Stephanie Woodfield – Rituel de bannissement avec la Washer at the Ford

Rituel proposé dans son livre « Celtic lore and spellcraft of the dark goddess – Invoking the Morrigan »
Traduction et adaptation personnelles

Pour consulter le sommaire du livre sur Amazon, et pourquoi pas vous l’offrir  🙂
Un très bon article en français pour en savoir plus sur la Washer at the Ford

Bean Nighe, par Romantic Fae

Outils :

  • De l’encens de patchouli
  • Un bol ou chaudron assez large
  • Du thé aromatisé à la grenade
  • De l’eau chaude filtrée

Ce rituel est à réaliser dans sa salle de bain ou à l’extérieur si le temps le permet. Vous verserez de l’eau sur l’ensemble de votre corps, aussi plus le bol ou chaudron sera grand, mieux ce sera. Si vous ne pouvez pas trouver de thé de grenade, utilisez n’importe quel thé qui donnera une couleur d’un rouge profond à l’eau. Vous pouvez utiliser de l’hibiscus ou du thé à la fraise à la place, mais la grenade reste idéale en raison de son association avec le monde des morts.

Allumez l’encens et passez le bol à travers la fumée, en disant :

Au nom de la Reine Fantôme
Je bénis ce chaudron de transformation

Emplissez le chaudron avec les herbes ou les sachets de thé ainsi que l’eau chaude, puis asseyez-vous le temps que cela infuse pleinement, et méditez sur ce que vous voulez bannir de votre vie, ou sur les nouveaux commencements auxquels vous aspirez.

Quand l’eau est bien sombre, trempez vos mains dans le bol et faites tourbillonner l’eau. Imaginez que vous êtes la Lavandière du Gué (Washer at the Ford), lavant les restes de votre existence passée dans le chaudron de transformation, afin d’apporter du renouveau, une nouvelle phase et de nouveaux buts dans votre vie. Quand vous êtes prêt, appelez la Lavandière du Gué en disant :

Lavandière du Gué
Dame du changement
De la mort et de la renaissance
C’est toi qui nous guide au-delà des frontières de cette vie
Et nous mène à la guérison et au renouveau
Reine des Fantômes
A la fois vieille femme et jeune fille
Conduis-moi à la guérison
Je tourne une page de mon existence
Je me dépouille de l’ancien tel le serpent de sa peau
Et accueille le bon et le neuf
Lavandière Fantôme
Guide-moi à travers ce temps de changement !

Avec vos doigts, faites couler l’eau le long de votre corps, en visualisant votre ancien moi se détacher de vous, vous laissant ainsi pleinement renouvelé.

Lorsque vous sentez que le rituel touche à sa fin, remerciez la Lavandière du Gué et rendez l’eau restante à la terre.

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Hekate Trioditis

 Source
Traduction et adaptation personnelles.

Aujourd’hui, d’après le Calendrier Attique, est le jour de Hekátês Deipnon, du Souper d’Hekate ; de Celle qui est Despoina Trioditis, la Dame des Trois Voies, des carrefours ; et en ce jour, je réfléchis tout particulièrement à son rôle dans la thrêskeía Pythagóreia, une codification de l’hellénisme.

Peut-être Sa qualité essentielle réside dans Sa description comme Trioditis ou Trimorphis, mots qui signifient respectivement « des trois voies » et »à triple forme ». Il est assez peu surprenant, de ce fait, que dans une expression exotérique de l’hellénisme, Hekate (en latin, « Trivia », des Trois Voies) soit perçue comme la Déesse qui veille aux carrefours, et soit honorée en ces lieux. Néanmoins, d’un point de vue ésotérique, la Dame des Carrefours n’est pas réduite au patronage des intersections de chemins de campagne ; elle est la patronne des Carrefours Cosmiques – c’est-à-dire qu’Elle personnifie l’intersection entre les trois domaines de l’existence : le domaine céleste, le domaine sublunaire, et le domaine chthonien. Ainsi, on dit que Hekate gouverne les Cieux (domaine céleste), la Terre (domaine chthonien), et la Mer (domaine sublunaire) ; en ce sens, Hekate peut être perçue comme un carrefour métaphysique, une autoroute reliant les trois domaines, et de ce fait, une alliée extraordinaire pour tous ceux qui aspirent à l’Union Divine.

Hekate incarne également les paradoxes sur lesquels un tel aspirant doit travailler pour réaliser son union avec le Divin. Dans un hymne orphique, il est dit qu’une de ses faces « favorise le bouvier »,  ce qui est une métaphore désignant l’aspirant qui travaille avec le Taureau du Savoir, qui, tel Zeus emportant Europe au-delà de la Mer Égée, porte l’aspirant vers l’Henosis, l’union avec la Source du Divin ; un autre de Ses visages est dit capable « d’éveiller les passions bestiales » (Hymne à Athéna de Proclus), ce qui doit être vaincu par la hache d’Athéna. Malgré cela, Elle est aussi « la Mère des Dieux… Hekate la protectrice, à la grande force » (Hymne à la Mère des Dieux et à Ianus-Zeus de Proclus). Dans la religion démotique, Hekate préside à l’obscurité et aux pratiques occultes profanes ; Elle est une déesse tutélaire de la sorcellerie et de la goétie. Pourtant, simultanément, Elle est invoquée par ceux qui craignent le mauvais oeil des sorciers, et les représentations d’Hekate sont placées aux entrées des maisons afin d’empêcher toute malédiction d’y entrer.

Ainsi, Hekate trouve sa place dans les trois domaines de l’existence ; Elle siège comme Mère des Dieux, la Grande Mère Apeiria, Psyché, épousant le divin Logos d’Eros-Zeus, permettant aux idées de s’incarner. Mais Elle est aussi la chthonienne, l’Autre du monde sauvage, Artémis la Vierge. En creusant un peu, on la découvre procréatrice, dans l’ici bas, des nombreux chemins issus de l’Un. Voilà pourquoi Hekate est si étroitement liée à la Voie de « l’Ascension » ; dans son aspect le plus « bas », Elle est un Daimon inconstant et  imprévisible, tandis que dans son aspect le plus « élevé », Elle en est l’exact contraire. La Dame des Carrefours incarne les Carrefours – Elle est l’Ascension, et Ses visages sont des barreaux de l’échelle qui mène vers Elle, et sont des modèles, des guides divins, pour celui qui aspire à s’élever vers le Divin.

Le Souper d’Hekate marque la fin de chaque mois lunaire dans le Calendrier Attique ; on l’appelle aussi  Henê-kai-Néa, l’Ancien et le Nouveau ; il est un carrefour temporel. Un tel moment est propice à célébrer Despoina Trioditis ; nous laissons derrière nous ce qui doit être quitté, et nous avançons vers un nouveau territoire. Avec le lever de Séléné et l’aube nouvelle, puissions nous percevoir le reflet de la Déesse des Trois Voies sur la route vers le Divin qu’Elle nous révèle.

Octavio Paz – Olin

Tiré du recueil « Liberté sur parole », paru chez Poésie/Gallimard, édition de 1971, p.177.

Hécate, par Genevieve Amelia

[…] vie et mort
pactisent en toi, dame de la nuit,
tour de clarté, reine de l’aube,
vierge lunaire, mère de l’eau-mère,
corps du monde, maison de la mort,
je tombe sans fin depuis ma naissance,
je tombe en moi-même sans toucher mon fond,
recueille-moi dans tes yeux, rassemble la poussière
dispersée et réconcilie mes cendres,
rattache mes os séparés, souffle
sur mon être, enterre-moi dans ta terre,
que ton silence donne la paix à la pensée
contre elle-même dressée […]

Extrait du Devîmâhâtmya – Célébration de la Grande Déesse

Par Toi le monde fut créé ; c’est Toi qui le soutiens, c’est Toi qui le protèges, et c’est Toi qui le manges à la fin, éternellement.
Lors de la création,
Tu prends la forme créatrice ;
Et quand il faut garder le monde,
Ta forme est celle de la vie ; quand vient la fin, on Te voit comme Destruction ; et pourtant Tu t’identifies à l’Univers !
Science, Magie,
Sagesse et Tradition ;
Tu es aussi l’Égarement,
A la fois Déesse et Démone !
Toi, la Nature,
Par qui les Eléments s’ordonnent,
Tu es la Nuit-des-temps, la Grande Nuit,
L’épouvantable Égarement !
Tu es Splendeur, tu es la Souveraine, la Pudeur, et l’Intelligence !
L’Éveil est ta parure, Humilité, Prospérité, Satisfaction, Apaisement, Patience !
Tels sont Tes noms !

Traduit du sanskrit par Jean Varenne, 1975

Tradition dianique – Bénédiction pour soi

Ceci est une traduction et adaptation personnelle d’un rituel de bénédiction associé à une onction des différentes parties du corps, à réaliser sur soi-même. Je me suis inspirée en partie d’une traduction proposée sur Les Portes du Sidh, et, pour l’essentiel, d’un texte issu de la tradition dianique

Pour l’onction, il est possible d’utiliser différentes choses, selon votre intention : eau lustrale, eau et sel, eau et vin, huile … Pour ma part, j’apprécie particulièrement l’usage d’une huile parfumée consacrée à cet effet, mais selon les envies et besoins du moment, il m’arrive de faire usage d’une eau de source chargée d’énergie lunaire, ou d’eau de rose 🙂 Bien entendu, j’invite les hommes à partager leurs propres versions de ce rite, destiné en priorité aux femmes …


Bénis-moi Mère, car je suis ton enfant.
Bénis mon esprit, qu’il soit toujours empli de Toi.
Bénis mes yeux, qu’ils soient ouverts sur toute la beauté et la magie
qui résident dans l’Univers, et en moi.
Bénis ma bouche, qu’elle chante et dise ma Vérité, fortement,
clairement, et avec conviction.
Bénis mes mains, qu’elles réalisent Ton œuvre et manifeste ma Volonté.
Bénis mon cœur, qu’il s’ouvre à tout l’Amour présent dans le monde.
Bénis ma poitrine, qu’elle berce et nourrisse toute Vie.
Bénis mon plexus solaire, la flamme dans mon ventre,
l’étincelle qui accomplit le Désir de mon cœur.
Bénis ma matrice, mon yoni, porte de la Vie,
pour le plaisir et pour la création.
Puissé-je créer comme Tu as créé,
quand tu as fait naître de Toi l’Univers tout entier.
Bénis mes jambes et mes pieds,
qui me portent fermement sur ma voie de Vérité.

Bénis-moi, et sois bénie.