Prière à Sainte Odile pour la divination

Sainte Odile est la patronne de l’Alsace. Née aveugle, elle recouvre la vue par le baptême, et est fêtée le 14 décembre. Je vous épargnerai ici toute son hagiographie, même s’il est important de la connaître pour comprendre un minimum ce qui suit (donc : lectuuuure !!).

Le mieux à mon sens pour découvrir Odile, une fois qu’on connaît sa légende, est de se rendre sur le mont qui porte son nom et où elle fonda son principal couvent. Mont aux mille visages, lieu de ferveur populaire, repaire incontournable de randonneurs, mais aussi terre de recueillement et d’expérimentation pour les sorciers, druides, new-ageux, mystiques et païens de tous poils. Son « mur païen », ses roches imposantes, avec ou sans cupules, ses énergies si particulières, et puis sa source – sa source ! – en font vraiment un lieu magique.

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Le mont Sainte-Odile à l’aube, photo personnelle

Je disais : sa source. Je ne sais pas si je croiserai ailleurs eau aussi pure dans toute ma vie (moi chauvine? Que nenni). En avaler quelques gorgées nettoie, éclaircit l’âme et les idées, allège, revigore. S’en oindre le front, les yeux, la zone du cœur libère de tout mal, de toute peine. Et chasse ce qui peut biaiser le regard, tous les parasites susceptibles de nous empêcher de voir les choses Telles qu’Elles Sont. Voilà du moins ce que je ressens, lorsque je me rends à cette source, ou lorsque je fais usage de l’eau chez moi, ramenée dans quelque flacon. Nous sommes sans aucun doute très nombreux à l’utiliser à des fins spirituelles, quel que soit notre cheminement personnel : bains, eau bénite, support de divination, en guise de base pour potions ou lotions … On fait bien souvent la queue pour remplir des bouteilles avec le  précieux liquide, et j’avoue prendre un malin plaisir à me demander ce que les gens vont en faire, surtout lorsqu’ils laissent derrière eux une bougie ou une piécette en guise d’offrande…

Afin d’affiner ma perception du lieu et de ses énergies, je me demande souvent quelle(s) divinité(s) préchrétienne(s) a (ont) pu y être vénéré(e)(s). Mes hypothèses sont multiples, mais à vrai dire, je n’y accorde qu’à moitié de l’importance, car toutes sont certainement « vraies » à leur manière, tout en ne représentant chacune, probablement, qu’un reflet infime de Ce qui Est. Et puis … autant faire avec ce qu’on a, lorsque les traces historiques ne sont plus là. Je tâche donc de me connecter à la Source, à l’Esprit du Lieu, et parfois ce sera un nom qui viendra, tantôt un autre, et bien souvent, de plus en plus souvent même, aucun.

Pour la Toussaint, j’ai pourtant eu un curieux clin d’œil de la part de Sainte Odile. Oui, la Sainte, catholique, toussa. Certainement piratée par Je ne Sais Quoi, mais quand même. On m’a donc soufflé, pendant la messe pour les morts de l’année (ma mémé enterrée il y a quelques mois ayant été catholique de son vivant, il fallait bien lui faire plaisir) de la prier avant de pratiquer une séance de divination.

« Eh, mais ouais ! », fut ma réaction ô combien constructive. Avant un moment de doute. D’avoir mis le nez dans le Hoodoo m’a pas mal décomplexé dans l’usage d’éléments chrétiens, c’est vrai. Mais un appel du pied d’une Sainte « en tant que telle » – au moins dans la forme – c’est une première. J’avoue, j’étais pas wassuwée.

Mais ce qui m’a totalement scié, après une pauvre recherche Google, c’est de constater qu’il n’y avait là-dedans rien de neuf. Coquins de catholiques (?) plus qu’un brin crooked, qui prient la sainte pour obtenir le don de clairvoyance. La preuve en texte.

J’ai repris cette prière en la pimpant, afin qu’elle résonne d’avantage avec ma spiritualité. Et voici donc ma prière d’intercession à Sainte-Odile pour favoriser une bonne divination :

O Sainte Odile, aveugle tu es née,
Mais par l’eau qui t’a initiée,
voyante de Dieu Elle-Même
Tu es demeurée.

Ouvre par l’eau pure les yeux de mon âme [se oindre le front, les yeux, le cœur]
Afin que je voie les choses cachées
Scellées aux esprits tourmentés.
Permet que s’ouvrent à moi les arcanes des Destinées.

Qu’il en soit ainsi.

Mes premières expériences divinatoires après avoir fait usage de cette prière ont été enrichissantes, je dirais même éclairantes par rapport à mes pratiques habituelles – la figure de Sainte Odile trouvant un écho auprès d’autres figures sacrées plus « païennes », et m’offrant un regard neuf sur ces dernières. J’ai vraiment tendance à voir les saints comme des « poupées russes », cachant en eux des trésors venus de temps anciens, et dont les voix murmurent encore sous le vernis chrétien. Je ne pense toutefois pas faire appel à Sainte Odile systématiquement avant une séance de divination ; j’écouterai, comme toujours, ce que me chante mon intuition.

Lee Morgan – Préparer de l’eau guérisseuse

Extrait de « a deed without a name », de Lee Morgan
Traduction et adaptation personnelles

Cette tradition de préparer de l’eau guérisseuse à l’aide d’un cristal sphérique est attestée au Pays de Galles et en Irlande. Il s’agit d’un exemple de sort de guérison qu’on pourra rapprocher des traditions de faerie-doctoring [ndlt : les faery doctors sont des guérisseurs traditionnels spécialisés dans le traitement de maux supposés d’origine féérique] et de rupture de sorts, avec une approche plus douce que dans des cas d’exorcisme ou de lutte avec les esprits. La sphère en cristal était déposée dans une bassine d’eau et le charme suivant était prononcé :

Ô toi pierre de la Nuit et de la Clarté
Laisse moi te plonger dans l’eau.
Dans l’eau tirée de la source pure, ou tirée de la vague,

Au nom de Notre Dame
Et des Mères de ma lignée,
Au nom du Maître de la Magie
Et des Maîtres-hommes.
Bénédictions sur l’eau claire et pure !
Guérison de tous maux physiques
Pour l’homme comme pour la bête !

L’eau pouvait alors guérir et chasser tout mal. Cependant, si l’on utilisait une sphère appartenant à autrui, ou si l’on devait rentrer chez soi avec l’eau préparée par autrui, certaines règles s’appliquaient. La personne venant chercher le cristal pour procéder à la préparation, ou l’eau déjà prête, ne devait en aucun cas parler, s’asseoir, ou entrer dans la maison du propriétaire de la sphère ou du préparateur. Elle devait également rentrer chez elle en veillant à ne pas être dehors après le coucher du soleil. Ces interdits nous disent beaucoup au sujet de l’opération en elle-même. Comme dans le faerie-doctoring, le soleil est important, ainsi que le respect du silence – on rapporte les remèdes du faerie-doctor chez soi sans prononcer le moindre mot. L’eau préparée à partir de cette formule traditionnelle pouvait aussi être utilisée pour nettoyer un espace de toute influence maligne.

Tradition Feri – Le rite du Kala

Une variante du rituel de Kala
Article de Valerie Walker paru en anglais sur son site

Traduction et adaptation personnelles.

Voici ma propre version du rituel du Kala, que j’utilise au quotidien. Elle peut être combinée à tout autre rituel de purification sous la douche.

Sous votre douche, une fois que votre corps et vos cheveux sont nettoyés, et avant de couper l’eau, tournez-vous et faites face à l’eau.

Vos mains sont croisées sur votre poitrine ; ouvrez-les en forme de coeur, en laisant couler le jet d’eau à travers le cœur, tout en soufflant votre intention de purification dans l’eau. Formez ensuite une forme d’œuf avec les paumes de vos mains, placez-les en coupe sous l’eau. Soufflez quatre fois dans l’œuf, et visualisez-le devenir de plus en plus noir et boueux avec chaque expiration. J’utilise alors le chant suivant [Ndt : n’hésitez pas à créer votre propre chant, selon votre inspiration !] :

Hekate, Kâli Ma, Dame des Trois Voies et des Espaces tout autour,
Que mon esprit soit purifié
Que mon mental soit purifié
Que mes émotions soient purifiées
Que mes actions soient purifiées.

Tandis que vous chantez, voyez l’eau dans vos mains être nettoyée et emplie de lumière ; l’eau fraîche qui passe à travers vos mains chasse l’eau boueuse et tout ce qui vous trouble ou vous bloque. Visualisez cette noirceur retourner à la terre ou jusqu’à l’océan. Videz vos poumons complètement, puis inspirez profondément, en les remplissant totalement. Retenez votre souffle. Tout en retenant votre respiration, ouvrez votre bouche et remplissez-la d’eau lumineuse recueillie au cœur de vos mains. Avalez cette eau et enfin, expirer.

Laissez l’eau couler en vous, sur vous, et acceptez sa bénédiction. Massez votre ventre, en prononçant des paroles positives pour vous, encouragez-vous, rassurez-vous, remerciez-vous. Soyez bon avec vous-même. Après votre douche, séchez-vous avec douceur et amour.

En allant uriner aux WC la première fois après le rite, souvenez-vous que cela fait aussi partie intégrante de Kala. Votre corps rejette toutes les impuretés. Tout acte d’excrétion est sacré, ainsi que toute absorption de nourriture, ou toute pratique sexuelle. Votre corps est sacré. »

Stephanie Woodfield – Rituel de bannissement avec la Washer at the Ford

Rituel proposé dans son livre « Celtic lore and spellcraft of the dark goddess – Invoking the Morrigan »
Traduction et adaptation personnelles

Pour consulter le sommaire du livre sur Amazon, et pourquoi pas vous l’offrir  🙂
Un très bon article en français pour en savoir plus sur la Washer at the Ford

Bean Nighe, par Romantic Fae

Outils :

  • De l’encens de patchouli
  • Un bol ou chaudron assez large
  • Du thé aromatisé à la grenade
  • De l’eau chaude filtrée

Ce rituel est à réaliser dans sa salle de bain ou à l’extérieur si le temps le permet. Vous verserez de l’eau sur l’ensemble de votre corps, aussi plus le bol ou chaudron sera grand, mieux ce sera. Si vous ne pouvez pas trouver de thé de grenade, utilisez n’importe quel thé qui donnera une couleur d’un rouge profond à l’eau. Vous pouvez utiliser de l’hibiscus ou du thé à la fraise à la place, mais la grenade reste idéale en raison de son association avec le monde des morts.

Allumez l’encens et passez le bol à travers la fumée, en disant :

Au nom de la Reine Fantôme
Je bénis ce chaudron de transformation

Emplissez le chaudron avec les herbes ou les sachets de thé ainsi que l’eau chaude, puis asseyez-vous le temps que cela infuse pleinement, et méditez sur ce que vous voulez bannir de votre vie, ou sur les nouveaux commencements auxquels vous aspirez.

Quand l’eau est bien sombre, trempez vos mains dans le bol et faites tourbillonner l’eau. Imaginez que vous êtes la Lavandière du Gué (Washer at the Ford), lavant les restes de votre existence passée dans le chaudron de transformation, afin d’apporter du renouveau, une nouvelle phase et de nouveaux buts dans votre vie. Quand vous êtes prêt, appelez la Lavandière du Gué en disant :

Lavandière du Gué
Dame du changement
De la mort et de la renaissance
C’est toi qui nous guide au-delà des frontières de cette vie
Et nous mène à la guérison et au renouveau
Reine des Fantômes
A la fois vieille femme et jeune fille
Conduis-moi à la guérison
Je tourne une page de mon existence
Je me dépouille de l’ancien tel le serpent de sa peau
Et accueille le bon et le neuf
Lavandière Fantôme
Guide-moi à travers ce temps de changement !

Avec vos doigts, faites couler l’eau le long de votre corps, en visualisant votre ancien moi se détacher de vous, vous laissant ainsi pleinement renouvelé.

Lorsque vous sentez que le rituel touche à sa fin, remerciez la Lavandière du Gué et rendez l’eau restante à la terre.

La Magie des Rivières : charger des objets

Extrait de « the candle at the crossroads », de Orion Foxwood
Traduction et adaptation personnelles

Oshun, par Manuel Mendive

Une autre forme de travail en collaboration avec la rivière qu’on m’a appris est le baptême ou chargement [ndlt : l’auteur parle de « in-spirit », qui pourrait se traduire par « insuffler l’esprit »] de sacs, statues, médaillons, et autres objets magiques, à l’aide de l’eau vive du courant. Une fois de plus, on perçoit le lien entre rivières, cours d’eau, criques, courants, et magie ou mouvement du pouvoir de l’esprit.

Si l’objet est béni dans l’intention d’éloigner quelque chose comme une malédiction, mettez-vous dos au courant, afin de voir l’eau s’éloigner de vous, et demandez à Dieu de remplir le courant avec Son pouvoir et de donner à la Dame le pouvoir de protéger et d’éloigner le mal. Demandez à la Dame de recevoir ce pouvoir et d’en charger l’objet. Une fois que vous sentez le pouvoir bien présent, trempez votre main dans l’eau qui s’éloigne de vous et aspergez l’objet par trois fois. On m’a appris à dire « au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit », mais vous pouvez sceller cette pratique comme bon vous semble.

Si l’objet est béni dans l’intention d’apporter quelque chose à son détenteur, procédez de la même façon, mais en faisant simplement face au courant.

Lorsque votre travail est  terminé, priez toujours afin que Dieu, le Créateur, ou l’Esprit bénisse ce cours d’eau et sa Dame.

La Magie des Rivières : un charme de libération et d’attraction

Extrait de « the candle at the crossroads », de Orion Foxwood
Traduction et adaptation personnelles

On m’a appris que les rivières et les cours d’eau en général étaient de puissants lieux de passage vers le monde des esprits. Ils sont constitués de ce que nous nommons de « l’eau vivante », et utilisés pour les baptêmes (pas uniquement chrétiens), la conjuration de nouveaux chemins, et le chargement d’objets comme des spirit bags [ndlt : qu’on pourrait traduire par sacs-esprits ?]. […]

Depuis mon enfance, on m’a raconté qu’il existe un puissant esprit de la rivière, que nous appelons simplement la Dame de la Rivière. Elle peut donner ou prendre la vie, selon si on fait face ou non à son courant, qui charrie de grandes forces avec lesquelles nous pouvons travailler.

Avant de commencer à travailler avec un cours d’eau en particulier, je recommande de faire la chose suivante : trouvez une petite crique ou un endroit où vous pourrez aisément et sans danger traverser la rivière ; présentez vous à la Dame, et offrez-lui du miel (en le versant dans l’eau) pour adoucir ses eaux. Puis, utilisez un outil [ndlt : pendule, tarot, ou votre intuition !] qui vous permettra de savoir si Elle désire travailler avec vous. Une fois que vous avez obtenu une réponse positive, ou que vous avez trouvé un autre cours d’eau avec lequel coopérer, vous pouvez faire le travail suivant :

  • Décidez ce que vous désirez recevoir dans votre vie, ou ce que vous voulez travailler
  • Identifiez les forces ou situations qui empêchent votre progression et qui doivent être débloquées. Ne vous focalisez pas sur des personnes, mais plutôt, s’il s’agit de relations à défaire, concentrez-vous sur la sensation d’enchevêtrement que vous souhaitez voir disparaître.
  • Demandez à la Dame de la Rivière de défaire ce blocage dans votre vie
  • Entrez dans l’eau, avec vos bras croisés sur votre poitrine, en tournant le dos au courant. Puis, lorsque vous parvenez au centre du courant, ouvrez vos bras et laisser l’eau emporter avec elle toute influence négative. Si cette influence vous a fait souffrir, ou si elle a eu une quelconque importance pour vous, il est probable que vous vous mettiez à pleurer. Si cela arrive, offrez vos larmes à la Dame, cela accroîtra le pouvoir de votre travail.
  • Lorsque vous vous sentez libéré, traversez la rivière jusqu’à la rive opposée, les bras le long du corps, tout en remerciant la Dame.
  • Une fois sur l’autre rive, méditez sur ce que vous souhaitez recevoir à la place de ce dont vous venez de vous libérer.
  • Puis, retournez dans l’eau, cette fois-ci en faisant face au courant ; au centre, ouvrez grand vos bras afin d’accueillir du nouveau dans votre vie, et demandez-le à la Dame.
  • Une fois que vous vous sentirez touché par sa bénédiction, refermez vos bras comme pour mieux l’accueillir.
  • Retournez sur la rive où votre pratique a débuté. Ressentez de la gratitude envers la Dame, et recherchez une pierre que vous pourrez emporter avec vous et qui vous rappellera Son pouvoir.
  • Versez un peu de lait dans le courant afin d’accroître le pouvoir fertile et nourricier de la Dame. Puis repartez, et laissez le pouvoir agir.

Down by the riverside

J’ai toujours vécu à proximité d’une rivière.

 Enfant, celle qui passait derrière mon village marquait pour moi la frontière entre la civilisation et le monde sauvage. Dès que le temps le permettait, j’y errais pieds nus à ramasser des cailloux et à attraper des têtards ; sur ses berges, j’ai appris à reconnaître quelques arbres et plantes qui sont toujours parmi mes favoris. Croyez-moi, c’était le plus bel endroit sur terre.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la Wicca, à la sorcellerie et aux néo-paganismes (dans un joyeux gloubi-boulga, oui oui ^^), comme c’est le cas pour beaucoup d’entre nous je pense, la méditation a été la première pratique vers laquelle je me suis tournée. Le hasard a fait que je déménage dans un faubourg de ma ville que je connaissais à peine, et à moins de 500 mètres de chez moi, alors que je vivais à côté d’un supermarché et au milieu d’immeubles plus gris les uns que les autres, coulait une autre rivière, miraculeusement coupée du tumulte urbain, au milieu de roseaux, d’aulnes et de saules (avec aussi quelques boulets qui venaient promener leur chien ou boire des bières, mais chhttttt, c’est déjà oublié) . Elles est devenue – ainsi que tout son environnement – une formidable alliée pour méditer pendant plusieurs années. Le bruit de l’eau, sa fraîcheur, ses reflets, sont autant d’éléments qui nettoient l’esprit et permettent de l’apaiser, le préparent et l’accompagnent dans un travail spirituel … Je ne vous apprends rien 🙂

J’ai encore déménagé il y a un an [article publié le 22 février 2015], dans un village ; et là encore, la rivière est à deux pas. On se connaît déjà, c’est la même que la précédente, juste plus rurale (ya moins de boulets et encore plus de vert, hourra !). Ma pratique à ses côtés s’est encore développée au fil du temps, j’avais envie de partager ici à ce sujet. Je l’aime d’amour, je vous jure.

Tisser des liens

Rien de fou pour cela, soyez simplement sincère et patient. Pensez aux offrandes bien sûr ; mais surtout, passez du temps auprès d’elle. Apprenez à la connaître. Parlez-lui. Écoutez-la. Soyez attentif aux arbres et aux plantes qui la bordent, aux oiseaux et animaux qui les fréquentent. Chantez. Peut-être vous soufflera-t-elle son nom … Pensez à lui glisser le vôtre 🙂

Nema, dans son ouvrage « Maat Magick » dont j’ai déjà traduit un extrait ici, propose un petit rituel qui s’adresse au Gange, et qui m’a inspiré quand j’ai commencé à travailler plus consciemment avec la rivière proche de chez moi :

« Oraison au Gange. J’utilise celle-ci dans toutes les circonstances où je suis au contact de l’eau, lorsque je bois, lorsque je me lave les mains, lorsque je lave ma vaisselle, mes vêtements, le sol… Quand je traverse un pont au-dessus d’une rivière ou d’un cours d’eau, quand je prends un bain ou une douche, quand je nage, etc.

« Salut à toi, ô Mère Gange, qui coule pour l’éternité autour du monde et retourne toujours à ta source. Purifie-nous alors que je te prie, dans le perpétuel rituel qu’est la vie. Hare hare Ganga. »  » [traduction personnelle]

Je ne me suis personnellement pas adressée au Gange mais directement au cours d’eau qui coulait près de chez moi ; comme bien souvent je ne me suis pas gênée pour adapter la forme ; quoiqu’il en soit, le fond est resté le même, et le travail constant et conscient avec l’élément aquatique, en lien avec « ma » rivière, a vraiment renforcé notre relation.

Pratiquer

 Des choses simples, très simples… Mais j’ai mis du temps à les concevoir/percevoir, alors peut-être ces quelques idées pourront-elles vous inspirer !

* Méditation : Une de mes enseignantes de yoga compare toujours le flot de pensées à des nuages, qu’il faut apprendre à laisser passer dans son ciel intérieur sans les retenir, sans se focaliser dessus… Au bord de l’eau, je demande à la rivière de les emporter dans son cours. Le chant de l’eau facilite grandement le lâcher prise… Même si vous bloquez, le courant finit par être plus fort. Essayez, c’est magique 🙂

* Introspection : l’Esprit de ma rivière me montre un visage changeant ; il est parfois léger, parfois sombre, d’autre fois totalement insaisissable à première vue. J’ai mis du temps à comprendre qu’en réalité, la rivière agit pour moi comme un miroir ; ce que j’en perçois, le visage qu’elle choisit de revêtir, les visions qu’elle m’offre… me renvoient un reflet de moi-même, de mon état intérieur… Et son courant me dépouille de tout artifice superflu, me rendant plus « lisible » à mes propres yeux. Plongez votre regard dans l’eau et voyez ce qu’elle a à vous révéler. Chez vous, vous pourrez également utiliser un miroir que vous aurez lavé avec l’eau de la rivière.

* Purification : Asseyez-vous au bord de l’eau, déposez vos outils, pierres, bijoux dans le courant ; lavez vos mains, vos pieds… Comme vous le sentez, selon votre intention (après une longue marche ou avant un rituel elle ne sera pas forcément la même). Difficile de trouver plus simple comme mode d’emploi, non ? 🙂 Gardez simplement à l’esprit, constamment, le mouvement de l’eau, qui emporte loin (loin, loin…) ce dont vous souhaitez être purifié. Ce type de purification me semble parfaitement indiqué avant un rite dans lequel on fera appel à des entités locales.

* Transformation : Observez l’eau de la rivière ; voyez comme elle s’adapte aux remous, franchit les obstacles, avec fluidité et dans un renouvellement constant. Elle poursuit sa route en dépit de tout, et adapte son flot à son environnement. La simple contemplation de ces phénomènes pourra vous inspirer dans votre propre avancée. Imprégnez-vous du mouvement perpétuel de l’eau ; utilisez-la en onction sur votre corps et demandez-lui de vous insuffler son pouvoir de transformation et d’adaptation, pour vous permettre de poursuivre votre cours ; baignez-y  vos talismans pour les charger de ces énergies mouvantes. Vous pouvez également rapporter une fiole chez vous pour vos travaux, mais attention : non seulement l’eau croupit facilement, mais surtout, enfermée de manière statique dans un bocal, elle perd de son tempérament … A utiliser rapidement donc 🙂

* Bannissement : J’ai expérimenté à deux reprises un petit rite de bannissement qui s’est montré assez efficace (bien qu’aux conséquences un peu weird la seconde fois !) ; préparez une poudre de bannissement (pour ma part, j’ai utilisé un mélange de sel, d’ortie, d’épines de prunellier réduites en petits morceaux, de molène et d’achillée, mais les combinaisons peuvent être variées, fouillez sur le net pour trouver des idées) ; rendez vous au bord de la rivière, expliquez-lui ce dont vous souhaitez vous débarrasser et pourquoi, demandez-lui de vous aider. Pensez à présenter une offrande. Si votre demande est acceptée, procédez comme suit : tournez le dos à l’eau ; en tenant la poudre dans votre main, concentrez-vous sur ce que vous souhaitez bannir, nommez cette chose (travailler sur un sigil vocal et/ou visuel pourra être un bon préalable) et jetez en même temps la poudre dans l’eau, par-dessus votre épaule. Laissez s’éloigner ce qui doit partir. Remerciez la rivière et partez sans vous retourner.

Je suis sûre que pour la réalisation d’un vœu, d’un but à atteindre, la rivière pourra aussi se montrer une alliée précieuse. Je n’ai pas encore eu l’occasion de composer quelque chose dans ce goût-là mais j’éditerai l’article si le moment se présente 😉

* Libation : Daniel Schulke, dans son « Viridarium Umbris », suggère d’utiliser l’eau des rivières (ou de n’importe quel cours d’eau) en guise de libation, offerte au sol, avant toute pratique sorcière. Le fait qu’elle soit une eau mouvante ferait d’elle une libation toute indiquée – et plus le courant sera fort, mieux ce sera. Je ne l’ai pas encore fait, mais puisque je viens tout juste de le lire il y a quelques jours, je partage l’idée 🙂 Elle me semble bien à propos dans un travail avec des esprits locaux.

* Préparation : ajoutez l’eau de votre cours d’eau à une préparation qui sera ajoutée à vos bains, utilisée au cours de vos rituels … C’est ce que font les pratiquants du Lucumí dans l’omiero .