Lee Morgan – Préparer de l’eau guérisseuse

Extrait de « a deed without a name », de Lee Morgan
Traduction et adaptation personnelles

Cette tradition de préparer de l’eau guérisseuse à l’aide d’un cristal sphérique est attestée au Pays de Galles et en Irlande. Il s’agit d’un exemple de sort de guérison qu’on pourra rapprocher des traditions de faerie-doctoring [ndlt : les faery doctors sont des guérisseurs traditionnels spécialisés dans le traitement de maux supposés d’origine féérique] et de rupture de sorts, avec une approche plus douce que dans des cas d’exorcisme ou de lutte avec les esprits. La sphère en cristal était déposée dans une bassine d’eau et le charme suivant était prononcé :

Ô toi pierre de la Nuit et de la Clarté
Laisse moi te plonger dans l’eau.
Dans l’eau tirée de la source pure, ou tirée de la vague,

Au nom de Notre Dame
Et des Mères de ma lignée,
Au nom du Maître de la Magie
Et des Maîtres-hommes.
Bénédictions sur l’eau claire et pure !
Guérison de tous maux physiques
Pour l’homme comme pour la bête !

L’eau pouvait alors guérir et chasser tout mal. Cependant, si l’on utilisait une sphère appartenant à autrui, ou si l’on devait rentrer chez soi avec l’eau préparée par autrui, certaines règles s’appliquaient. La personne venant chercher le cristal pour procéder à la préparation, ou l’eau déjà prête, ne devait en aucun cas parler, s’asseoir, ou entrer dans la maison du propriétaire de la sphère ou du préparateur. Elle devait également rentrer chez elle en veillant à ne pas être dehors après le coucher du soleil. Ces interdits nous disent beaucoup au sujet de l’opération en elle-même. Comme dans le faerie-doctoring, le soleil est important, ainsi que le respect du silence – on rapporte les remèdes du faerie-doctor chez soi sans prononcer le moindre mot. L’eau préparée à partir de cette formule traditionnelle pouvait aussi être utilisée pour nettoyer un espace de toute influence maligne.

Orion Foxwood – Adresser une demande à l’Esprit des Carrefours

Rituel proposé par Orion Foxwood dans « The Candle and the Crossroads »
Traduction et adaptation personnelles

Trouvez un carrefour à quatre voies. Idéalement, vous vous rendrez à ce carrefour un mercredi à 3 heures du matin.

Apportez avec vous trois pièces, du rhum ou du whisky [ndlt : ou tout autre alcool fort apprécié par l’Esprit auquel vous souhaitez vous adresser], ainsi que deux clés. Avant de réaliser le rite, respectez quelques étapes : ces clés auront été lavées dans de l’eau pure, puis ointe d’eau de Floride [ndlt : ou de tout autre liquide que vous aimez employer dans votre pratique pour purifier ou consacrer vos outils] ; vous aurez également prononcé une prière, adressé à la Divinité ou à l’Esprit de votre choix, les mains au-dessus de ces clés ; ceci afin qu’elles apportent du positif dans votre vie. Durant quelques semaines, vous les porterez sur vous dans un petit sachet, où elles se frotteront l’une à l’autre ; de cette manière, elles communiqueront entre elles, et communiqueront avec votre esprit.

Arrivé au carrefour, oignez-vous la tête avec un peu d’huile consacrée afin de vous préparer au rite. [ndlt : Orion Foxwood propose d’utiliser de l’huile d’hysope pour effectuer ce qu’il nomme un « crowning » ou « couronnement », j’en proposerai une traduction prochainement].

Au centre du carrefour, frappez trois fois le sol, et appelez l’esprit du carrefour. [ndlt : Orion Foxwood propose l’appel suivant, qui ne conviendra certainement pas à tout le monde…]

Cavalier Sombre, je t’appelle.
Puisses-tu m’ouvrir les voies de la bonne fortune,
au nom du Créateur (ou du Père, du Fils et du Saint-Esprit).

Attendez jusqu’à obtenir une réponse dans le vent. Vous pouvez également utiliser un outil de divination. Si vous sentez la présence de l’Esprit, demandez-lui de vous ouvrir les voies dont vous avez besoin (vie, mort, chance, amour…). Puis creusez un trou dans le sol, et déposez-y une des clés, la remettant ainsi dans sa main.

Une fois le trou rebouché, déposez vos trois pièces sur le sol en formant un triangle. Versez de l’alcool au centre de ce triangle en guise d’offrande.

Remerciez l’Esprit et, à nouveau, frappez le sol trois fois en disant [ndlt : pensez à adapter !] :

Puisses-tu refermer cette porte, Cavalier Sombre
Jusqu’à ce que je t’appelle à nouveau.

Puis quittez le carrefour, en emportant avec vous l’autre clé ; souvenez-vous que ce charme vous relie désormais à l’Esprit du Carrefour que vous avez appelé.

Lorsque vous aurez besoin de quelque chose en lien avec la demande énoncée lors de ce rite, portez votre clé dans un sac en tissu rouge, sur la partie droite de votre corps, afin qu’elle vous conduise vers la bonne voie.

Le Tabac

Petite introduction [publiée initialement le 14 septembre 2013]

Ca fait plus de vingt ans que je fume. Irrégulièrement ok, mais quand même. Pfiou. Un jour ma mère m’a dit : « plutôt que de fumer pour faire comme les copines, tu n’as qu’à essayer toute seule, tu verras que ça n’apporte pas grand chose. » Sage comme la petite Siduri l’a toujours été, elle a écouté sa maman et a tout aussi sagement volé quelques cigarettes à son papa, des belles Cartier au filtre blanc orné d’un fin liserai d’or, et au parfum très suave, l’année de ses dix ans.

Je me souviens de la première, fumée au-dessus de l’évier de la salle de bain pendant que mon père recevait un ami au rez-de-chaussée pour l’apéritif. La tête qui tourne légèrement, l’impression d’avoir acquis du pouvoir, une autre image de moi qui apparaît doucement dans le miroir, au milieu des volutes. Rite de passage. Par la suite, j’ai fumé ainsi, ponctuellement, chez moi, ou lors de balades dans les champs ou au bord de la rivière qui passe à côté de mon village natal. Je me souviens de la brume et de la fumée, du plaisir de la solitude et du secret, de mon gilet trop long qui cachait ma main gauche aux trois-quarts, au cas où quelqu’un me repérerait. [Pour l’anecdote, je me souviens aussi de la fois où j’ai écrasé un mégot dans ma main en voyant arriver la voiture de ma mère au loin. Hem.]

Et je me souviens de mes premières clopes sociales, planquée au fond du jardin de mon voisin, avec lui à mes côtés. Bérus dans les oreilles, mégots au bec, chaos dans la tête. Les sessions de tirage de cartes dans la cour du lycée, au milieu d’un nuage de fumée. La cafèt de la fac, les révisions intensives, le café-clope du matin avant l’exam, les concerts et les soirées. Les nuits sur mon balcon d’étudiante, mélange de nicotine et de larmes dans ma bouche. Les longues conversations, mêlées de rires et de quintes de toux avec ma coloc, avec nos voix de Marge Simpson à vingt piges.

Et un jour, j’ai arrêté.

Paradoxalement (?), c’est seulement après plusieurs mois de sevrage que le tabac est entré dans mon champ d’investigation spirituel. D’abord de manière très furtive : les mois qui ont suivi la mort de mon grand-père, j’ai rêvé fréquemment de lui, qui me rendait visite pour taper la discut’. Toujours la clope au bec, crachant des tonnes de fumée en s’adressant à moi, alors qu’il avait arrêté quarante ans avant de mourir. Lors d’une de ses « visites », je lui ai d’ailleurs posé la question : « mais tu fumes de nouveau maintenant !? » « Ben oui maidele, maintenant je peux de nouveau, ça change plus rien. » Ce qui n’était somme toute pas faux.

Je n’ai pas tout de suite fait la connexion avec le travail spirituel, il a encore fallu attendre que je reprenne une consommation régulière de tabac. Celle-ci s’est installé il y a un an et demi. J’ai d’abord recommencé à fumer ponctuellement avec des copines sorcières, toujours dans des contextes semi-rituels mystico-perchés [comprendre : on boit des bières, on fume, on parle de nos pratiques et on finit par rentrer en transe l’air de rien, pour les bons jours pondre de l’oracle lokiesque. L’apéro mystique quoi]. De temps en temps une clope en offrande, une certaine Dame aux Torches appréciant particulièrement. Et puis pour diverses raisons, ou diverses irraisons, j’ai fini par fumer semi-régulièrement : le paquet sur une soirée, comme ça, puis dix jours sans même y penser avant une nouvelle session intoxication. Sans queue ni tête, mais au rythme de mes montagnes russes existentielles. Un peu n’imp, faut être honnête.

J’ai fait le ménage ces derniers mois, Frigg notamment est passée par là. On a trié les fonds de placards ensemble, mais la clope est restée. Eh ouais. Étonnamment, au cours de cette phase, après avoir nettoyé mes vitres, trié mes chaussettes par paire, dépoussiéré les autels, fait du sport et préparé la dînette du soir, j’ai souvent eu « le droit » de me poser et de fumer. Je dirais même que c’était accueilli avec … plaisir. Un moment de partage, de connexion pure, qui s’est approfondi au fil du temps. Mon autel à Frigg étant aussi lié à mes ancêtres, suite à un rêve, j’ai commencé à leur offrir du tabac. Déclic. Je sais depuis longtemps que c’est une plante sacrée, notamment chez les Amérindiens, mais je le découvre, je le vis seulement maintenant… Fumer est devenu un acte sacré, incroyablement puissant. Et puis l’esprit de la plante a commencé à se révéler plus explicitement, par petites touches. La fumée du tabac m’a apporté des messages, des visions. Et semble prête à continuer à le faire, lorsque j’y mets un peu les formes. Derrière le voile nicotiné, d’autres images apparaissent dans le miroir.

Certains parmi vous ont peut-être des expériences plus poussées avec le tabac, et je serai ravie de les découvrir. Pour moi, vous l’aurez compris, tout ceci est devenu conscient assez récemment, et j’y consacrerai quelques articles prochainement, des traductions glanées deci-delà sur le folklore ou l’usage magique de la plante, des petites expériences en cours ou à venir, histoire d’approfondir le sujet. Et si vous-mêmes avez des références, n’hésitez pas à me les laisser en commentaire.

Le gros challenge dans tout ça, quand même, va être d’arrêter la fumette loisir au profit d’une fumette purement rituelle. Chevaucher la plante, et plus se laisser chevaucher. Hum. Ça sent le rituel discordien à la Nicorette.

En attendant, je vais aller méditer un peu.

Et p’têt’ bien m’en griller une aussi 😉

Correspondances et propriétés magiques

Chez Scott Cunningham (dans sa fameuse « encyclopédie des herbes magiques »), voici ce qu’on peut apprendre sur le tabac (traduction personnelle) :

Genre : masculin

Planète : mars

Elément : feu

Pouvoirs : guérison, purification

Usages rituels : 

certains candidats à l’initiation chamanique doivent boire du jus de tabac afin d’induire des visions. Le tabac est utilisé depuis longtemps dans des cérémonies religieuses natives américaines. A l’heure actuelle, de nombreux peuples considèrent encore et toujours la plante comme sacrée.

Usages magiques : 

les Indiens du Sud de l’Amérique fument le tabac afin d’entrer en communication avec les esprits. Au début d’un voyage en bateau, on jette du tabac dans la rivière pour apaiser les Dieux qui y résident.

Brûler du tabac en guise d’encens purifie l’espace de toute négativité. Pour soigner le mal d’oreille, on soufflera de la fumée de cigarette dans l’oreille.

Si vous faites des cauchemars, ceux-ci peuvent vous rendre malade. Afin d’éviter cela, au réveil, allez immédiatement vous laver sous de l’eau courante, et offrez du tabac à l’Esprit de l’Eau qui vous aura purifié.

Le tabac est un substitut magique pour le souffre, mais aussi pour le datura et la morelle noire, qui lui sont tous deux liés [ndt : ils appartiennent tous les trois à la famille des solanacées].

Chez Mr Tedd, on apprend encore d’autres choses (traduction personnelle) :

Usage divinatoire, guérison et connaissance

Historiquement, le tabac a été utilisé comme outil pour la divination […] pour diagnostiquer la cause d’une maladie, et pour déterminer quelles actions engager pour résoudre une crise personnelle ou communautaire […].

Rituel et transformation

Le tabac a été amplement utilisé en rituel et cérémonie en raison de sa capacité à altérer notre perception du Temps, de nous-même et du monde.

  • La capacité à altérer la perception du Temps : […] je vous laisse vérifier cette affirmation par vous-même. Avez-vous jamais observé quelqu’un qui fume en public ? N’ont-ils pas l’air d’être ailleurs ? Leur regard  concentré sur quelque espace lointain, leurs pensées de toute évidence en vagabondage. Lorsqu’on interroge certains fumeurs sur la raison pour laquelle ils fument, les fumeurs répondent souvent que cela leur fait un « break », une courte période de temps où ils peuvent laisser leurs soucis de côté. Je suis personnellement persuadé que fumer altère notre perception du Temps.

Fumer rituellement permet de cultiver consciemment cette capacité, dans un contexte approprié et utile, au lieu de la laisser s’étioler dans le contexte d’une habitude liée au stress.

  • La capacité à altérer la perception que nous avons de nous-même et du monde : […] ce n’est pas un secret que la plupart des gens commencent à fumer à l’adolescence, période de transformation intense. […] Fumer représente un agent actif du changement d’image de l’enfant vers l’adulte. Voilà, c’est dit. Ça a été le cas pour moi, et je ne pense pas être le seul. […] C’est mon expérience personnelle qui me montre qu’un des cadeaux du tabac est d’ouvrir les yeux à une vision de nous-même bien trop souvent obscurcie par la routine du quotidien. Les légendes et la mythologie sont emplies de héros amenés par des esprits à opérer des transformations significatives dans leurs vies et cultures. Pourquoi, dans notre quête de la modernité, nous refusons-nous l’accès à de tels présents ? Je le répète à nouveau, lorsqu’on fume dans un contexte rituel, il s’agit de cultiver cette capacité consciemment et dans un contexte utile et approprié.

L’influence sur les rêves

J’ai lu récemment [ndt : l’article date de 1998 ^^;] des comptes-rendus de personnes ayant fait des rêves particulièrement vivants et profonds après avoir fumé certaines cigarettes exotiques (de tabac, oui !). Je ne sais pas vraiment à quoi cela est dû, et je ne pense pas que le mécanisme soit important, mais il est bon de noter que cela peut arriver. Personnellement, j’ai demandé à l’Esprit du Tabac des rêves pour me guider, et ai reçu en retour des résultats très intéressants. On mentionnera aussi que dans certaines cultures, le tabac est connu comme une « plante de pouvoir » pour sa capacité à exacerber les visions, la divination, et le potentiel psychique.


Etablir et entretenir une relation avec l’esprit du Tabac

 Extrait du site « Smoking, Ritual and Magic »
Traduction et adaptation personnelles.

Le fait d’entretenir une relation avec un esprit peut sonner un peu étrange, dit de cette façon. En discutant avec d’autres praticiens familiers des esprits, j’ai été amené à comprendre qu’il s’agissait d’expériences tout à fait personnelles. Ce que sera votre relation avec l’esprit du tabac, c’est à vous seul de le découvrir. Je peux vous suggérer des manières d’initier et de nourrir le lien, mais en dehors de cela, je peux seulement partager avec vous mes propres expériences, au cours desquelles j’ai découvert que ma relation avec l’esprit du tabac était bienveillante, stimulante, bénéfique et fascinante.

Si vous n’avez pas encore conscience d’une potentielle relation avec l’esprit du tabac dans votre vie, la première étape sera de jeter un œil au passé, et de vérifier si vous n’avez pas raté une invitation de sa part (je mentionnerai ici qu’au cours de mes expériences je perçois l’esprit de la plante de tabac comme étant femelle, et userai donc du féminin pour la désigner ; mais cela peut-être uniquement la manière dont elle m’apparaît à moi, pas nécessairement aux autres). Avez-vous jamais ressenti le désir, l’attirance pour le fait de fumer ? Avez-vous jamais trouvé un paquet de cigarettes, et rejeté cette occasion d’essayer, par peur de ce que les autres penseraient ? Peut-être étiez vous « trop jeune pour fumer » à cette époque, ou peut-être cela aurait-il été trop dur pour vous de vous lancer dans cette relation. Repensez aux événements de votre vie, et voyez si vous pouvez remettre le doigt sur une invitation […] Peu importe la situation : si vous vous souvenez d’au moins une occasion où vous avez éprouvé une curiosité saine pour l’expérience, considérez que vous avez reçu une sollicitation de la part de l’esprit du tabac. 

Si vous n’avez aucun souvenir de ce type, votre tâche va être de solliciter le début d’une relation avec elle, et d’attendre ensuite les signes vous montrant qu’elle accepte votre demande. Comme toute relation, elle devra être à double-sens. Vous demanderez à l’esprit du tabac l’autorisation d’entrer en contact avec elle. Dans cette tentative, vous pourrez lui révéler certaines de vos intentions, pourquoi vous recherchez sa compagnie. Il sera également bienvenu de réaliser une offrande, témoignant de la sincérité de votre démarche. Après avoir fait votre requête, vous devrez être à l’affût d’une réponse. Si vous n’en recevez aucune qui soit définitivement négative, ou si vous pensez que vous avez déjà été invité par l’esprit du tabac, vous pouvez commencer à fumer rituellement en suivant les instructions que je vous propose : achetez des cigarettes et cherchez un lieu et un moment adéquat pour fumer. Si ces préliminaires vous sont bénéfiques, lancez-vous doucement et consciemment dans d’autres rituels. Soyez attentif à vos ressentis. Si tout cela vous semble approprié, aventureux et amusant, si vous ressentez véritablement l’appel, poursuivez votre exploration. Sinon, passez à autre chose. Nous ne sommes jamais à court de choses intéressantes à faire dans cette vie.

Etant donné que vous avez établi une relation avec l’esprit du tabac, nous allons voir à présent comment maintenir et nourrir cette relation. Cela demandera de vivre votre vie en harmonie avec elle : en l’autorisant à accéder aux profondeurs de votre être, et en acceptant ses cadeaux avec sagesse et gratitude. Fumer rituellement n’est rien d’autre que l’incarnation de cet idéal. L’esprit du tabac m’a appris beaucoup de choses, et je peux lui attribuer de nombreuses expériences, plaisantes et m’ayant ouvert l’esprit, que je n’aurais certainement pas eu sans elle. En retour, je fume rituellement, j’honore ces dons, et je cherche des façons d’approfondir encore notre relation. Pour allez plus loin, vous pourrez lire des légendes de différentes cultures qui perpétuent des traditions incluant des relations aux esprits. La mythologie native d’Amérique est très populaire et simple à trouver, particulièrement aux États-Unis. Mais il existe certainement de nombreuses autres ressources.

Pour finir, j’aimerais revenir sur un extrait tiré de l’introduction de ce site, qui donne une vision globale de ce qu’est fumer rituellement :

Fumer rituellement est un usage conscient et approprié du tabac, et en tant que tel est une expérience choisie, quelque chose qui est fait à des moments particuliers et dans des lieux précis, peut-être même avec des accessoires spéciaux, et peut-être encore en compagnie d’autres personnes, qui connaissent et adhèrent à cette façon de fumer rituellement. Avant tout, cette pratique est faite pour le plaisir, pour la connexion aux esprits qu’elle invoque, et comme une expérience globalement positive, qui ne doit pas vous faire sentir coupable. Fumer rituellement ne doit pas être une pratique honteuse, faite à la dérobée, un échappatoire concédé par votre employeur, en attendant que vous souscriviez définitivement au programme proposé par l’entreprise pour arrêté de fumer. Ce n’est pas non plus quelque chose à pratiquer pendant que vous tentez d’accomplir autre chose. Fumer rituellement est une activité singulière : elle demande votre attention complète, centrée, et récompense cette attention avec une expérience qui repousse les frontières de la conscience et du plaisir.

Je ne connais pas de meilleur moyen de maintenir une relation avec l’esprit du tabac. Dans ce contexte, il devient clair que fumer rituellement n’est pas fait pour le plaisir de fumer en tant que tel, mais plutôt comme faisant partie du plaisir d’entretenir une relation avec l’esprit de la plante. Quand vous fumez, visualisez la manière dont vous recevez les présents de l’esprit du tabac en vous aux moments où vous inhalez ; faites une pause un moment, laissez la fumée purifier votre esprit. Quand vous recrachez la fumée, renvoyez-là dans un lieu adéquat, vers la terre et les esprits desquels elle est issue. Et remerciez.

Le tabac dans le folklore roumain

Article de Ligeia Vaughan, paru sur son blog « Samca »
Traduction et adaptation personnelles

Dans le folklore roumain, le tabac a un esprit qui lui est propre, un esprit féminin appelé Pâca ou Pafa. Elle apparaît comme une vieille femme, dont on dit qu’elle est aussi vieille que le monde lui-même. Elle a un long nez crochu, et est dotée de défenses, de serres et d’une queue. Comme on peut aisément l’imaginer, Pâca est toujours en train de tirer sur une pipe fumante et empeste le tabac.

La légende fait d’elle la mère des démons. Ses fils plantèrent une graine magique en son honneur, et la plante qui naquit de cette graine est appelée l’Herbe du Diable (buruiana dracului) ou l’Encens du Diable (tamâia dracului). La pipe a également été créée par les enfants de Pâca ; à chaque fois que vous tirez dessus, c’est donc elle que vous vénérez.

Quelques sorts issus du Hoodoo

Comme évoqué plus haut, j’utilise essentiellement cette plante en offrande, en purification, pour induire un état altéré de conscience et pour communiquer avec les Dieux, Esprits, morts et/ou ancêtres à diverses fins. Mais voici quelques sorts trouvés chez Dr. Raven qui pourraient bien m’être utiles à l’avenir, soit en les reprenant en tant que tels, soit en les modifiant à ma sauce.

J’ai fait le choix de ne traduire qu’une partie de l’article d’origine, triant ce qui m’intéressait le plus (les sorts en lien avec la justice, j’espère ne jamais en avoir besoin ^^;;;).  Toutefois, j’aime beaucoup la conclusion de l’article : « tous ces sorts à l’ancienne montre la polyvalence du tabac […] dont la particularité est qu’il peut contrôler les situations comme les personnes. » Le tabac, allié pour avoir/reprendre le contrôle ? Encore un bon résumé, me semble-t-il, d’une plante utilisable dans bien des buts.

Traduction et adaptation personnelles.

Sort pour amener quelqu’un à vous contacter

Faire fondre un peu de cire d’abeille et l’étaler sur une surface non adhésive [ndt : comme une feuille de papier cuisson par exemple]. Répandre du tabac sur la cire, puis rouler une bougie brune dans le mélange ainsi réalisé, en la dirigeant progressivement vers vous et en appelant la personne visée par le sort. Allumer la bougie en continuant d’appeler la personne.

Une variante de ce sort est à lire chez Kid Smoking Conjurer (avec des photos en cadeau).

Sort pour convoquer l’Esprit d’un lieu

Pour communiquer avec l’Esprit habitant une maison, un arbre ou une forêt, faire brûler du tabac sur un charbon en appelant l’Esprit concerné. Expliquer à l’Esprit que le tabac est une offrande ; il viendra attiré par la fumée et s’y manifestera.

Sort pour dominer quelqu’un

Placer dans un pot le nom de la cible avec neuf épingles, du tabac, de la réglisse et du sel. Le secouer régulièrement en lune décroissante et la personne visée résistera de moins en moins.
[ndt : ce sort me semble également adaptable pour un travail sur soi : dominer une peur, une émotion, un point faible… A réfléchir et à tester.]

Sort pour influencer les rêves de quelqu’un

Travailler pendant le sommeil de la personne visée. Brûler un mélange de tabac et d’anis en encensant le nom ou la photo de la personne, et interpeller son esprit, en expliquant ce dont on souhaite qu’il rêve ou à quoi il doit penser.

[ndt : à nouveau, une adaptation pour travailler sur ses propres rêves me semble franchement opportune.]

Sort pour obtenir la bénédiction de l’Esprit des Carrefours avant un voyage

Se rendre à un carrefour avec deux cigares et une bouteille de whisky. Placer les deux cigares en croix pour former un X, et appeler l’Esprit. Expliquer que les cigares sont une offrande et qu’on souhaite la bénédiction pour le voyage qui va être effectué. Ouvrir la bouteille d’alcool et offrir une libation tout en continuant à communiquer avec l’Esprit pendant un moment. Une fois le rite terminé, quitter les lieux sans se retourner.

Trouvé chez Augustine

 

Chez My Secret Hoodoo, on trouve la recette -toute simple- de l’huile de tabac, à utiliser – d’après l’auteur- notamment sur les bougies noires, et/ou pour les sorts en lien avec la communication ou la domination. Cela me semble une bonne alternative pour ceux qui ne supporteraient pas le tabac fumé ou fumigué, lorsqu’on ne peut pas enfumer un lieu pour x raison, et encore un bon outil pour enduire les bougies consacrées à certaines divinités dans une intention particulière. Je compte en mettre à macérer à la prochaine lune noire, rendez-vous dans quelques semaines pour les premières impressions.

Emplir une fiole d’une bonne quantité de tabac et recouvrir largement de l’huile de base de votre choix. Conserver la fiole jusqu’à six semaines dans un lieu sombre et frais. Si l’huile ne brunit pas, c’est qu’il n’y a pas assez de tabac pour la quantité d’huile. [ndt 1: penser à utiliser du tabac de bonne qualité, un tabac biologique me semble tout indiqué, et oui, ça se trouve aussi chez certains buralistes en France 🙂 ndt 2 : une goutte de vitamine E évitera à l’huile de rancir.]