Arin Murphy-Hiscock – Rituel de protection du foyer

Tiré de « The Way of the Hedgewitch », d’Arin Murphy-Hiscock
Traduction personnelle

Au préalable, préparer l’huile de protection suivante :

Ingrédients :

  • une cuillère à soupe d’huile de base (olive convient très bien)
  • trois pincées de sel
  • un clou de girofle
  • une feuille de sauge

Mettre tous les ingrédients dans une bouteille. Pensez à mettre une étiquette indiquant la contenance, la date de réalisation, le but. Placez la bouteille au soleil, et laissez infuser au moins neuf jours.

Pour utiliser cette huile, trempez-y votre doigt et tracez une ligne en travers ou autour du lieu que vous voulez sceller.

Le rituel

Ce rituel permet non seulement de purifier le seuil du foyer, mais il le charge également de pouvoir, de sorte qu’il fonctionne comme un filtre pour laisser entrer l’énergie positive dans la maison, tout en gardant les énergies perturbatrices à l’extérieur.

Ceci permet de créer une barrière protectrice permanente sur le seuil de votre habitat. Si votre foyer dispose de plus d’une entrée utilisée régulièrement, réalisez ce rituel d’abord au niveau de l’accès principal, puis au niveaux des accès secondaires.

Matériel :

  • une tasse d’eau
  • une demi-tasse de vinaigre
  • une cuillère de sel
  • une cuillère de jus de citron
  • un bol ou autre contenant
  • une serpillère ou éponge
  • un smudge de sauge, ou de la sauge qui sera brûlée sur un charbon (prévoir un encensoir ou une coupelle)
  • un briquet ou allumettes
  • l’huile de protection
  • trois têtes d’ail

Mélangez l’eau, le vinaigre, le sel et le jus de citron dans un bol. Avec la serpillère/éponge trempée dans ce mélange, nettoyez la porte d’entrée et le seuil. Frottez consciencieusement de chaque côté du seuil et de la porte.

Allumez la sauge et passez-la dans l’encadrement de la porte, afin de bien « smudger » ce lieu de passage. Déposez la sauge dans l’encensoir afin qu’elle continue de fumer et de purifier l’entrée pendant tout le reste du rituel.

Trempez votre doigt dans l’huile de protection et tracez une ligne continue tout autour de l’encadrement de porte extérieur. Si nécessaire, trempez votre doigt plusieurs fois dans l’huile, mais reprenez exactement là où vous vous êtes arrêté, ou repassez sur quelques centimètres déjà tracés pour être certain de bien sceller tout le contour. En traçant la ligne, prononcez la formule suivante :

Qu’aucun mal ou maladie ne franchisse ce palier
Par cette ligne tracée, je les empêche d’entrer
Mon foyer est sacré et protégé.

Trempez  votre doigt à nouveau dans l’huile. Du côté intérieur de votre encadrement de porte, placez votre doigt dans le coin supérieur gauche, et tracez dans l’air une ligne bien droite, en biais, jusqu’au coin inférieur droit. Encore une fois, trempez votre doigt dans l’huile, et tracez une ligne identique du coin supérieur droit jusqu’au coin inférieur gauche. Une dernière fois, trempez votre doigt dans l’huile, placez-le sur l’encadrement, au centre, au-dessus de la porte, et tracez une ligne verticale descendant jusqu’au milieu du pas de porte. En traçant cette dernière ligne, répétez :

Qu’aucun mal ou maladie ne franchisse ce palier
Par cette ligne tracée, je les empêche d’entrer
Mon foyer est sacré et protégé.

Le symbole ainsi tracé est un hexefus, ou une combinaison des runes Isa (ligne verticale) et Gebo (un X). Gebo représente les échanges d’énergie ou d’objets, tandis qu’Isa représente un état statique (on peut la traduire par « glace »). Ce sceau runique permet de « geler » l’état de votre foyer et de vos possessions, et de les protéger des intrusions, physiques ou autres.

Prenez enfin les trois têtes d’ail. Touchez chacune d’elles avec votre doigt trempé dans l’huile. Enterrez-les près du seuil de votre maison, ou le plus près possible. Idéalement, enterrez-en une à chaque extrémité du seuil, et la troisième au milieu. En faisant cela, dites une dernière fois :

Qu’aucun mal ou maladie ne franchisse ce palier
Par cette ligne tracée, je les empêche d’entrer
Mon foyer est sacré et protégé.

Si le besoin s’en fait ressentir, réalisez ce même rituel à chaque fenêtre. Enterrez alors une seule tête d’ail dans la terre sous chaque fenêtre.

Ndt : et pour les urban witches, pensez à enterrer vos trois têtes d’ail dans la terre d’une plante  en pot que vous placerez près de votre entrée 🙂

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Stephanie Woodfield – Rituel de bannissement avec la Washer at the Ford

Rituel proposé dans son livre « Celtic lore and spellcraft of the dark goddess – Invoking the Morrigan »
Traduction et adaptation personnelles

Pour consulter le sommaire du livre sur Amazon, et pourquoi pas vous l’offrir  🙂
Un très bon article en français pour en savoir plus sur la Washer at the Ford

Bean Nighe, par Romantic Fae

Outils :

  • De l’encens de patchouli
  • Un bol ou chaudron assez large
  • Du thé aromatisé à la grenade
  • De l’eau chaude filtrée

Ce rituel est à réaliser dans sa salle de bain ou à l’extérieur si le temps le permet. Vous verserez de l’eau sur l’ensemble de votre corps, aussi plus le bol ou chaudron sera grand, mieux ce sera. Si vous ne pouvez pas trouver de thé de grenade, utilisez n’importe quel thé qui donnera une couleur d’un rouge profond à l’eau. Vous pouvez utiliser de l’hibiscus ou du thé à la fraise à la place, mais la grenade reste idéale en raison de son association avec le monde des morts.

Allumez l’encens et passez le bol à travers la fumée, en disant :

Au nom de la Reine Fantôme
Je bénis ce chaudron de transformation

Emplissez le chaudron avec les herbes ou les sachets de thé ainsi que l’eau chaude, puis asseyez-vous le temps que cela infuse pleinement, et méditez sur ce que vous voulez bannir de votre vie, ou sur les nouveaux commencements auxquels vous aspirez.

Quand l’eau est bien sombre, trempez vos mains dans le bol et faites tourbillonner l’eau. Imaginez que vous êtes la Lavandière du Gué (Washer at the Ford), lavant les restes de votre existence passée dans le chaudron de transformation, afin d’apporter du renouveau, une nouvelle phase et de nouveaux buts dans votre vie. Quand vous êtes prêt, appelez la Lavandière du Gué en disant :

Lavandière du Gué
Dame du changement
De la mort et de la renaissance
C’est toi qui nous guide au-delà des frontières de cette vie
Et nous mène à la guérison et au renouveau
Reine des Fantômes
A la fois vieille femme et jeune fille
Conduis-moi à la guérison
Je tourne une page de mon existence
Je me dépouille de l’ancien tel le serpent de sa peau
Et accueille le bon et le neuf
Lavandière Fantôme
Guide-moi à travers ce temps de changement !

Avec vos doigts, faites couler l’eau le long de votre corps, en visualisant votre ancien moi se détacher de vous, vous laissant ainsi pleinement renouvelé.

Lorsque vous sentez que le rituel touche à sa fin, remerciez la Lavandière du Gué et rendez l’eau restante à la terre.

La Magie des Rivières : charger des objets

Extrait de « the candle at the crossroads », de Orion Foxwood
Traduction et adaptation personnelles

Oshun, par Manuel Mendive

Une autre forme de travail en collaboration avec la rivière qu’on m’a appris est le baptême ou chargement [ndlt : l’auteur parle de « in-spirit », qui pourrait se traduire par « insuffler l’esprit »] de sacs, statues, médaillons, et autres objets magiques, à l’aide de l’eau vive du courant. Une fois de plus, on perçoit le lien entre rivières, cours d’eau, criques, courants, et magie ou mouvement du pouvoir de l’esprit.

Si l’objet est béni dans l’intention d’éloigner quelque chose comme une malédiction, mettez-vous dos au courant, afin de voir l’eau s’éloigner de vous, et demandez à Dieu de remplir le courant avec Son pouvoir et de donner à la Dame le pouvoir de protéger et d’éloigner le mal. Demandez à la Dame de recevoir ce pouvoir et d’en charger l’objet. Une fois que vous sentez le pouvoir bien présent, trempez votre main dans l’eau qui s’éloigne de vous et aspergez l’objet par trois fois. On m’a appris à dire « au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit », mais vous pouvez sceller cette pratique comme bon vous semble.

Si l’objet est béni dans l’intention d’apporter quelque chose à son détenteur, procédez de la même façon, mais en faisant simplement face au courant.

Lorsque votre travail est  terminé, priez toujours afin que Dieu, le Créateur, ou l’Esprit bénisse ce cours d’eau et sa Dame.

La Magie des Rivières : un charme de libération et d’attraction

Extrait de « the candle at the crossroads », de Orion Foxwood
Traduction et adaptation personnelles

On m’a appris que les rivières et les cours d’eau en général étaient de puissants lieux de passage vers le monde des esprits. Ils sont constitués de ce que nous nommons de « l’eau vivante », et utilisés pour les baptêmes (pas uniquement chrétiens), la conjuration de nouveaux chemins, et le chargement d’objets comme des spirit bags [ndlt : qu’on pourrait traduire par sacs-esprits ?]. […]

Depuis mon enfance, on m’a raconté qu’il existe un puissant esprit de la rivière, que nous appelons simplement la Dame de la Rivière. Elle peut donner ou prendre la vie, selon si on fait face ou non à son courant, qui charrie de grandes forces avec lesquelles nous pouvons travailler.

Avant de commencer à travailler avec un cours d’eau en particulier, je recommande de faire la chose suivante : trouvez une petite crique ou un endroit où vous pourrez aisément et sans danger traverser la rivière ; présentez vous à la Dame, et offrez-lui du miel (en le versant dans l’eau) pour adoucir ses eaux. Puis, utilisez un outil [ndlt : pendule, tarot, ou votre intuition !] qui vous permettra de savoir si Elle désire travailler avec vous. Une fois que vous avez obtenu une réponse positive, ou que vous avez trouvé un autre cours d’eau avec lequel coopérer, vous pouvez faire le travail suivant :

  • Décidez ce que vous désirez recevoir dans votre vie, ou ce que vous voulez travailler
  • Identifiez les forces ou situations qui empêchent votre progression et qui doivent être débloquées. Ne vous focalisez pas sur des personnes, mais plutôt, s’il s’agit de relations à défaire, concentrez-vous sur la sensation d’enchevêtrement que vous souhaitez voir disparaître.
  • Demandez à la Dame de la Rivière de défaire ce blocage dans votre vie
  • Entrez dans l’eau, avec vos bras croisés sur votre poitrine, en tournant le dos au courant. Puis, lorsque vous parvenez au centre du courant, ouvrez vos bras et laisser l’eau emporter avec elle toute influence négative. Si cette influence vous a fait souffrir, ou si elle a eu une quelconque importance pour vous, il est probable que vous vous mettiez à pleurer. Si cela arrive, offrez vos larmes à la Dame, cela accroîtra le pouvoir de votre travail.
  • Lorsque vous vous sentez libéré, traversez la rivière jusqu’à la rive opposée, les bras le long du corps, tout en remerciant la Dame.
  • Une fois sur l’autre rive, méditez sur ce que vous souhaitez recevoir à la place de ce dont vous venez de vous libérer.
  • Puis, retournez dans l’eau, cette fois-ci en faisant face au courant ; au centre, ouvrez grand vos bras afin d’accueillir du nouveau dans votre vie, et demandez-le à la Dame.
  • Une fois que vous vous sentirez touché par sa bénédiction, refermez vos bras comme pour mieux l’accueillir.
  • Retournez sur la rive où votre pratique a débuté. Ressentez de la gratitude envers la Dame, et recherchez une pierre que vous pourrez emporter avec vous et qui vous rappellera Son pouvoir.
  • Versez un peu de lait dans le courant afin d’accroître le pouvoir fertile et nourricier de la Dame. Puis repartez, et laissez le pouvoir agir.

Down by the riverside

J’ai toujours vécu à proximité d’une rivière.

 Enfant, celle qui passait derrière mon village marquait pour moi la frontière entre la civilisation et le monde sauvage. Dès que le temps le permettait, j’y errais pieds nus à ramasser des cailloux et à attraper des têtards ; sur ses berges, j’ai appris à reconnaître quelques arbres et plantes qui sont toujours parmi mes favoris. Croyez-moi, c’était le plus bel endroit sur terre.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la Wicca, à la sorcellerie et aux néo-paganismes (dans un joyeux gloubi-boulga, oui oui ^^), comme c’est le cas pour beaucoup d’entre nous je pense, la méditation a été la première pratique vers laquelle je me suis tournée. Le hasard a fait que je déménage dans un faubourg de ma ville que je connaissais à peine, et à moins de 500 mètres de chez moi, alors que je vivais à côté d’un supermarché et au milieu d’immeubles plus gris les uns que les autres, coulait une autre rivière, miraculeusement coupée du tumulte urbain, au milieu de roseaux, d’aulnes et de saules (avec aussi quelques boulets qui venaient promener leur chien ou boire des bières, mais chhttttt, c’est déjà oublié) . Elles est devenue – ainsi que tout son environnement – une formidable alliée pour méditer pendant plusieurs années. Le bruit de l’eau, sa fraîcheur, ses reflets, sont autant d’éléments qui nettoient l’esprit et permettent de l’apaiser, le préparent et l’accompagnent dans un travail spirituel … Je ne vous apprends rien 🙂

J’ai encore déménagé il y a un an [article publié le 22 février 2015], dans un village ; et là encore, la rivière est à deux pas. On se connaît déjà, c’est la même que la précédente, juste plus rurale (ya moins de boulets et encore plus de vert, hourra !). Ma pratique à ses côtés s’est encore développée au fil du temps, j’avais envie de partager ici à ce sujet. Je l’aime d’amour, je vous jure.

Tisser des liens

Rien de fou pour cela, soyez simplement sincère et patient. Pensez aux offrandes bien sûr ; mais surtout, passez du temps auprès d’elle. Apprenez à la connaître. Parlez-lui. Écoutez-la. Soyez attentif aux arbres et aux plantes qui la bordent, aux oiseaux et animaux qui les fréquentent. Chantez. Peut-être vous soufflera-t-elle son nom … Pensez à lui glisser le vôtre 🙂

Nema, dans son ouvrage « Maat Magick » dont j’ai déjà traduit un extrait ici, propose un petit rituel qui s’adresse au Gange, et qui m’a inspiré quand j’ai commencé à travailler plus consciemment avec la rivière proche de chez moi :

« Oraison au Gange. J’utilise celle-ci dans toutes les circonstances où je suis au contact de l’eau, lorsque je bois, lorsque je me lave les mains, lorsque je lave ma vaisselle, mes vêtements, le sol… Quand je traverse un pont au-dessus d’une rivière ou d’un cours d’eau, quand je prends un bain ou une douche, quand je nage, etc.

« Salut à toi, ô Mère Gange, qui coule pour l’éternité autour du monde et retourne toujours à ta source. Purifie-nous alors que je te prie, dans le perpétuel rituel qu’est la vie. Hare hare Ganga. »  » [traduction personnelle]

Je ne me suis personnellement pas adressée au Gange mais directement au cours d’eau qui coulait près de chez moi ; comme bien souvent je ne me suis pas gênée pour adapter la forme ; quoiqu’il en soit, le fond est resté le même, et le travail constant et conscient avec l’élément aquatique, en lien avec « ma » rivière, a vraiment renforcé notre relation.

Pratiquer

 Des choses simples, très simples… Mais j’ai mis du temps à les concevoir/percevoir, alors peut-être ces quelques idées pourront-elles vous inspirer !

* Méditation : Une de mes enseignantes de yoga compare toujours le flot de pensées à des nuages, qu’il faut apprendre à laisser passer dans son ciel intérieur sans les retenir, sans se focaliser dessus… Au bord de l’eau, je demande à la rivière de les emporter dans son cours. Le chant de l’eau facilite grandement le lâcher prise… Même si vous bloquez, le courant finit par être plus fort. Essayez, c’est magique 🙂

* Introspection : l’Esprit de ma rivière me montre un visage changeant ; il est parfois léger, parfois sombre, d’autre fois totalement insaisissable à première vue. J’ai mis du temps à comprendre qu’en réalité, la rivière agit pour moi comme un miroir ; ce que j’en perçois, le visage qu’elle choisit de revêtir, les visions qu’elle m’offre… me renvoient un reflet de moi-même, de mon état intérieur… Et son courant me dépouille de tout artifice superflu, me rendant plus « lisible » à mes propres yeux. Plongez votre regard dans l’eau et voyez ce qu’elle a à vous révéler. Chez vous, vous pourrez également utiliser un miroir que vous aurez lavé avec l’eau de la rivière.

* Purification : Asseyez-vous au bord de l’eau, déposez vos outils, pierres, bijoux dans le courant ; lavez vos mains, vos pieds… Comme vous le sentez, selon votre intention (après une longue marche ou avant un rituel elle ne sera pas forcément la même). Difficile de trouver plus simple comme mode d’emploi, non ? 🙂 Gardez simplement à l’esprit, constamment, le mouvement de l’eau, qui emporte loin (loin, loin…) ce dont vous souhaitez être purifié. Ce type de purification me semble parfaitement indiqué avant un rite dans lequel on fera appel à des entités locales.

* Transformation : Observez l’eau de la rivière ; voyez comme elle s’adapte aux remous, franchit les obstacles, avec fluidité et dans un renouvellement constant. Elle poursuit sa route en dépit de tout, et adapte son flot à son environnement. La simple contemplation de ces phénomènes pourra vous inspirer dans votre propre avancée. Imprégnez-vous du mouvement perpétuel de l’eau ; utilisez-la en onction sur votre corps et demandez-lui de vous insuffler son pouvoir de transformation et d’adaptation, pour vous permettre de poursuivre votre cours ; baignez-y  vos talismans pour les charger de ces énergies mouvantes. Vous pouvez également rapporter une fiole chez vous pour vos travaux, mais attention : non seulement l’eau croupit facilement, mais surtout, enfermée de manière statique dans un bocal, elle perd de son tempérament … A utiliser rapidement donc 🙂

* Bannissement : J’ai expérimenté à deux reprises un petit rite de bannissement qui s’est montré assez efficace (bien qu’aux conséquences un peu weird la seconde fois !) ; préparez une poudre de bannissement (pour ma part, j’ai utilisé un mélange de sel, d’ortie, d’épines de prunellier réduites en petits morceaux, de molène et d’achillée, mais les combinaisons peuvent être variées, fouillez sur le net pour trouver des idées) ; rendez vous au bord de la rivière, expliquez-lui ce dont vous souhaitez vous débarrasser et pourquoi, demandez-lui de vous aider. Pensez à présenter une offrande. Si votre demande est acceptée, procédez comme suit : tournez le dos à l’eau ; en tenant la poudre dans votre main, concentrez-vous sur ce que vous souhaitez bannir, nommez cette chose (travailler sur un sigil vocal et/ou visuel pourra être un bon préalable) et jetez en même temps la poudre dans l’eau, par-dessus votre épaule. Laissez s’éloigner ce qui doit partir. Remerciez la rivière et partez sans vous retourner.

Je suis sûre que pour la réalisation d’un vœu, d’un but à atteindre, la rivière pourra aussi se montrer une alliée précieuse. Je n’ai pas encore eu l’occasion de composer quelque chose dans ce goût-là mais j’éditerai l’article si le moment se présente 😉

* Libation : Daniel Schulke, dans son « Viridarium Umbris », suggère d’utiliser l’eau des rivières (ou de n’importe quel cours d’eau) en guise de libation, offerte au sol, avant toute pratique sorcière. Le fait qu’elle soit une eau mouvante ferait d’elle une libation toute indiquée – et plus le courant sera fort, mieux ce sera. Je ne l’ai pas encore fait, mais puisque je viens tout juste de le lire il y a quelques jours, je partage l’idée 🙂 Elle me semble bien à propos dans un travail avec des esprits locaux.

* Préparation : ajoutez l’eau de votre cours d’eau à une préparation qui sera ajoutée à vos bains, utilisée au cours de vos rituels … C’est ce que font les pratiquants du Lucumí dans l’omiero .

Prières pour Oshun

O ma mère Oshun, reine des rivières et des cours d’eau.
O ma mère Oshun, entends nos prières.
Près de la chute d’eau se trouve une petite grotte,
Près de la chute d’eau se trouve un petit banc doré.
Près de la chute d’eau, ma mère Oshun vient souvent se reposer.

Source, traduction personnelle 

Oshun est essentiellement connue comme l’Orisha de l’amour, de la sensualité et de la fertilité, associé aux rivières et aux cours d’eau. C’est d’ailleurs ce dernier trait qui m’a d’abord conduit vers elle il y a quelques mois, avec l’idée d’explorer de nouvelles pratiques en lien avec l’eau. Au fil du temps, je l’ai découverte bien plus complexe que ce que j’imaginais de prime abord. Pourvoyeuse d’espoir, de joie, d’abondance, mais aussi féroce guerrière, magicienne, consolatrice et conseillère. Sous sa légèreté faite de danses et de chants, de sourires enjôleurs et de caresses, d’eau limpide et chantante, je sens une incroyable profondeur, dans laquelle l’eau nettoie et fertilise autant qu’elle peut noyer. Ses « chemins » (concept assez proche de celui d’avatar) témoignent de sa complexité, puisqu’elle est tour à tour Moro la sensuelle, Aña la magicienne détentrice du tambour, ou encore Awé, celle qui veille sur les défunts aux côtés d’Oya.

Même si je lui ai consacré un autel depuis quelques temps, je ne la sens jamais aussi proche de moi que lorsque je passe quelques instants au bord de l’eau. Ce que j’aime, c’est que tout en étant une « divinité » venue « de loin », je la sens palpable, complètement dans « l’ici et maintenant », dans un contact vraiment similaire à celui que j’ai avec les esprits des lieux ou des plantes ; c’est une relation ancrée dans la chair et qui se vit complètement dans le corps – ou pour être plus précise, dans le »fetch », pour reprendre une terminologie Feri.

A place in the sun, par Sarah Golis

Et donc, nous disions… ? Ah oui, des prières. Maria-Alba Valdès, dans « Magie des Caraïbes et Santeria », en partage une  que voici :

Mère, Maîtresse du Fleuve, du monde où tout fils de saint va se baigner pour recevoir la bénédiction de l’eau douce, pour obtenir bonheur et réussite, femme qui danse avec sa jupe et ses cinq étoles, jolie reine pleine de rires et de joie, mais dont les hommes doivent se méfier, car elle est bien mystérieuse quand elle est en colère, femme dangereuse, messagère d’Olofi. Merci.

Et puis une autre, trouvée sur internet et adaptée depuis l’anglais par mes soins :

Louange à l’Orisha du mystère
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Louange à l’Orisha des rivières
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Louange à l’Orisha de la séduction
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Mère du miroir,
Mère de la danse,
Mère de l’abondance,
Nous chantons ta louange.
Ashé-O.

On peut également appeler Oshun avec la salutation qui lui est consacrée : Ore yeye o ! (qu’on peut traduire approximativement par : salutations, Mère d’abondance !). Oshun aime les danses et les chants, aussi j’aime beaucoup fredonner cette petite formule sur un air improvisé pendant que je procède à mes offrandes.

L’Omiero

Ça fait quelques mois [article publié à l’origine le 10 octobre 2015] que les cultes afro-caribéens s’invitent dans ma spiritualité. Par la rivière est arrivée Oshun, par les eaux profondes et les étoiles, Yemanja, et puis petit à petit, d’autres esprits et des pratiques s’installent. J’avance à tout petits pas, de manière assez intuitive et très personnelle, et je découvre plein de choses que j’ai envie de partager ici. La première sera l’omiero, qui parle particulièrement à l’amoureuse des plantes et des potions que je suis.

L’omiero est une infusion utilisée dans de nombreux rituels de la Santería (ou Lucumí), et notamment dans toutes les cérémonies d’initiation. On l’utilise également pour se purifier (bains, onction, eau de lavage du sol…), laver les représentations physiques (pierres, statues, attributs…) des Orishas, les cauris utilisés en divination, ou encore les bijoux à valeur spirituelle comme les colliers de perles consacrés aux Orishas, appelés Elekes.

La préparation se fera en fonction de l’intention du rituel, mais surtout de l’Orisha auquel on compte faire appel au cours de celui-ci, puisque, par le jeu des correspondances, il ou elle déterminera les plantes à utiliser. Comme l’infusion contient de nombreuses herbes, on dit souvent que lorsqu’on prépare de l’omiero, on « fait Osain », d’après le nom de l’Orisha des plantes.

D’après ce que j’ai pu lire, la préparation est longue est complexe, particulièrement ritualisée – elle s’accompagne notamment de nombreux chants et prières, de préférence en langue yoruba -, et doit en principe être réalisée par un religieux. Les recettes sont bien entendu jalousement gardées. Je n’aurais donc pas la prétention de partager ici LA recette de l’omiero 😉

Cependant, d’après Maria-Alba Valdés, dans « Magie des Caraïbes et Santeria », on fabrique généralement l’omiero de la façon suivante :

Dans un grand récipient, verser :
* de l’eau bénite (certainement par un prêtre Lucumi, pour ma part je fais la mienne)
* des eaux de différentes provenances (eau de mer, eau de pluie, eau de rivière…)
* du vin, de l’eau-de-vie

Ajouter :
* un charbon ardent
* du miel
* du beurre de cacahuètes
* des pétales de pivoine
*du piment
* les herbes choisies en fonction de l’Orisha (ou des Orishas) auquel on fait appel

Sur internet, j’ai également trouvé mention d’huile de palme, de beurre de cacao, ou encore de cascarilla (poudre de coquille d’œuf). Les plantes, de préférence fraîches, doivent être réduites en morceaux, déchirées à la main, dans l’eau, ou pendant que l’eau est versée ; la préparation peut ensuite bouillir pendant plusieurs minutes, et toute l’opération s’accompagnera comme mentionné plus haut de chants et prières sacrés.

Image trouvée sur Tumblr

On pourra bien sûr choisir le jour, l’heure, le nombre de plantes en fonction de l’Orisha (par exemple, cinq plantes pour Oshun, le lundi pour Elegua …) et de l’intention rituelle.


Ce qui m’a particulièrement interpellé – et m’a donné envie de partager tout ça – est l’usage d’eaux de différentes provenances. Que ce soit dans le rituel des eaux du monde de Starhawk ou dans certaines expériences rituelles vécues en groupe ou de manière plus solitaire, c’est une pratique que je trouve particulièrement puissante, qui nourrit autant le rituel que les esprits appelés ou les participants. Autant dire que j’ai été agréablement surprise de découvrir cet usage plus traditionnel d’un mélange d’eaux, qui inspirera sans doute mes tambouilles à venir – et peut-être les vôtres 😉