l’alchémille résonnent avec des qualités de l’âme comme l’humilité et la capacité à intégrer l’identité individuelle dans le collectif.

Un autre aspect des relations spatiales correspond à la structure géométrique de la plante, en particulier de la fleur. Par exemple, la famille des roses est caractérisée par une forme en étoile à cinq pointes, une signature d’incarnation, tandis que la famille des lys arbore des fleurs en forme d’étoiles à six pointes, une signature de l’harmonie cosmique.

3. Famille botanique

Une fois qu’on a maîtrisé les perceptions fondamentales relatives aux formes et à l’orientation dans l’espace, le système de classification botanique peut servir d’outil plus précis pour l’étude de la morphologie de la plante. […] Bien que la plupart des botanistes n’aient pas eu une perception consciente des forces éthériques impliquées dans la formation de la plante, nous pouvons apprendre beaucoup de leurs observations riches et détaillées. A nous revient la tâche d’étendre la richesse de ces perceptions des sens à travers notre imagination, notre inspiration et, enfin, à travers notre intuition.

Durant nos recherches pour la Flower Essence Society, nous avons remarqué que connaître la famille botanique d’une plante est une clé importante pour comprendre ses propriétés lorsqu’on prépare une essence florale. il est possible de faire usage de toutes les autres fenêtres de perception en synergie avec cette dernière, qui offre un outil organisationnel pour voir les relations entre les plantes. Les familles botaniques sont suffisamment vastes pour qu’on puisse étudier différents exemples dans chaque famille et noter en même temps les points communs et toutes les variations.

Par exemple, au sein de la famille des lys (liliacées), nous trouvons des plantes aux bulbes aqueux, aux racines pauvres, avec des feuilles aux lignes simples, des fleurs en forme d’étoiles à trois ou six pointes. Ces plantes évoquent les origines aquatiques de la vie, et une harmonie cosmique qui a tout juste commencé à s’incarner. Néanmoins, il existe aussi beaucoup de variations au sein des lys. Le lys tigré, avec sa teinte orange et ses taches sombres […] est beaucoup  plus actif et terrestre que, par exemple, le lys blanc […] .

4.Orientation dans le temps : cycles journalier et saisonnier

Les plantes ne sont pas des êtres statiques ; elles doivent être observées à travers des cycles temporels afin que leur nature individuelle se révèle. Nous pouvons nous demander pourquoi l’ipomée s’ouvre dès le matin et se ferme à mesure que le jour progresse, tandis que le pavot de Californie est bien fermé le matin, et se dévoile à mesure que les rayons du soleil s’intensifie au fil du jour. Pourquoi l’onagre réagit de manière prédominante à la lumière de la lune, comme la nicotiana, qui révèle son parfum à la nuit tombée ? A côté du rythme quotidien, nous pouvons aussi examiner le rythme annuel saisonnier. C’est dans la nature du pissenlit de fleurir au début du printemps, tandis que le chrysanthème se retient de révéler sa fleur jusqu’à la fin de l’été ou le début de l’automne. Qu’est-ce que cela révèle au sujet des qualités d’âme de chacune de ces plantes ?

De plus, on peut s’intéresser au cycle de vie de la plante elle-même. Les annuelles ne vivent que durant la partie de l’année qui est favorable à leur croissance, puis leur force de vie disparaît dans la graine jusqu’à ce que des conditions favorables se manifestent à nouveau. Les plantes vivaces se reposeront peut-être une partie de l’année, mais l’essentiel de leur structure survit d’une année à l’autre. Certains, comme les oliviers ou les séquoias, pourront vivre pendant des siècles, ce qui exprime bien leurs qualités de force et d’endurance. Nous pouvons aussi considérer les arbres à feuillages persistants, qui sont moins sujets aux rythmes saisonniers que les feuillus. Quel message nous délivre le sombre pin avec son manteau toujours vert et sa forme imposante, par rapport au saule, qui se réveille à la période de Pâques avec ses chatons et ses membres souples ?

5. Relation à l’environnement

Le lieu où une plante choisit de grandir révèle beaucoup au sujet de ses qualités. Les plantes sauvages se développeront là où elles trouveront les conditions qui répondent à leur nature essentielle. Nous trouvons l’armoise argentée dans le dépouillement du désert. C’est une plante purifiante par excellence. Nous trouvons le penstémon dans les régions alpines les plus rudes, à des hauteurs supérieures à la dernière ligne d’arbres. C’est une essence qui aide à développer la force intérieure dans l’adversité.

Lorsque nous travaillons avec des plantes cultivées, il est important de considérer où ces plantes ont leur origine sur terre. Par exemple, sachant que la lavande et le romarin de nos jardins se développent le mieux aux moments les plus chauds de l’année, les étés méditerranéens très secs nous disent beaucoup au sujet de leurs personnalités en affinité avec la lumière et la chaleur.

6. Relation aux quatre éléments

Les plantes ne vivent pas seulement dans un environnement physique, mais aussi dans un environnement constitué de forces élémentales et éthériques. Les éléments tels que développés par les Grecs ne sont pas les « blocs de construction » moléculaires de notre tableau périodique moderne. Il s’agit davantage de qualités archétypales des substances. La Terre représente la solidité ; l’Eau la fluidité ; l’Air l’expansion, et le Feu la transformation.

Fréquemment, deux éléments sont prédominants dans une plante, exprimant une polarité, tandis que les deux autres sont moins apparents. Par exemple, la carotte sauvage présente un trait fortement terrien dans sa racine, et une qualité très aérienne dans ses feuilles et ses fleurs finement divisées. En tant qu’essence florale, elle travaille sur l’intégration du deuxième et du sixième chakras, harmonisant les énergies sexuelles et psychiques. L’aloe vera a par contre une relation forte avec le Feu, mis en évidence par son environnement chaud et sec ; mais son aspect Eau est mis en évidence par le gel humide présent dans ses feuilles, connu comme un remède calmant les brûlures ; son essence florale, quant à elle, agit sur les états de fatigue et de « burn out » liés aux conduites colériques.

7. Relation aux autres règnes présents dans la Nature

Le règne végétal cohabite avec les trois autres règnes présents dans la Nature : minéral, animal et humain. La qualité des relations d’une plante avec l’un ou l’autre de ces règnes exprime beaucoup au sujet de son caractère inhérent. Par exemple, la triteleia lilacina a une relation particulière au règne minéral, puisqu’elle pousse uniquement sur des sols légers recouvrant une roche sombre et volcanique. Son essence a beaucoup à voir avec la transformation profonde et le bouleversement de l’âme.

De nombreuses plantes ont une relation spéciale avec le règne animal à travers le phénomène de pollinisation par les insectes ou les oiseaux. Par exemple, l’asclépiade est pollinisée par le papillon monarque. Le papillon, quant à lui, à travers son contact avec les alcaloïdes présents dans la sève de l’asclépiade, devient toxique pour ses prédateurs. L’essence d’asclépiade aide l’âme à sortir d’un état de passivité et de dormance (comme dans une chrysalide) pour s’élever avec ses propres ailes. […]

Les humains ont eu un impact important sur la majorité du règne végétal ; nous avons développer des plantes pour nos besoins presque tout au long de notre histoire. Certaines plantes se sont épanouies dans une relation co-créative très étroite avec l’homme, et cette histoire doit être prise en considération pour comprendre leurs propriétés. Par exemple, le maïs s’est développé pendant plusieurs millénaires comme la plante sacrée des peuples américains natifs. Ses origines de plante semi-grasse mexicaine, de moindre importance à l’état sauvage, se perdent dans l’Antiquité. Le maïs robuste, fertile que nous connaissons aujourd’hui irradie une qualité guérisseuse enracinée profondément dans la culture native américaine ; elle est reliée à la capacité de l’âme humaine à se sentir nourrie et connectée à la Terre sacrée. C’est pour cela que nous pouvons conseiller l’essence florale de maïs à ceux qui se sentent stressés et désorientés par la vie urbaine et technologique moderne et ne parviennent plus à sentir la communion d’âme avec la Terre.

8. Couleur

Quel est le langage de la couleur dans la plante ? Sa manifestation la plus flagrante a lieu dans la floraison, lorsque les forces astrales pénètrent brièvement dans la plante. Néanmoins, de nombreuses plantes présentent des traits de couleur peu usuels, comme par exemple l’amaranthe queue de renard, avec sa couleur rouge pénétrante jusque dans ses racines, sa tige et ses feuilles, ou la castilleja et ses bractées d’un rouge flamboyant. Des variations subtiles des couleurs peuvent se manifester dans l’écorce et la tige de la plante, et même dans le vert présent dans tout le monde végétal : entre les verts argentés et doux des différentes armoises, le gris-vert subtile de l’olivier, les verts sombres des conifères, ou les verts émeraude des annuels de l’été. Le langage de la couleur nous dit beaucoup sur les qualités de l’âme d’une plante. Par exemple, pourquoi de nombreuses plantes aux fleurs jaunes, comme la moutarde, le millepertuis ou le genêt à balai ont-elles une action sur les états dépressifs ? Pouvons-nous y comprendre la nature de la couleur jaune, ses qualités expansives et sa capacité à trancher dans l’obscurité ? Autre exemple : il est possible de relever les qualités énergisantes et revitalisantes des plantes rouges et oranges comme la grande capucine, le zinnia ou la castilleja.

9. Autres perceptions par les sens : parfum, texture, goût

Toutes les expériences sensorielles peuvent être importantes pour faire connaissance avec une plante. Le parfum, la texture et le goût le sont tout particulièrement. Quelle est l’impression de l’âme qui reçoit le parfum si doux, parfois même enivrant, comme venu d’un autre monde, du lys ? Comment cette impression contraste-t-elle avec les arômes pugnaces et ardents des membres de la famille de la menthe, comme la lavande ou le romarin ? Et qu’en est-il de la fragrance délicate et éthérée du rosier sauvage ou de la fleur de cerisier ? Pouvons-nous comprendre ce qui se passe dans nos âmes lorsque nous faisons l’expérience de ces différents arômes, comment certains nous font sortir de nous-mêmes, tandis que d’autres nous font pénétrer plus profondément au cœur de notre être ? Comment cela se fait-il ? Et qu’en est-il des plantes qui n’ont pas ou que très peu de parfum ?

La texture des plantes est importante. Considérez les tiges de nombreuses plantes de la famille de la rose, munies d’épines qui peuvent blesser la peau. Comparez ce trait à la douceur soyeuse du calochortus superbus qui attire le toucher. Arrêtez-vous sur la texture hirsute et rude de la bourrache, la tige rigide de l’achillée millefeuille, l’écorce douce de la manzanita, la texture spongieuse et liquide du lotus, la sève abondante de l’asclépiade ; tous ces traits nous disent quelque chose au sujet des qualités essentielles de ces plantes.

Lorsque cela s’avère possible, goûter les plantes peut apporter de nouvelles révélations à leur sujet. Le goût épicé de la fleur du cresson des fontaines nous surprendra, surtout en la comparant à ses feuilles rondes, humides et à l’apparence « froide » ; la saveurs sucrée des fleurs roses et délicates de la manzanita est étonnante de la part d’une plante aussi dense et sombre ; les pétales de souci portent en eux un goût mystérieux mêlé de mort et de vie en même temps, tandis que les feuilles de menthe poivrée développent une sensation de chaud-froid sur nos langues. Lorsque nous vivons avec ces sensations dans notre âme, il nous est possible de parvenir à de nouvelles perceptions des qualités d’âme inhérentes à ces plantes.

10. Substances et processus chimiques

 

La science actuelle nous permet de connaître la composition chimique de substances variées, y compris celle des plantes. Ce qu’elle ne parvient pas à retranscrire, toutefois, c’est que ces substances sont aussi issues de processus et qualités énergétiques (pour en savoir plus à ce sujet, reportez vous aux cours d’agriculture de Rudolf Steiner). Par exemple, la silice (SiO2) indique un processus teinté de lumière et de clarté, comme dans le cas du quartz. Nous pouvons retrouver cela dans les poils fins de la bourrache ou dans les aiguilles du pin ou d’autres conifères. Une forte présence de silice dans une plante indique une relation particulière à la lumière, et des plantes comme la bourrache ou le pin aident l’âme à faire face à certaines formes de dépression ou de lourdeur.

La famille des légumineuses, à laquelle appartiennent le genêt à balais, le pois de senteur et le trèfle rouge, capture le nitrogène afin qu’il puisse fertiliser le sol. Dans ce processus chimique, nous voyons que quelque chose d’intrinsèquement « égoïste » est amené en relation avec la terre, et cette qualité nous donne un indice sur la manière dont les essences de ces plantes peuvent être des aides pour les âmes qui manquent de certaines forces sociales. Une présence forte d’alcaloïdes indique une pénétration importante de l’élément astral dans la plante, qui peut être toxique pour le corps physique mais stimulant pour le corps astral. Par exemple, dans la famille des renonculacées, ou trouve des essences comme le bouton d’or, le pied d’alouette, l’ancolie ou l’aconite qui éveillent les forces psychiques de l’âme.

Le potassium donne de la force à la structure des plantes, particulièrement à la tige. Nous pouvons repérer ce trait chez des fleurs composées comme l’achillée millefeuille ou l’échinacée. Cette qualité est une clé pour comprendre la capacité des essences préparées à partir de ces fleurs à apporter la force, la droiture et la valeur à l’âme.

11. Usages en médecine et en herbalisme

De la même manière que les constituants physiques des plantes sont indicatifs des forces et des processus en œuvre à travers elles, nous pouvons aussi apprendre de leurs propriétés médicinales afin de connaître leurs effets subtiles sur l’âme. Nous pouvons dire que les qualités de guérison de l’âme des essences de fleurs sont comme une « octave supérieure » de ces propriétés.

Par exemple, l’oseille est utilisée en cuisine et comme remède aux flatulences, consécutives à un problème d’assimilation de la nourriture. L’essence d’oseille agit sur l’incapacité à assimiler des impressions reçues à travers les sens, qui devraient nourrir notre âme, mais qui au lieu de cela sur-stimule notre psyché. L’écorce de saule est une source d’acide salicylique, le précurseur naturel de l’aspirine, remède connu pour les douleurs liées à l’arthrose et aux articulations raides. L’essence de saule du Docteur Bach est pour les personnes dont la rigidité d’âme s’exprime à travers certaines tendances comme la rancœur et l’amertume. Cette essence apporte davantage de flexibilité à l’âme et la capacité de pardonner et de lâcher prise.

12. Folklore, mythologie, sagesse populaire, qualités spirituelles et rituelles

 

En des temps reculés de l’histoire humaine, nous expérimentions une relation plus intime avec le monde naturel, et notre rapport aux plantes était basé sur l’instinct. Les reliques de cette connaissance instinctive des plantes survivent dans le folklore, dans les mythes, dans les enseignements rituels et spirituels […].

Par exemple, l’achillée millefeuille est nommée d’après le guerrier grec Achille. On la connaissait aussi sous le nom de « millefeuille du chevalier » [ndt : en anglais « Knight’s millefoil »] et on la portait pendant les batailles, pas seulement parce qu’elle avait la propriété d’arrêter les saignements, mais aussi en guise de protection spirituelle. Ceci est en résonance avec l’usage qui est fait de l’essence d’achillée pour soigner ceux qui sont trop sensibles, vulnérables, et qui ont besoin de protection psychique d’un recentrage de l’âme.

 L’iris tient son nom de la déesse grecque de l’arc-en-ciel, le pont entre les cieux et la terre, le lieu de rencontre de la lumière et de l’obscurité. Ainsi, elle est l’inspiratrice de l’âme, et l’iris est devenu l’emblème de la noblesse, la représentation du ciel sur terre. Nous utilisons l’essence d’iris pour éveiller la créativité dans l’âme, pour nous ouvrir à notre Muse, la voix de l’inspiration céleste.

Le millepertuis est associé aux festivités de la Saint-Jean, célébrée au moment du solstice d’été. Des brins de cette herbe étaient traditionnellement cueillis à ce moment-là et placés sur une croix au-dessus de l’entrée de la maison en guise de protection. Son nom botanique « hypericum » vient du grec et signifie « au-dessus d’un esprit », indiquant sa qualité protectrice. La phrase qu’on prête à Saint-Jean, « Il faut qu’il croisse, et que moi, je diminue », fait référence à la capacité de l’âme à décroître après le solstice d’été jusqu’à Noël, de la même manière que la lumière elle-même décroît après le solstice estival jusqu’à la date de naissance du Christ. Ainsi, l’essence de millepertuis apporte la protection à ceux qui sont incapables de rencontrer et d’assimiler la lumière cosmique de manière correcte, et qui souffrent alors de dépression ou d’autres formes de déséquilibre psychique.