Le Tabac

Petite introduction [publiée initialement le 14 septembre 2013]

Ca fait plus de vingt ans que je fume. Irrégulièrement ok, mais quand même. Pfiou. Un jour ma mère m’a dit : « plutôt que de fumer pour faire comme les copines, tu n’as qu’à essayer toute seule, tu verras que ça n’apporte pas grand chose. » Sage comme la petite Siduri l’a toujours été, elle a écouté sa maman et a tout aussi sagement volé quelques cigarettes à son papa, des belles Cartier au filtre blanc orné d’un fin liserai d’or, et au parfum très suave, l’année de ses dix ans.

Je me souviens de la première, fumée au-dessus de l’évier de la salle de bain pendant que mon père recevait un ami au rez-de-chaussée pour l’apéritif. La tête qui tourne légèrement, l’impression d’avoir acquis du pouvoir, une autre image de moi qui apparaît doucement dans le miroir, au milieu des volutes. Rite de passage. Par la suite, j’ai fumé ainsi, ponctuellement, chez moi, ou lors de balades dans les champs ou au bord de la rivière qui passe à côté de mon village natal. Je me souviens de la brume et de la fumée, du plaisir de la solitude et du secret, de mon gilet trop long qui cachait ma main gauche aux trois-quarts, au cas où quelqu’un me repérerait. [Pour l’anecdote, je me souviens aussi de la fois où j’ai écrasé un mégot dans ma main en voyant arriver la voiture de ma mère au loin. Hem.]

Et je me souviens de mes premières clopes sociales, planquée au fond du jardin de mon voisin, avec lui à mes côtés. Bérus dans les oreilles, mégots au bec, chaos dans la tête. Les sessions de tirage de cartes dans la cour du lycée, au milieu d’un nuage de fumée. La cafèt de la fac, les révisions intensives, le café-clope du matin avant l’exam, les concerts et les soirées. Les nuits sur mon balcon d’étudiante, mélange de nicotine et de larmes dans ma bouche. Les longues conversations, mêlées de rires et de quintes de toux avec ma coloc, avec nos voix de Marge Simpson à vingt piges.

Et un jour, j’ai arrêté.

Paradoxalement (?), c’est seulement après plusieurs mois de sevrage que le tabac est entré dans mon champ d’investigation spirituel. D’abord de manière très furtive : les mois qui ont suivi la mort de mon grand-père, j’ai rêvé fréquemment de lui, qui me rendait visite pour taper la discut’. Toujours la clope au bec, crachant des tonnes de fumée en s’adressant à moi, alors qu’il avait arrêté quarante ans avant de mourir. Lors d’une de ses « visites », je lui ai d’ailleurs posé la question : « mais tu fumes de nouveau maintenant !? » « Ben oui maidele, maintenant je peux de nouveau, ça change plus rien. » Ce qui n’était somme toute pas faux.

Je n’ai pas tout de suite fait la connexion avec le travail spirituel, il a encore fallu attendre que je reprenne une consommation régulière de tabac. Celle-ci s’est installé il y a un an et demi. J’ai d’abord recommencé à fumer ponctuellement avec des copines sorcières, toujours dans des contextes semi-rituels mystico-perchés [comprendre : on boit des bières, on fume, on parle de nos pratiques et on finit par rentrer en transe l’air de rien, pour les bons jours pondre de l’oracle lokiesque. L’apéro mystique quoi]. De temps en temps une clope en offrande, une certaine Dame aux Torches appréciant particulièrement. Et puis pour diverses raisons, ou diverses irraisons, j’ai fini par fumer semi-régulièrement : le paquet sur une soirée, comme ça, puis dix jours sans même y penser avant une nouvelle session intoxication. Sans queue ni tête, mais au rythme de mes montagnes russes existentielles. Un peu n’imp, faut être honnête.

J’ai fait le ménage ces derniers mois, Frigg notamment est passée par là. On a trié les fonds de placards ensemble, mais la clope est restée. Eh ouais. Étonnamment, au cours de cette phase, après avoir nettoyé mes vitres, trié mes chaussettes par paire, dépoussiéré les autels, fait du sport et préparé la dînette du soir, j’ai souvent eu « le droit » de me poser et de fumer. Je dirais même que c’était accueilli avec … plaisir. Un moment de partage, de connexion pure, qui s’est approfondi au fil du temps. Mon autel à Frigg étant aussi lié à mes ancêtres, suite à un rêve, j’ai commencé à leur offrir du tabac. Déclic. Je sais depuis longtemps que c’est une plante sacrée, notamment chez les Amérindiens, mais je le découvre, je le vis seulement maintenant… Fumer est devenu un acte sacré, incroyablement puissant. Et puis l’esprit de la plante a commencé à se révéler plus explicitement, par petites touches. La fumée du tabac m’a apporté des messages, des visions. Et semble prête à continuer à le faire, lorsque j’y mets un peu les formes. Derrière le voile nicotiné, d’autres images apparaissent dans le miroir.

Certains parmi vous ont peut-être des expériences plus poussées avec le tabac, et je serai ravie de les découvrir. Pour moi, vous l’aurez compris, tout ceci est devenu conscient assez récemment, et j’y consacrerai quelques articles prochainement, des traductions glanées deci-delà sur le folklore ou l’usage magique de la plante, des petites expériences en cours ou à venir, histoire d’approfondir le sujet. Et si vous-mêmes avez des références, n’hésitez pas à me les laisser en commentaire.

Le gros challenge dans tout ça, quand même, va être d’arrêter la fumette loisir au profit d’une fumette purement rituelle. Chevaucher la plante, et plus se laisser chevaucher. Hum. Ça sent le rituel discordien à la Nicorette.

En attendant, je vais aller méditer un peu.

Et p’têt’ bien m’en griller une aussi 😉

Correspondances et propriétés magiques

Chez Scott Cunningham (dans sa fameuse « encyclopédie des herbes magiques »), voici ce qu’on peut apprendre sur le tabac (traduction personnelle) :

Genre : masculin

Planète : mars

Elément : feu

Pouvoirs : guérison, purification

Usages rituels : 

certains candidats à l’initiation chamanique doivent boire du jus de tabac afin d’induire des visions. Le tabac est utilisé depuis longtemps dans des cérémonies religieuses natives américaines. A l’heure actuelle, de nombreux peuples considèrent encore et toujours la plante comme sacrée.

Usages magiques : 

les Indiens du Sud de l’Amérique fument le tabac afin d’entrer en communication avec les esprits. Au début d’un voyage en bateau, on jette du tabac dans la rivière pour apaiser les Dieux qui y résident.

Brûler du tabac en guise d’encens purifie l’espace de toute négativité. Pour soigner le mal d’oreille, on soufflera de la fumée de cigarette dans l’oreille.

Si vous faites des cauchemars, ceux-ci peuvent vous rendre malade. Afin d’éviter cela, au réveil, allez immédiatement vous laver sous de l’eau courante, et offrez du tabac à l’Esprit de l’Eau qui vous aura purifié.

Le tabac est un substitut magique pour le souffre, mais aussi pour le datura et la morelle noire, qui lui sont tous deux liés [ndt : ils appartiennent tous les trois à la famille des solanacées].

Chez Mr Tedd, on apprend encore d’autres choses (traduction personnelle) :

Usage divinatoire, guérison et connaissance

Historiquement, le tabac a été utilisé comme outil pour la divination […] pour diagnostiquer la cause d’une maladie, et pour déterminer quelles actions engager pour résoudre une crise personnelle ou communautaire […].

Rituel et transformation

Le tabac a été amplement utilisé en rituel et cérémonie en raison de sa capacité à altérer notre perception du Temps, de nous-même et du monde.

  • La capacité à altérer la perception du Temps : […] je vous laisse vérifier cette affirmation par vous-même. Avez-vous jamais observé quelqu’un qui fume en public ? N’ont-ils pas l’air d’être ailleurs ? Leur regard  concentré sur quelque espace lointain, leurs pensées de toute évidence en vagabondage. Lorsqu’on interroge certains fumeurs sur la raison pour laquelle ils fument, les fumeurs répondent souvent que cela leur fait un « break », une courte période de temps où ils peuvent laisser leurs soucis de côté. Je suis personnellement persuadé que fumer altère notre perception du Temps.

Fumer rituellement permet de cultiver consciemment cette capacité, dans un contexte approprié et utile, au lieu de la laisser s’étioler dans le contexte d’une habitude liée au stress.

  • La capacité à altérer la perception que nous avons de nous-même et du monde : […] ce n’est pas un secret que la plupart des gens commencent à fumer à l’adolescence, période de transformation intense. […] Fumer représente un agent actif du changement d’image de l’enfant vers l’adulte. Voilà, c’est dit. Ça a été le cas pour moi, et je ne pense pas être le seul. […] C’est mon expérience personnelle qui me montre qu’un des cadeaux du tabac est d’ouvrir les yeux à une vision de nous-même bien trop souvent obscurcie par la routine du quotidien. Les légendes et la mythologie sont emplies de héros amenés par des esprits à opérer des transformations significatives dans leurs vies et cultures. Pourquoi, dans notre quête de la modernité, nous refusons-nous l’accès à de tels présents ? Je le répète à nouveau, lorsqu’on fume dans un contexte rituel, il s’agit de cultiver cette capacité consciemment et dans un contexte utile et approprié.

L’influence sur les rêves

J’ai lu récemment [ndt : l’article date de 1998 ^^;] des comptes-rendus de personnes ayant fait des rêves particulièrement vivants et profonds après avoir fumé certaines cigarettes exotiques (de tabac, oui !). Je ne sais pas vraiment à quoi cela est dû, et je ne pense pas que le mécanisme soit important, mais il est bon de noter que cela peut arriver. Personnellement, j’ai demandé à l’Esprit du Tabac des rêves pour me guider, et ai reçu en retour des résultats très intéressants. On mentionnera aussi que dans certaines cultures, le tabac est connu comme une « plante de pouvoir » pour sa capacité à exacerber les visions, la divination, et le potentiel psychique.


Etablir et entretenir une relation avec l’esprit du Tabac

 Extrait du site « Smoking, Ritual and Magic »
Traduction et adaptation personnelles.

Le fait d’entretenir une relation avec un esprit peut sonner un peu étrange, dit de cette façon. En discutant avec d’autres praticiens familiers des esprits, j’ai été amené à comprendre qu’il s’agissait d’expériences tout à fait personnelles. Ce que sera votre relation avec l’esprit du tabac, c’est à vous seul de le découvrir. Je peux vous suggérer des manières d’initier et de nourrir le lien, mais en dehors de cela, je peux seulement partager avec vous mes propres expériences, au cours desquelles j’ai découvert que ma relation avec l’esprit du tabac était bienveillante, stimulante, bénéfique et fascinante.

Si vous n’avez pas encore conscience d’une potentielle relation avec l’esprit du tabac dans votre vie, la première étape sera de jeter un œil au passé, et de vérifier si vous n’avez pas raté une invitation de sa part (je mentionnerai ici qu’au cours de mes expériences je perçois l’esprit de la plante de tabac comme étant femelle, et userai donc du féminin pour la désigner ; mais cela peut-être uniquement la manière dont elle m’apparaît à moi, pas nécessairement aux autres). Avez-vous jamais ressenti le désir, l’attirance pour le fait de fumer ? Avez-vous jamais trouvé un paquet de cigarettes, et rejeté cette occasion d’essayer, par peur de ce que les autres penseraient ? Peut-être étiez vous « trop jeune pour fumer » à cette époque, ou peut-être cela aurait-il été trop dur pour vous de vous lancer dans cette relation. Repensez aux événements de votre vie, et voyez si vous pouvez remettre le doigt sur une invitation […] Peu importe la situation : si vous vous souvenez d’au moins une occasion où vous avez éprouvé une curiosité saine pour l’expérience, considérez que vous avez reçu une sollicitation de la part de l’esprit du tabac. 

Si vous n’avez aucun souvenir de ce type, votre tâche va être de solliciter le début d’une relation avec elle, et d’attendre ensuite les signes vous montrant qu’elle accepte votre demande. Comme toute relation, elle devra être à double-sens. Vous demanderez à l’esprit du tabac l’autorisation d’entrer en contact avec elle. Dans cette tentative, vous pourrez lui révéler certaines de vos intentions, pourquoi vous recherchez sa compagnie. Il sera également bienvenu de réaliser une offrande, témoignant de la sincérité de votre démarche. Après avoir fait votre requête, vous devrez être à l’affût d’une réponse. Si vous n’en recevez aucune qui soit définitivement négative, ou si vous pensez que vous avez déjà été invité par l’esprit du tabac, vous pouvez commencer à fumer rituellement en suivant les instructions que je vous propose : achetez des cigarettes et cherchez un lieu et un moment adéquat pour fumer. Si ces préliminaires vous sont bénéfiques, lancez-vous doucement et consciemment dans d’autres rituels. Soyez attentif à vos ressentis. Si tout cela vous semble approprié, aventureux et amusant, si vous ressentez véritablement l’appel, poursuivez votre exploration. Sinon, passez à autre chose. Nous ne sommes jamais à court de choses intéressantes à faire dans cette vie.

Etant donné que vous avez établi une relation avec l’esprit du tabac, nous allons voir à présent comment maintenir et nourrir cette relation. Cela demandera de vivre votre vie en harmonie avec elle : en l’autorisant à accéder aux profondeurs de votre être, et en acceptant ses cadeaux avec sagesse et gratitude. Fumer rituellement n’est rien d’autre que l’incarnation de cet idéal. L’esprit du tabac m’a appris beaucoup de choses, et je peux lui attribuer de nombreuses expériences, plaisantes et m’ayant ouvert l’esprit, que je n’aurais certainement pas eu sans elle. En retour, je fume rituellement, j’honore ces dons, et je cherche des façons d’approfondir encore notre relation. Pour allez plus loin, vous pourrez lire des légendes de différentes cultures qui perpétuent des traditions incluant des relations aux esprits. La mythologie native d’Amérique est très populaire et simple à trouver, particulièrement aux États-Unis. Mais il existe certainement de nombreuses autres ressources.

Pour finir, j’aimerais revenir sur un extrait tiré de l’introduction de ce site, qui donne une vision globale de ce qu’est fumer rituellement :

Fumer rituellement est un usage conscient et approprié du tabac, et en tant que tel est une expérience choisie, quelque chose qui est fait à des moments particuliers et dans des lieux précis, peut-être même avec des accessoires spéciaux, et peut-être encore en compagnie d’autres personnes, qui connaissent et adhèrent à cette façon de fumer rituellement. Avant tout, cette pratique est faite pour le plaisir, pour la connexion aux esprits qu’elle invoque, et comme une expérience globalement positive, qui ne doit pas vous faire sentir coupable. Fumer rituellement ne doit pas être une pratique honteuse, faite à la dérobée, un échappatoire concédé par votre employeur, en attendant que vous souscriviez définitivement au programme proposé par l’entreprise pour arrêté de fumer. Ce n’est pas non plus quelque chose à pratiquer pendant que vous tentez d’accomplir autre chose. Fumer rituellement est une activité singulière : elle demande votre attention complète, centrée, et récompense cette attention avec une expérience qui repousse les frontières de la conscience et du plaisir.

Je ne connais pas de meilleur moyen de maintenir une relation avec l’esprit du tabac. Dans ce contexte, il devient clair que fumer rituellement n’est pas fait pour le plaisir de fumer en tant que tel, mais plutôt comme faisant partie du plaisir d’entretenir une relation avec l’esprit de la plante. Quand vous fumez, visualisez la manière dont vous recevez les présents de l’esprit du tabac en vous aux moments où vous inhalez ; faites une pause un moment, laissez la fumée purifier votre esprit. Quand vous recrachez la fumée, renvoyez-là dans un lieu adéquat, vers la terre et les esprits desquels elle est issue. Et remerciez.

Le tabac dans le folklore roumain

Article de Ligeia Vaughan, paru sur son blog « Samca »
Traduction et adaptation personnelles

Dans le folklore roumain, le tabac a un esprit qui lui est propre, un esprit féminin appelé Pâca ou Pafa. Elle apparaît comme une vieille femme, dont on dit qu’elle est aussi vieille que le monde lui-même. Elle a un long nez crochu, et est dotée de défenses, de serres et d’une queue. Comme on peut aisément l’imaginer, Pâca est toujours en train de tirer sur une pipe fumante et empeste le tabac.

La légende fait d’elle la mère des démons. Ses fils plantèrent une graine magique en son honneur, et la plante qui naquit de cette graine est appelée l’Herbe du Diable (buruiana dracului) ou l’Encens du Diable (tamâia dracului). La pipe a également été créée par les enfants de Pâca ; à chaque fois que vous tirez dessus, c’est donc elle que vous vénérez.

Quelques sorts issus du Hoodoo

Comme évoqué plus haut, j’utilise essentiellement cette plante en offrande, en purification, pour induire un état altéré de conscience et pour communiquer avec les Dieux, Esprits, morts et/ou ancêtres à diverses fins. Mais voici quelques sorts trouvés chez Dr. Raven qui pourraient bien m’être utiles à l’avenir, soit en les reprenant en tant que tels, soit en les modifiant à ma sauce.

J’ai fait le choix de ne traduire qu’une partie de l’article d’origine, triant ce qui m’intéressait le plus (les sorts en lien avec la justice, j’espère ne jamais en avoir besoin ^^;;;).  Toutefois, j’aime beaucoup la conclusion de l’article : « tous ces sorts à l’ancienne montre la polyvalence du tabac […] dont la particularité est qu’il peut contrôler les situations comme les personnes. » Le tabac, allié pour avoir/reprendre le contrôle ? Encore un bon résumé, me semble-t-il, d’une plante utilisable dans bien des buts.

Traduction et adaptation personnelles.

Sort pour amener quelqu’un à vous contacter

Faire fondre un peu de cire d’abeille et l’étaler sur une surface non adhésive [ndt : comme une feuille de papier cuisson par exemple]. Répandre du tabac sur la cire, puis rouler une bougie brune dans le mélange ainsi réalisé, en la dirigeant progressivement vers vous et en appelant la personne visée par le sort. Allumer la bougie en continuant d’appeler la personne.

Une variante de ce sort est à lire chez Kid Smoking Conjurer (avec des photos en cadeau).

Sort pour convoquer l’Esprit d’un lieu

Pour communiquer avec l’Esprit habitant une maison, un arbre ou une forêt, faire brûler du tabac sur un charbon en appelant l’Esprit concerné. Expliquer à l’Esprit que le tabac est une offrande ; il viendra attiré par la fumée et s’y manifestera.

Sort pour dominer quelqu’un

Placer dans un pot le nom de la cible avec neuf épingles, du tabac, de la réglisse et du sel. Le secouer régulièrement en lune décroissante et la personne visée résistera de moins en moins.
[ndt : ce sort me semble également adaptable pour un travail sur soi : dominer une peur, une émotion, un point faible… A réfléchir et à tester.]

Sort pour influencer les rêves de quelqu’un

Travailler pendant le sommeil de la personne visée. Brûler un mélange de tabac et d’anis en encensant le nom ou la photo de la personne, et interpeller son esprit, en expliquant ce dont on souhaite qu’il rêve ou à quoi il doit penser.

[ndt : à nouveau, une adaptation pour travailler sur ses propres rêves me semble franchement opportune.]

Sort pour obtenir la bénédiction de l’Esprit des Carrefours avant un voyage

Se rendre à un carrefour avec deux cigares et une bouteille de whisky. Placer les deux cigares en croix pour former un X, et appeler l’Esprit. Expliquer que les cigares sont une offrande et qu’on souhaite la bénédiction pour le voyage qui va être effectué. Ouvrir la bouteille d’alcool et offrir une libation tout en continuant à communiquer avec l’Esprit pendant un moment. Une fois le rite terminé, quitter les lieux sans se retourner.

Trouvé chez Augustine

 

Chez My Secret Hoodoo, on trouve la recette -toute simple- de l’huile de tabac, à utiliser – d’après l’auteur- notamment sur les bougies noires, et/ou pour les sorts en lien avec la communication ou la domination. Cela me semble une bonne alternative pour ceux qui ne supporteraient pas le tabac fumé ou fumigué, lorsqu’on ne peut pas enfumer un lieu pour x raison, et encore un bon outil pour enduire les bougies consacrées à certaines divinités dans une intention particulière. Je compte en mettre à macérer à la prochaine lune noire, rendez-vous dans quelques semaines pour les premières impressions.

Emplir une fiole d’une bonne quantité de tabac et recouvrir largement de l’huile de base de votre choix. Conserver la fiole jusqu’à six semaines dans un lieu sombre et frais. Si l’huile ne brunit pas, c’est qu’il n’y a pas assez de tabac pour la quantité d’huile. [ndt 1: penser à utiliser du tabac de bonne qualité, un tabac biologique me semble tout indiqué, et oui, ça se trouve aussi chez certains buralistes en France 🙂 ndt 2 : une goutte de vitamine E évitera à l’huile de rancir.]

Arin Murphy-Hiscock – Rituel de protection du foyer

Tiré de « The Way of the Hedgewitch », d’Arin Murphy-Hiscock
Traduction personnelle

Au préalable, préparer l’huile de protection suivante :

Ingrédients :

  • une cuillère à soupe d’huile de base (olive convient très bien)
  • trois pincées de sel
  • un clou de girofle
  • une feuille de sauge

Mettre tous les ingrédients dans une bouteille. Pensez à mettre une étiquette indiquant la contenance, la date de réalisation, le but. Placez la bouteille au soleil, et laissez infuser au moins neuf jours.

Pour utiliser cette huile, trempez-y votre doigt et tracez une ligne en travers ou autour du lieu que vous voulez sceller.

Le rituel

Ce rituel permet non seulement de purifier le seuil du foyer, mais il le charge également de pouvoir, de sorte qu’il fonctionne comme un filtre pour laisser entrer l’énergie positive dans la maison, tout en gardant les énergies perturbatrices à l’extérieur.

Ceci permet de créer une barrière protectrice permanente sur le seuil de votre habitat. Si votre foyer dispose de plus d’une entrée utilisée régulièrement, réalisez ce rituel d’abord au niveau de l’accès principal, puis au niveaux des accès secondaires.

Matériel :

  • une tasse d’eau
  • une demi-tasse de vinaigre
  • une cuillère de sel
  • une cuillère de jus de citron
  • un bol ou autre contenant
  • une serpillère ou éponge
  • un smudge de sauge, ou de la sauge qui sera brûlée sur un charbon (prévoir un encensoir ou une coupelle)
  • un briquet ou allumettes
  • l’huile de protection
  • trois têtes d’ail

Mélangez l’eau, le vinaigre, le sel et le jus de citron dans un bol. Avec la serpillère/éponge trempée dans ce mélange, nettoyez la porte d’entrée et le seuil. Frottez consciencieusement de chaque côté du seuil et de la porte.

Allumez la sauge et passez-la dans l’encadrement de la porte, afin de bien « smudger » ce lieu de passage. Déposez la sauge dans l’encensoir afin qu’elle continue de fumer et de purifier l’entrée pendant tout le reste du rituel.

Trempez votre doigt dans l’huile de protection et tracez une ligne continue tout autour de l’encadrement de porte extérieur. Si nécessaire, trempez votre doigt plusieurs fois dans l’huile, mais reprenez exactement là où vous vous êtes arrêté, ou repassez sur quelques centimètres déjà tracés pour être certain de bien sceller tout le contour. En traçant la ligne, prononcez la formule suivante :

Qu’aucun mal ou maladie ne franchisse ce palier
Par cette ligne tracée, je les empêche d’entrer
Mon foyer est sacré et protégé.

Trempez  votre doigt à nouveau dans l’huile. Du côté intérieur de votre encadrement de porte, placez votre doigt dans le coin supérieur gauche, et tracez dans l’air une ligne bien droite, en biais, jusqu’au coin inférieur droit. Encore une fois, trempez votre doigt dans l’huile, et tracez une ligne identique du coin supérieur droit jusqu’au coin inférieur gauche. Une dernière fois, trempez votre doigt dans l’huile, placez-le sur l’encadrement, au centre, au-dessus de la porte, et tracez une ligne verticale descendant jusqu’au milieu du pas de porte. En traçant cette dernière ligne, répétez :

Qu’aucun mal ou maladie ne franchisse ce palier
Par cette ligne tracée, je les empêche d’entrer
Mon foyer est sacré et protégé.

Le symbole ainsi tracé est un hexefus, ou une combinaison des runes Isa (ligne verticale) et Gebo (un X). Gebo représente les échanges d’énergie ou d’objets, tandis qu’Isa représente un état statique (on peut la traduire par « glace »). Ce sceau runique permet de « geler » l’état de votre foyer et de vos possessions, et de les protéger des intrusions, physiques ou autres.

Prenez enfin les trois têtes d’ail. Touchez chacune d’elles avec votre doigt trempé dans l’huile. Enterrez-les près du seuil de votre maison, ou le plus près possible. Idéalement, enterrez-en une à chaque extrémité du seuil, et la troisième au milieu. En faisant cela, dites une dernière fois :

Qu’aucun mal ou maladie ne franchisse ce palier
Par cette ligne tracée, je les empêche d’entrer
Mon foyer est sacré et protégé.

Si le besoin s’en fait ressentir, réalisez ce même rituel à chaque fenêtre. Enterrez alors une seule tête d’ail dans la terre sous chaque fenêtre.

Ndt : et pour les urban witches, pensez à enterrer vos trois têtes d’ail dans la terre d’une plante  en pot que vous placerez près de votre entrée 🙂

L’Omiero

Ça fait quelques mois [article publié à l’origine le 10 octobre 2015] que les cultes afro-caribéens s’invitent dans ma spiritualité. Par la rivière est arrivée Oshun, par les eaux profondes et les étoiles, Yemanja, et puis petit à petit, d’autres esprits et des pratiques s’installent. J’avance à tout petits pas, de manière assez intuitive et très personnelle, et je découvre plein de choses que j’ai envie de partager ici. La première sera l’omiero, qui parle particulièrement à l’amoureuse des plantes et des potions que je suis.

L’omiero est une infusion utilisée dans de nombreux rituels de la Santería (ou Lucumí), et notamment dans toutes les cérémonies d’initiation. On l’utilise également pour se purifier (bains, onction, eau de lavage du sol…), laver les représentations physiques (pierres, statues, attributs…) des Orishas, les cauris utilisés en divination, ou encore les bijoux à valeur spirituelle comme les colliers de perles consacrés aux Orishas, appelés Elekes.

La préparation se fera en fonction de l’intention du rituel, mais surtout de l’Orisha auquel on compte faire appel au cours de celui-ci, puisque, par le jeu des correspondances, il ou elle déterminera les plantes à utiliser. Comme l’infusion contient de nombreuses herbes, on dit souvent que lorsqu’on prépare de l’omiero, on « fait Osain », d’après le nom de l’Orisha des plantes.

D’après ce que j’ai pu lire, la préparation est longue est complexe, particulièrement ritualisée – elle s’accompagne notamment de nombreux chants et prières, de préférence en langue yoruba -, et doit en principe être réalisée par un religieux. Les recettes sont bien entendu jalousement gardées. Je n’aurais donc pas la prétention de partager ici LA recette de l’omiero 😉

Cependant, d’après Maria-Alba Valdés, dans « Magie des Caraïbes et Santeria », on fabrique généralement l’omiero de la façon suivante :

Dans un grand récipient, verser :
* de l’eau bénite (certainement par un prêtre Lucumi, pour ma part je fais la mienne)
* des eaux de différentes provenances (eau de mer, eau de pluie, eau de rivière…)
* du vin, de l’eau-de-vie

Ajouter :
* un charbon ardent
* du miel
* du beurre de cacahuètes
* des pétales de pivoine
*du piment
* les herbes choisies en fonction de l’Orisha (ou des Orishas) auquel on fait appel

Sur internet, j’ai également trouvé mention d’huile de palme, de beurre de cacao, ou encore de cascarilla (poudre de coquille d’œuf). Les plantes, de préférence fraîches, doivent être réduites en morceaux, déchirées à la main, dans l’eau, ou pendant que l’eau est versée ; la préparation peut ensuite bouillir pendant plusieurs minutes, et toute l’opération s’accompagnera comme mentionné plus haut de chants et prières sacrés.

Image trouvée sur Tumblr

On pourra bien sûr choisir le jour, l’heure, le nombre de plantes en fonction de l’Orisha (par exemple, cinq plantes pour Oshun, le lundi pour Elegua …) et de l’intention rituelle.


Ce qui m’a particulièrement interpellé – et m’a donné envie de partager tout ça – est l’usage d’eaux de différentes provenances. Que ce soit dans le rituel des eaux du monde de Starhawk ou dans certaines expériences rituelles vécues en groupe ou de manière plus solitaire, c’est une pratique que je trouve particulièrement puissante, qui nourrit autant le rituel que les esprits appelés ou les participants. Autant dire que j’ai été agréablement surprise de découvrir cet usage plus traditionnel d’un mélange d’eaux, qui inspirera sans doute mes tambouilles à venir – et peut-être les vôtres 😉