Hekate Trioditis

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Traduction et adaptation personnelles.

Aujourd’hui, d’après le Calendrier Attique, est le jour de Hekátês Deipnon, du Souper d’Hekate ; de Celle qui est Despoina Trioditis, la Dame des Trois Voies, des carrefours ; et en ce jour, je réfléchis tout particulièrement à son rôle dans la thrêskeía Pythagóreia, une codification de l’hellénisme.

Peut-être Sa qualité essentielle réside dans Sa description comme Trioditis ou Trimorphis, mots qui signifient respectivement « des trois voies » et »à triple forme ». Il est assez peu surprenant, de ce fait, que dans une expression exotérique de l’hellénisme, Hekate (en latin, « Trivia », des Trois Voies) soit perçue comme la Déesse qui veille aux carrefours, et soit honorée en ces lieux. Néanmoins, d’un point de vue ésotérique, la Dame des Carrefours n’est pas réduite au patronage des intersections de chemins de campagne ; elle est la patronne des Carrefours Cosmiques – c’est-à-dire qu’Elle personnifie l’intersection entre les trois domaines de l’existence : le domaine céleste, le domaine sublunaire, et le domaine chthonien. Ainsi, on dit que Hekate gouverne les Cieux (domaine céleste), la Terre (domaine chthonien), et la Mer (domaine sublunaire) ; en ce sens, Hekate peut être perçue comme un carrefour métaphysique, une autoroute reliant les trois domaines, et de ce fait, une alliée extraordinaire pour tous ceux qui aspirent à l’Union Divine.

Hekate incarne également les paradoxes sur lesquels un tel aspirant doit travailler pour réaliser son union avec le Divin. Dans un hymne orphique, il est dit qu’une de ses faces « favorise le bouvier »,  ce qui est une métaphore désignant l’aspirant qui travaille avec le Taureau du Savoir, qui, tel Zeus emportant Europe au-delà de la Mer Égée, porte l’aspirant vers l’Henosis, l’union avec la Source du Divin ; un autre de Ses visages est dit capable « d’éveiller les passions bestiales » (Hymne à Athéna de Proclus), ce qui doit être vaincu par la hache d’Athéna. Malgré cela, Elle est aussi « la Mère des Dieux… Hekate la protectrice, à la grande force » (Hymne à la Mère des Dieux et à Ianus-Zeus de Proclus). Dans la religion démotique, Hekate préside à l’obscurité et aux pratiques occultes profanes ; Elle est une déesse tutélaire de la sorcellerie et de la goétie. Pourtant, simultanément, Elle est invoquée par ceux qui craignent le mauvais oeil des sorciers, et les représentations d’Hekate sont placées aux entrées des maisons afin d’empêcher toute malédiction d’y entrer.

Ainsi, Hekate trouve sa place dans les trois domaines de l’existence ; Elle siège comme Mère des Dieux, la Grande Mère Apeiria, Psyché, épousant le divin Logos d’Eros-Zeus, permettant aux idées de s’incarner. Mais Elle est aussi la chthonienne, l’Autre du monde sauvage, Artémis la Vierge. En creusant un peu, on la découvre procréatrice, dans l’ici bas, des nombreux chemins issus de l’Un. Voilà pourquoi Hekate est si étroitement liée à la Voie de « l’Ascension » ; dans son aspect le plus « bas », Elle est un Daimon inconstant et  imprévisible, tandis que dans son aspect le plus « élevé », Elle en est l’exact contraire. La Dame des Carrefours incarne les Carrefours – Elle est l’Ascension, et Ses visages sont des barreaux de l’échelle qui mène vers Elle, et sont des modèles, des guides divins, pour celui qui aspire à s’élever vers le Divin.

Le Souper d’Hekate marque la fin de chaque mois lunaire dans le Calendrier Attique ; on l’appelle aussi  Henê-kai-Néa, l’Ancien et le Nouveau ; il est un carrefour temporel. Un tel moment est propice à célébrer Despoina Trioditis ; nous laissons derrière nous ce qui doit être quitté, et nous avançons vers un nouveau territoire. Avec le lever de Séléné et l’aube nouvelle, puissions nous percevoir le reflet de la Déesse des Trois Voies sur la route vers le Divin qu’Elle nous révèle.

Robert Cochrane – A propos des Mystères

Extrait de « The Craft Today »
Traduction et adaptation personnelles

Toute pensée mystique est basée sur un principe majeur : la réalisation de la vérité, comme opposée à l’illusion. L’étudiant des « mystères » est avant tout un chercheur de vérité, ou, comme l’ont désigné les anciennes traditions, de « Sagesse ». La magie n’est qu’un effet secondaire de la quête de vérité, et détient une position inférieure à cette dernière. La magie, qui est le développement total de la volonté, est un produit de l’Âme dans sa recherche ultime de la connaissance. Elle émerge donc après coup, d’un cheminement bien plus vaste : force perçue en tâchant d’atteindre un but bien plus important dans l’exploration du soi, il faut être capable de l’appréhender. Aucune vérité ésotérique sincère ne peut être écrite ou formatée dans un cadre de pensée. La vérité, à ce degré, ne peut être sujette à quelque pensée empirique, elle devient seulement visible à l’individu observateur, et à ceux qui suivent un chemin similaire dans la perception.

A travers toute l’histoire de l’humanité, il y a eu des mythes, des écoles de pensée et des maîtres qui ont montré la voie pour atteindre une connaissance opérative de la pensée ésotérique et de la philosophie, en utilisant davantage l’inférence que la méthode directe pour enseigner quelque approche de la vérité cosmique. Le choix du secret de ces Maîtres n’a rien à voir avec une quelconque préservation des Mystères, puisque tout ce qui peut être dit à leur sujet a déjà été retranscrit dans le folklore, dans les mythes et les légendes. Ce qui n’est pas délivré, c’est leur explication.

Il a été reconnu que ces légendes, ces rituels et ces mythes ont constitué des routes traversant les nombreuses couches de la conscience jusqu’à cette zone de l’esprit où l’âme peut exister dans sa totalité. Ils sont, ainsi que les enseignements et les disciplines qui les accompagnent, ce que l’Occident décrit comme Mystères. Les Mystères sont, par essence, des moyens pour l’homme de percevoir sa propre divinité inhérente.

Tradition Feri – La prière à la Fleur

 La réflexion proposée est celle de Valerie Walker
Traduction et adaptation personnelles

Quelle est cette fleur au-dessus de moi ?
Et quelle est l’œuvre de ce Dieu ?
Je me connais dans toutes mes parties.

Voici la première prière à faire dans une pratique quotidienne. D’après Victor Anderson, elle vient de la Huna, et marque un premier pas dans la définition de ce que nous souhaitons accomplir, et dans quel but. En vous attardant sur sa signification, vous y verrez une paraphrase de l’énigme du Graal à laquelle Perceval a échoué, et qui a retardé sa conquête du Graal pendant si longtemps : « que signifie ces choses ? Et à quoi servent-elles ? ». Ceci est très significatif : chaque pratique quotidienne est un microcosme de la la Quête de Vision, la recherche de notre propre Saint Graal (as above, so below) ; c’est l’attention continue que nous portons à notre travail personnel qui nous conduit sur la voie vers notre Vraie Volonté.

La « fleur au-dessus de moi » est une belle vision de notre propre divinité. Si vous pouvez réellement voir qu’une partie de vous est également une partie de la Déesse, que vous êtes en partie de nature divine, cela vous conduira à vivre une vie emplie de respect envers vous-même – et envers les autres, puisque vous n’êtes pas le seul dieu dans le coin. Par ailleurs, vous rappeler que vous êtes aussi humain et mortel vous permettra de ne pas vous complaire dans l’autosuffisance, ce qui est arrive trop souvent à ceux qui suivent un cheminement spirituel.

« Quelle est l’œuvre de ce Dieu ? » En voilà une question, n’est-ce pas ? Une auto-analyse constante, une attention constante, un soin constant envers votre personne aux niveaux physique, mental et spirituel, vous mène à … Quoi ? Pas seulement à avoir un corps en bonne santé, bien nourri, bien exercé, épanoui sexuellement, ainsi qu’un mental vif et intéressant, empli de talent (bien que tout ceci soit de bonnes choses) ; c’est en réalité un moyen pour la Déesse d’œuvrer sur terre. Cette phrase me remémore les paroles de Victor Anderson : « Dieu est Moi, Je suis Dieu, et Dieu est une personne comme Moi. » L’œuvre de ce Dieu est l’œuvre de cet être humain ; peu importe ce qu’il est, il est toujours un rappel mondain de la nature transcendante de chaque acte ordinaire. Si je nettoie le sol, et le fait pour Hestia, bien plus que le sol sera nettoyé au cours de ce processus. Cora Anderson, alors que quelqu’un l’observait en train de couper des légumes avec un couteau rituel, expliqua : je ne suis pas en train de dé-consacrer le couteau ; je consacre les légumes. »

Sur son site personnel, le coven feri/vicia Mandorla propose de pratiquer cette prière de la façon suivante :

Visualisez votre Moi Divin flottant juste au-dessus de votre tête, comme une belle boule de lumière bleue. Vous pourrez peut-être sentir sa présence par quelques picotements au sommet de votre crâne.

Respirez profondément ; inspirez sur quatre temps, expirez sur quatre temps, afin de rassembler du Mana [Ndt : équivalent au Feu Bleu tel qu’on le nomme également dans la tradition feri ; on peut aussi le comparer au prâna, au qi, etc. C’est la Force Vitale par excellence]; lorsque vous sentirez que vous avez rassemblé une forte charge de Mana, inspirez profondément une dernière fois et dites la prière.

Après avoir dit la prière, basculez votre tête en arrière et soufflez profondément vers le haut. Vous relâchez ainsi le Mana, qui nourrit directement votre Moi Divin.

Après un moment, une partie de l’énergie bénie reviendra de votre Moi Divin, un peu comme une pluie légère et rafraîchissante.

Enfin, dites : « Puissent mes trois âmes être alignées. »

Marian Green – La Déesse paradoxale

Tiré de « A Witch Alone »
Traduction et adaptation personnelles.

 

Dame de la Triple Lumière mouvante,
Dont la forme est Terre, de nuit comme de jour,
Sur toi glisse l’éternel Océan,
Déesse silencieuse mais en mouvement perpétuel.

Lune, Moi-Sœur et Triple aspect de la Triple,
Vierge, Créatrice et Vieille,

Toi qui es Terre, et Lune, et Mer,
Mère de Tout, c’est Toi qui m’a forgée

De tes os sombres, de verdure et de chair,
Des eaux cristallines et du souffle tranquille du vent,
Tout vint de Toi, et est à présent moi
L’Esprit Éternel orné de ma fragilité.

Mais l’Infini réside au-delà de l’enveloppe
Une Lumière tombée d’une Étoile-Graine.

Déesse de Vie, d’Amour, de Paradoxe,
Gardienne des Clés qui ouvrent toutes les portes,
Déesse des Mystères, de la Terre et des Cieux,
Je T’en prie réponds-moi. Qui suis-je ?

Frater Achad – Hymne à la Déesse des Etoiles

 Extrait des « 31 hymnes à la Déesse des Étoiles »
Traduction et adaptation personnelles.

Longtemps je suis resté allongé à T’attendre dans le jardin des roses de la Vie ; et toujours Tu T’es gardée loin de ma Compréhension.

Allongé, j’ai contemplé Ta nature, comme celle d’une Rose Infinie.

Pétales, pétales, pétales, mais où, ô Beauté, est Ton Cœur ?

N’as-tu donc point de Cœur ? Tes pétales seraient-ils sans fins, m’empêchant par leur omniprésence d’atteindre l’essence de ton Être ?

Pourtant tels sont Tes mots : « je t’aime ! Je te désire ! Pâle ou pourpre, voilée ou voluptueuse, moi qui suis tout plaisir et pourpre, et ivresse du sens le plus intime, je te désire. Revêts les ailes et éveille en toi la splendeur lovée : viens à moi ! »

Ah ! Mon sens le plus intime est enivré ; intoxiqué par les émanations de la Rose. Son Cœur est Mon Cœur. Il n’y a pas de différence, ô Bien-Aimée.

Lorsque j’aurai pénétré le Cœur de la Rose Infinie, c’est Moi-même que je trouverai .

Mais ce n’est pas vers Moi que je m’avancerai – Seulement vers Toi.

Peter Grey et Alkistis Dimech – Raw Power – Sorcellerie, Babalon et sexualité féminine

Un article de Peter Grey et Alkistis Dimech, paru sur le site de la Loge Horus-Maat
Traduction et adaptation personnelles.

 

Commençons avec une citation de ce texte clé de la Sorcellerie, la bible de l’inquisiteur, le Malleus Maleficarum :

Toute Sorcellerie vient du désir charnel, qui dans la femme est insatiable.   

Les fantasmes des chasseurs de sorcières révèlent bien une vérité, pas seulement à propos du sexe, mais aussi au sujet de la source du pouvoir : la Femme.

Ce qui tient à la fois de la fascination et de la peur.

Toute Sorcellerie vient du désir charnel, qui dans la femme est insatiable. 

Malgré toutes les pinces, les fers et le feu, l’inquisiteur est effrayé par l’appétit charnel de la femme.

Voici le premier principe de la sorcellerie, avant les dagydes, les charmes, les chants, les potions, les bougieset le baratin : le pouvoir brut de la sexualité féminine.

Déshabillée, violentée, pendue, brûlée, la femme reste pourtant miraculeusement inextinguible parmi les flammes.

Toute Sorcellerie vient du désir charnel, qui dans la femme est insatiable.   

Bien que l’inquisition soit toujours au goût du jour, la femme ne peut être brûlée, si elle est elle-même le feu.

Pouvons-nous trouver dans la sorcellerie moderne un chemin nous permettant d’accéder à ce pouvoir incandescent ? Y a-t-il des voix, y a-t-il une Déesse du désir charnel ?

Nous sommes la Sorcellerie. Nous sommes la plus ancienne organisation du monde. Lorsque l’homme naquit, nous fûmes. Nous chantâmes la première chanson sur le berceau. Nous soignâmes la première blessure, nous réconfortâmes la première terreur. Nous fûmes les Gardiens contre les Ténèbres, les Assistants de la Voie de la Main Gauche.  

Nous sommes  du côté de l’homme, de la vie et de l’individu. C’est pourquoi nous sommes contre la religion, la moralité et le gouvernement.

Ainsi, notre nom est Lucifer. 

Nous sommes du côté de la liberté, de l’amour, de la joie, des rires et de l’ivresse divine. 

Ainsi, notre nom est Babalon. 

Parfois nous nous déplaçons ouvertement, parfois en silence et en secret. Nuit et jour sont un pour nous, calme et tempête, saisons et cycles de l’homme, toutes ces choses sont une, car nous sommes à la racine. Suppliants nous nous tenons devant les Puissances de la Vie et de la Mort, et nous sommes entendus de ces Puissances, et servons. Notre voie est une voie secrète, la direction inconnue. Notre voie est la voie du Serpent dans les broussailles, notre connaissance est dans les Yeux du Bouc et des Femmes. [ndt : je dois une grande partie de cette traduction à Spartakus Freeman, allez lire le texte complet de Jack Parsons sur Kaosphorus !]   

Voici un des fragments qui nous restent du travail de Jack Parsons. Écrit en 1950, alors que la sorcellerie païenne moderne n’en était qu’à ses balbutiements ; et pourtant, ses écrits et ses idées demeurent encore largement inconnus. Son nom n’est pas mentionné dans l’histoire de l’Art, ou dans l’index de Ronald Hutton. Notre propre Travail est une poursuite de l’esprit, si ce n’est de la forme de son travail, et un retour aux racines de la sorcellerie. Dans l’exemple instinctif et passionné de Jack Parsons, nous pouvons trouver un moyen de nous reconnecter à l’esprit premier de la femme et de l’homme. Un partenariat d’êtres égaux.

Le travail de Jack peut être résumé à un seul mot, le nom de sa Déesse :

BABALON

Sa Déesse, qui est autant la nôtre, est la prostituée raillée par Jean dans le Livre des Révélations :

 Là, j’ai vu une femme montant une bête écarlate,couverte de noms blasphématoires,qui avait sept têtes et dix cornes. 

Cette femme était vêtue de pourpre et d’écarlate,et chamarrée d’or, de pierreries et de perles ;elle avait à la main un gobelet d’or rempli d’abominations,avec les souillures de sa prostitution. Sur son front un nom était inscrit, mystérieux :« Babylone la grande, mère des prostituées et des abominations de la terre. » 

Et j’ai vu la femme ivre du sang des saints et de celui des témoins de Jésus. En la voyant,j’ai été saisi d’un étonnement extraordinaire.[ndt : extrait du chapitre 17 de l’Apocalypse

Mais ceci n’est pas une image strictement chrétienne ; derrière le souffre et les flammes de l’Enfer, on entraperçoit la spectaculaire Déesse de l’amour et du sexe venue s’emparer du monde. Ni Noire, ni Blanche, Elle est une Déesse Rouge. Nous avons minutieusement exposé les origines païennes des Révélations dans nos écrits. Nos recherches nous ont conduits vers un pèlerinage au cœur même de la grotte où Jean a composé sa lettre empoisonnée à la Déesse. Nous avons davantage étudié la Bible que bien des Chrétiens dévoués. Le fait incontournable qu’a démontré notre quête est que le Christianisme est violemment opposé à la Déesse, à la Sorcellerie et à la poursuite de la connaissance.

L’image du Livre des Révélations vient en particulier de la diabolisation de la déesse de l’amour connue sous le nom d’Inanna, Ishtar, Astarté ; une insulte répétée dans la littérature biblique depuis la captivité à Babylone. Dans la propagande haineuse des prophètes bibliques, l’échec manifeste de leur Dieu dans le sauvetage de Jérusalem et du Temple incombe au culte des divinités païennes.

Dans l’Apocalypse, Jean poursuit la guerre contre les femmes, et en particulier contre leur pouvoir oraculaire. A Ephèse, les prêtresses nouaient des bandeaux autour de leurs fronts, portant le mot grec MYSTÈRE ; elles prononçaient alors des prophéties. La Déesse s’exprimant ainsi était une menace pour ceux qui voyaient la religion comme un fait soigneusement conservé et scellé dans un livre. C’est précisément cette connexion directe qui définit la Sorcellerie.

Dans les cultes païens, c’est le vin qui inspire la divine intoxication, un vin chargé de de haschisch, d’opium, de jusquiame noire et de rue, un vin adouci aux sécrétions sexuelles. Mais pour Jean, ceci représentait un calice empoisonné, et la Prêtresse qui connaissait des états de possession était une putain.

Inutile de préciser que les drogues de vision sont aussi celle de l’extase sexuelle, et une Sorcellerie qui ne vole pas vers le Sabbat avec ces ailes n’est aucunement de la sorcellerie. Une limitation de la liberté sexuelle va de paire avec l’interdiction du vin du Sabbat.

A travers l’iconographie liée à Babalon et les quelques aperçus offerts par l’écriture biblique, il est possible d’expérimenter une histoire interdite, une histoire qui nous inonde de parfum et de nectar, une histoire qui nous lacère avec des épines de rose. La Femme est le deuxième sexe, violé, dégradé, méprisé, diabolisé. Mais son pouvoir érotique brûle toujours, inchangé. Voici Babalon.

Héritière d’Inanna, d’Ishtar, d’Astarté, d’Aphrodite, une nouvelle Déesse est arrivée, une Déesse qui n’est ni chaste ni virginale, une Déesse qui n’est pas déconnectée de son corps, une Déesse qui nous possède avec la furie de l’Amour et l’extase de la sorcellerie vivante. Babalon est la figure centrale derrière la magie angélique de John Dee, Babalon a contaminé Crowley, et Babalon a fait de Jack Parsons une flamme vivante.

Plus qu’une reconstruction du passé, voici une déesse qui prend forme autour de nous et à l’intérieur de nous MAINTENANT. Nous ne prétendons pas que tout un chacun doit travailler avec Babalon et le pouvoir explicite de la sexualité féminine, mais le fait que vous vous trouviez ici démontre qu’une part de vous désire s’y ouvrir.

LA DESCENTE D’INANNA

La suppression et le contrôle de la sexualité féminine n’est pas un phénomène nouveau. Certains documents écrits anciens, des textes de Mésopotamie remontant au 3 millénaire avant J-C comme « Inanna et l’arbre Huluppu » et « la Descente d’Inanna » montre que déjà, le corps de la femme était considéré avec une extrême ambivalence ; le sexe non procréatif, en particulier, était regardé avec soupçon et peur.

C’est à cette époque que nous découvrons pour la première fois les lilitu, les démons femelles qui contrôlaient les « vents violents » (qui apportaient la maladie) et volaient comme des oiseaux. Elles se définissaient par des caractéristiques sexuelles négatives : non mariées, et donc sous aucune domination masculine ; séductrices, cherchant activement des hommes pour les satisfaire ; et tueuses d’enfants. Les lilitu ne se contentent pas d’une sexualité non procréatrice, elles enlèvent et tuent les enfants, émasculent les hommes, provoquent des fausses couches et la mort des mères. Bien qu’en apparence exilées dans la nature sauvage, à l’extérieur du monde civilisé, elles sont capables de pénétrer les habitations humaines et la vie domestique. Nous les voyons se pencher par-dessus les ouvertures des fenêtres et des portes d’entrée – l’iconographie standard de la prostituée – et se glisser dans les maisons sans y être invitées. Elles sont les voleuses et les putains qui s’attaquent aux personnes civilisées et respectueuses de la loi, et qui sont au cœur même de la cité.

Cette même iconographie est utilisée pour la Déesse elle-même : Inanna – Ishtar. Elle se tient à la fenêtre, cherchant un homme à séduire, à aimer et à tuer. Inanna aussi s’affichait de manière provocante, initiant les contacts sexuels ; on l’appelait sahiratu, celle qui parcourt les rues. Dans les hymnes, il est écrit qu’elle va de maison en maison et de rue en rue, une phrase utilisée plus tard pour décrire les démons et répétée dans le Cantique des Cantiques, qui bien qu’il soit attribué à Salomon, est un copier/coller d’hymnes antérieurs à Inanna. Les lilitu ont inspiré le personnage de Lilith, délogée de l’arbre Huluppu pour rejoindre l’imaginaire juif comme archétype de la sexualité féminine insoumise et dangereuse. Dans le mythe juif, Lilith est la première femme d’Adam, qui refuse de prendre la position du missionnaire. C’est là que débute la généalogie de la sorcière, dont l’arbre s’enracine profondément dans l’ADN conflictuel de nos plus anciennes civilisations.

La déconnexion de la conscience chamanique de nos ancêtres s’est faite à travers la construction de cités fortifiées, de pyramides imitant l’émergence d’un ordre hiérarchique et d’une organisation patrilinéaire ; la montagne sacrée et la grotte sont devenues des bâtisses de briques brûlées ; la Prêtresse donnant au Roi le droit de gouverner l’Etat a été usurpée ; les histoires et les mythes de la Mésopotamie étaient déjà anciens lorsqu’ils furent imprimés dans l’argile, et nous pouvons deviner des éléments chamaniques ancestraux. Cela vaut le coup de se plonger dans le mythe de la descente d’Inanna, qu’on peut lire de plusieurs façons : comme une description de l’initiation de la Déesse et de la prêtresse, comme la description d’un culte à mystères, ou comme un drame relatant un rite de passage vers la maturité sexuelle. On peut aussi le lire comme une descente chamanique, une mise à l’épreuve, dans laquelle Inanna est forcée à chacune des portes des Enfers d’abandonner un des sept artefacts représentant son pouvoir terrestre, avant d’être conduite nue et rabaissée vers la salle du trône d’Ereshkigal.

Ereshkigal est la déesse du monde souterrain. Elle est, en un sens, l’esprit chthonien, pré-conscient, l’obscurité sans la moindre lumière ; la faim absolue et l’appétit. La dévoreuse par excellence.

De son domaine terrestre, Inanna entendit sa soeur Ereshkigal, pleurant son époux de manière ostentatoire – bien que le texte semble évoquer clairement des douleurs menstruelles, liées à l’accouchement ou des chaleurs – . Je crois que toutes ces explications sont plausibles et sous-entendues intentionnellement.

Aux sept portes des Enfers, Inanna est forcée de laisser tous ses attributs de pouvoir et de féminité. Elle est mise à nu contre son gré, dépouillée pour la confrontation finale avec sa sœur. Rappelons-nous que les initiations sorcières et chamaniques sont toujours des épreuves. Voici ce que décrit le texte :

Courbée très bas, nue,
dépouillée de ses pouvoirs divins, impuissante, matée,
Inanna est entrée dans la salle de trône.
Ereshkigal s’est levée de son trône.
Inanna s’approcha du trône

Les Annuna, juges du Monde Souterrain l’ont entourée.

Ils prononcèrent le jugement contre elle.

Alors Ereshkigal a jeté sur Inanna le regard de la mort.
Elle a porté contre elle le mot de la colère.
Elle a poussé contre elle le cri de la culpabilité.

Elle l’a frappée.

Inanna a été transformé en cadavre,
Un morceau de viande de décomposition,
Et a été pendue à un crochet au mur.

Inanna est pendue comme une pièce de viande dans une boucherie. Cette image de la Déesse pendue à un crochet évoque les suspensions rituelles, mais en nous penchant de manière approfondie sur cet élément, nous pouvons nous rendre compte que cet acte initiatique est une inversion. Lorsque la viande est accrochée, elle l’est généralement par les jambes, les pieds, afin que le sang puisse s’écouler depuis la gorge. Nous avons là un sacrifice chthonien, et simultanément, une représentation des menstruations. On pourrait aussi penser à une connexion avec la position du bébé au moment de la naissance. Une possible version antérieure aurait pu voir Inanna consommée par sa soeur (en sacrifice) avant de renaître d’elle. Ceci ne doit pas être simplement perçu comme une vision primitive ; des actes similaires réalisés par des « Mères » et d’autres figures féminines sont décrites dans les Tantras. Référez-vous au livre « The Kiss of the Yogini » de Davin Gordon White pour de nombreux parallèles et analyses complémentaires.

Inanna est sauvée des Enfers par l’intercession d’un autre chaman, Enki, qui envoient deux golems (un galatur et un kurgurra), faits de salive et de salissures d’ongles. Ereshkigal est alors réconfortée par eux dans sa douleur ; ils répètent ses cris, à la manière de pleureuses professionnelles. Nous pouvons même les considérer  comme des godemichés, le sexe étant réputé soulager les crampes menstruelles. Lisez « The Wise Wound » de Penelope Shuttle pour plus d’informations à ce sujet. Son travail, ainsi que celui de son époux, le poète Peter Redgrove, auteur de « The Black Goddess and the Sixth Sense », méritent de figurer sur toute « pile à lire » sorcière qui se respecte.

Revenons-en à notre récit : soulagée, Ereshkigal propose au galatur et au kurgurra d’exaucer un de leurs souhaits. Ils réclament alors la dépouille d’Inanna, qu’ils ramènent à la vie avec la nourriture et l’eau de la vie. Elle retourne alors sur terre accompagnée de démons, qui s’empareront ensuite de son époux Tammuz pour l’emporter à la place de la Déesse aux Enfers.

En dehors d’une vie pour une vie, et d’une vie pour une mort, qu’est-ce qui a été échangé ici ?

En étant dépouillée de tout ce qui l’identifiait comme femme, prêtresse et reine, dans cet effacement total de son identité face à sa sœur, Inanna a gagné la connaissance d’elle-même. Elle s’est confrontée aux recoins obscurs du monde qui existent en dehors de son domaine (celui de la vie, de la lumière, de l’amour), et par cet acte de reconnaissance de l’autre, par ce sacrifice de sa personne, elle a gagné et intégré jusque dans sa chair la connaissance de l’obscurité d’Ereshkigal.

La sexualité n’est pas une force aveugle qui vous contrôle, mais un pouvoir qui peut être exercé en parfaite connaissance de cause. En termes psychologiques, on parlera d’intégration : la Déesse qui descend n’est pas celle qui remonte. Ereshkigal a offert à Inanna le pouvoir brut de sa sexualité. L’histoire s’achève : gloire à Ereshkigal !

L’utilisation consciente de la sexualité est traditionnellement le domaine de la prostituée, et Inanna était la déesse du sexe sacré et des prostituées, dont le répertoire de techniques incluaient les façons de provoquer ou d’empêcher une grossesse, les arts d’invoquer et d’évoquer le plaisir, et les arts du déguisement, de la transformation et de l’illusion. Tous ces savoirs s’acquièrent à travers une connaissance désinhibée de soi. Nous ne souhaitons pas glamouriser la vie de la prostituée, qu’elle soit ancienne ou moderne, mais elle reste un symbole de sexualité féminine indépendante dans une histoire humaine où la terreur de la chair a prévalu. Confiance, force, conscience : ce sont des cadeaux rares, avec lesquels nous naissons rarement, mais que nous pouvons arracher du noir miroir du monde souterrain.

La sorcellerie, comme la mise à l’épreuve d’Inanna, est une connaissance charnelle ; c’est une gnose vécue dans et à travers le corps.

Nous utilisons la structure mythique de la descente dans notre propre travail, retournant dans le « Grand En-Dessous » chaque année, pendant nos rites de Samhain. Sans la descente dans le monde souterrain, il ne peut y avoir d’envol vers le Sabbat. L’incubation, l’obscurité, la grotte, l’inconscient, c’est en ces lieux que nous trouvons et puisons le pouvoir de nous transformer, et de transformer notre monde. La sexualité et la créativité sont intrinsèquement liées, mais pour accéder à ces profondeurs primordiales et puissantes, nous devons aller encore plus loin, nous dépouiller de nos identités civilisées, et nous vider de tout verbe.

Ceci, nous le faisons au nom de Babalon.

Comme nous l’avons vu, la démone Lilith migre dans le judaïsme, comme le fait l’Eve coupable et démonisée. Inanna-Ishtar devient Astarté qui, avec son consort Baal, est dénoncée dans l’Ancien Testament, avant que Saint-Jean apporte sa touche finale au récit, et avec les pièges de l’Empire Romain, la renomme d’après le nom d’une vieille ennemie, Babylone.

C’est le Livre des Révélations, ainsi que l’hymne à la Déesse de l’Amour, le Cantique des Cantiques, qui ont transmis les réminiscences de la vieille religion jusqu’à notre époque post-païenne. Depuis ce temps, ces textes ont été mal lus, et surtout mal interprétés ; mais le mythe qui y a été conservé reste fondamental, et tout notre monde moderne s’organise toujours autour de lui.

Souvenez-vous que le Sabbat est aussi un domaine de l’imaginaire, qu’on peut rejoindre à travers une stimulation érotique des sens. Ici se trouve l’inclination naturelle et propre à la femme de générer des fantasmes et du rêve, du mouvement et de l’émotion. C’est un état sacré, et réalisé avec l’énergie sexuelle.

On ne peut parler d’une sexualité féminine, uniforme, homogène, classable dans des codes – de même qu’on ne peut parler d’un inconscient ressemblant à un autre. L’imaginaire des femmes est sans limites, comme la musique, la peinture, l’écriture ; le flux de leurs fantasmes est incroyable.

Hélène Cixous, « Le rire de la Méduse »

Ce que nous pouvons voir, c’est que la Sorcellerie est constamment réimaginée et régénérée par le sang de chaque génération. Par de nouvelles voix. Par des femmes fortes, sexuellement indépendantes. Par vous, qui osez devenir la Sorcière que vous imaginez.

Il y a un besoin urgent de la Sorcellerie.

L’ennemi chrétien a été remplacé par un Corporatisme qui nous dit que la liberté est le droit de travailler comme des esclaves, qu’être une femme signifie se plier à la corvée incessante du shopping et du dégoût de soi. Que le viol de la planète est un business normal.

Comme la Déesse elle-même pourrait le dire : Fuck.

La Sorcière marche miraculeusement hors des flammes.

Le corps continue de parler.

La Prêtresse ne sera pas réduite au silence, l’oracle ne sera jamais contenu.

Les contours de la Sorcellerie ne sont jamais fixées.

Toute révolution sorcière est une révolution sexuelle.

Nous pouvons plonger loin dans les profondeurs des Enfers sumériens, dans les matriarcats de Margaret Murray, ou dans la Vieille Europe de Marija Gimbutas ; l’essence de la Sorcellerie se trouve encore et toujours dans le corps nu de la sorcière.

Là, maintenant. Dans nos corps, présents dans cette pièce, nus sous nos vêtements.

Dans nos visions, nos rites, en notre temps.

Dans notre désir de nous reconnecter au pouvoir brut de la Sorcellerie, au désir charnel, qui dans la femme est insatiable.

Textes cités et lectures recommandée

JACK PARSONS, « Freedom is a Two-Edged Sword »

DAVID GORDON WHITE, « The Kiss of the Yogini »

SYLVIA FEDERICI, « Caliban and the Witch »

JULES MICHELET, « La Sorcière »

DIANE WOLKSTEIN et SAMUEL KRAMER, « Inanna: Queen of Heaven and Earth, her stories and hymns from Sumer. »

MARIJA GIMBUTAS, « Le langage de la Déesse »

CATHERINE CLEMENT et HELENE CIXOUS, « The Newly-Born Woman »

HELENE CIXOUS, « Le rire de la Méduse »

PENELOPE SHUTTLE & PETER REDGROVE, « The Wise Wound »

PETER REDGROVE, « The Black Goddess and the Sixth Sense »

PETER GREY, « The Red Goddess » ; « Seeing through Apocalypse » (essay from XVI, published by Scarlet Imprint)

ALKISTIS DIMECH, « Coup de Foudre » (essay from XVI)

Vikki Bramshaw – Danser avec le Serpent

Un très beau rituel sous l’égide d’Hekate, proposé sur son blog personnel par Vikki Bramshaw, une des contributrices de l’anthologie « Hekate – Her Sacred Fires ».

Source 

Traduction et adaptation personnelles.

Commencez par décorer votre autel ou espace sacré avec des images d’Hekate : si possible, en compagnie de serpents, ou sous sa forme à tête de serpent. Vous aurez aussi besoin d’une corde rouge représentant un serpent, nouée neuf fois, trois bougies d’autel, de l’encens (par exemple, de l’oliban ou du storax), un charbon, une pomme ou grenade, un couteau en os et un bol en cuivre ou en bronze (un bol chantant serait parfait).

Allumez les bougies et le charbon, brûlez une petite quantité d’encens sur celui-ci. Vous souhaiterez peut-être appeler Hekate à vous rejoindre dans votre espace de travail, à travers, par exemple, une evocation tirée des papyri magiques grecs, ou avec un texte personnel. D’après ma propre expérience, cet aspect d’Hekate a l’air d’apprécier les actes intuitifs et impulsifs, c’est donc la méthode pour laquelle j’opte. Parfois, une simple (mais chargée en intention) répétition ou chant de son nom peut suffire à accueillir sa présence dans l’espace sacré.

Asseyez-vous face à votre autel, dans une tenue confortable, avec votre dos bien droit, et fermez les yeux. Tenez la corde dans vos mains, telle un serpent enroulé sur lui-même. Contemplez-la mentalement, considérez-la comme étant un serpent réel, vivant. Vous allez glisser une main le long des nœuds à chaque nouvelle respiration. D’abord, expirez au maximum, et puis commencez à inspirer profondément, par le ventre, en remplissant doucement vos poumons d’air et d’encens, et en laissant votre estomac s’épanouir pleinement. Ne forcez pas la respiration, qui doit être lente et inaudible. Inspirez et expirez neuf fois de cette manière, en montant d’un nœud à chaque inspiration. A chaque inspiration, sentez vous pleinement empli des feux d’Hekate. Visualisez ses feux devenir plus chauds et lumineux à chaque fois ; ils vous revitalisent, vous consument. Sentez son pouvoir pulser en vous, comme le battement d’un cœur. Avec votre regard intérieur, voyez la roue d’Hekate tourner ; sentez votre conscience s’affiner ; soyez prêt à franchir la limite entre le monde matériel et le monde spirituel. Gardez vos yeux fermés, mais tournez-les vers le haut. Tâchez de ne pas rationaliser ; prenez votre temps avec chaque respiration, afin de faire pleinement l’expérience des feux d’Hekate. Rien ne presse.

Lorsque vous serez arrivé au bout de vos neuf respirations, commencez à visualiser le serpent d’Hekate, soit s’élever en vous, soit face à vous, et s’enrouler autour de votre corps. Continuez à respirer doucement et de manière concentrée. Avec chaque respiration, le serpent s’élève un peu plus, s’enroulant complètement autour de vous. Prenez votre temps avec ce processus, rappelez-vous : rien ne presse. Fait correctement, ce travail peut vous conduire à un sentiment d’euphorie. Certains auront envie de bouger avec le serpent, voire de danser ; après avoir pratiqué plusieurs fois cet exercice, vous pourrez décider de l’accompagner de musique et d’une danse, en offrande à Hekate. A présent, le serpent atteint votre nuque, et s’élève au-dessus de votre tête, s’installant juste au-dessus de votre front. Vous serez alors peut-être prêt à recevoir un oracle ou une prophétie, ou à demander quelque chose, un rêve, un signe. Si vous êtes en train de danser, et le jugez opportun, n’hésitez pas à vous rasseoir à ce moment-là.

Lorsque vous vous sentirez prêt, demandez au serpent de vous quitter, et visualisez-le glisser le long de votre corps et retourner à la terre. Placez vos deux paumes contre le sol, et visualisez les feux refroidir petit à petit, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’une petite flamme à l’intérieur de vous, votre connexion à Hekate. A présent, faites sonner le bol neuf fois à l’aide du couteau. Coupez le fruit en deux, et mangez-en la moitié. Le rite terminé, vous pourrez offrir l’autre moitié à Hekate, idéalement à un carrefour.