Tradition Feri – Le rite du Kala

Une variante du rituel de Kala
Article de Valerie Walker paru en anglais sur son site

Traduction et adaptation personnelles.

Voici ma propre version du rituel du Kala, que j’utilise au quotidien. Elle peut être combinée à tout autre rituel de purification sous la douche.

Sous votre douche, une fois que votre corps et vos cheveux sont nettoyés, et avant de couper l’eau, tournez-vous et faites face à l’eau.

Vos mains sont croisées sur votre poitrine ; ouvrez-les en forme de coeur, en laisant couler le jet d’eau à travers le cœur, tout en soufflant votre intention de purification dans l’eau. Formez ensuite une forme d’œuf avec les paumes de vos mains, placez-les en coupe sous l’eau. Soufflez quatre fois dans l’œuf, et visualisez-le devenir de plus en plus noir et boueux avec chaque expiration. J’utilise alors le chant suivant [Ndt : n’hésitez pas à créer votre propre chant, selon votre inspiration !] :

Hekate, Kâli Ma, Dame des Trois Voies et des Espaces tout autour,
Que mon esprit soit purifié
Que mon mental soit purifié
Que mes émotions soient purifiées
Que mes actions soient purifiées.

Tandis que vous chantez, voyez l’eau dans vos mains être nettoyée et emplie de lumière ; l’eau fraîche qui passe à travers vos mains chasse l’eau boueuse et tout ce qui vous trouble ou vous bloque. Visualisez cette noirceur retourner à la terre ou jusqu’à l’océan. Videz vos poumons complètement, puis inspirez profondément, en les remplissant totalement. Retenez votre souffle. Tout en retenant votre respiration, ouvrez votre bouche et remplissez-la d’eau lumineuse recueillie au cœur de vos mains. Avalez cette eau et enfin, expirer.

Laissez l’eau couler en vous, sur vous, et acceptez sa bénédiction. Massez votre ventre, en prononçant des paroles positives pour vous, encouragez-vous, rassurez-vous, remerciez-vous. Soyez bon avec vous-même. Après votre douche, séchez-vous avec douceur et amour.

En allant uriner aux WC la première fois après le rite, souvenez-vous que cela fait aussi partie intégrante de Kala. Votre corps rejette toutes les impuretés. Tout acte d’excrétion est sacré, ainsi que toute absorption de nourriture, ou toute pratique sexuelle. Votre corps est sacré. »

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Down by the riverside

J’ai toujours vécu à proximité d’une rivière.

 Enfant, celle qui passait derrière mon village marquait pour moi la frontière entre la civilisation et le monde sauvage. Dès que le temps le permettait, j’y errais pieds nus à ramasser des cailloux et à attraper des têtards ; sur ses berges, j’ai appris à reconnaître quelques arbres et plantes qui sont toujours parmi mes favoris. Croyez-moi, c’était le plus bel endroit sur terre.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la Wicca, à la sorcellerie et aux néo-paganismes (dans un joyeux gloubi-boulga, oui oui ^^), comme c’est le cas pour beaucoup d’entre nous je pense, la méditation a été la première pratique vers laquelle je me suis tournée. Le hasard a fait que je déménage dans un faubourg de ma ville que je connaissais à peine, et à moins de 500 mètres de chez moi, alors que je vivais à côté d’un supermarché et au milieu d’immeubles plus gris les uns que les autres, coulait une autre rivière, miraculeusement coupée du tumulte urbain, au milieu de roseaux, d’aulnes et de saules (avec aussi quelques boulets qui venaient promener leur chien ou boire des bières, mais chhttttt, c’est déjà oublié) . Elles est devenue – ainsi que tout son environnement – une formidable alliée pour méditer pendant plusieurs années. Le bruit de l’eau, sa fraîcheur, ses reflets, sont autant d’éléments qui nettoient l’esprit et permettent de l’apaiser, le préparent et l’accompagnent dans un travail spirituel … Je ne vous apprends rien 🙂

J’ai encore déménagé il y a un an [article publié le 22 février 2015], dans un village ; et là encore, la rivière est à deux pas. On se connaît déjà, c’est la même que la précédente, juste plus rurale (ya moins de boulets et encore plus de vert, hourra !). Ma pratique à ses côtés s’est encore développée au fil du temps, j’avais envie de partager ici à ce sujet. Je l’aime d’amour, je vous jure.

Tisser des liens

Rien de fou pour cela, soyez simplement sincère et patient. Pensez aux offrandes bien sûr ; mais surtout, passez du temps auprès d’elle. Apprenez à la connaître. Parlez-lui. Écoutez-la. Soyez attentif aux arbres et aux plantes qui la bordent, aux oiseaux et animaux qui les fréquentent. Chantez. Peut-être vous soufflera-t-elle son nom … Pensez à lui glisser le vôtre 🙂

Nema, dans son ouvrage « Maat Magick » dont j’ai déjà traduit un extrait ici, propose un petit rituel qui s’adresse au Gange, et qui m’a inspiré quand j’ai commencé à travailler plus consciemment avec la rivière proche de chez moi :

« Oraison au Gange. J’utilise celle-ci dans toutes les circonstances où je suis au contact de l’eau, lorsque je bois, lorsque je me lave les mains, lorsque je lave ma vaisselle, mes vêtements, le sol… Quand je traverse un pont au-dessus d’une rivière ou d’un cours d’eau, quand je prends un bain ou une douche, quand je nage, etc.

« Salut à toi, ô Mère Gange, qui coule pour l’éternité autour du monde et retourne toujours à ta source. Purifie-nous alors que je te prie, dans le perpétuel rituel qu’est la vie. Hare hare Ganga. »  » [traduction personnelle]

Je ne me suis personnellement pas adressée au Gange mais directement au cours d’eau qui coulait près de chez moi ; comme bien souvent je ne me suis pas gênée pour adapter la forme ; quoiqu’il en soit, le fond est resté le même, et le travail constant et conscient avec l’élément aquatique, en lien avec « ma » rivière, a vraiment renforcé notre relation.

Pratiquer

 Des choses simples, très simples… Mais j’ai mis du temps à les concevoir/percevoir, alors peut-être ces quelques idées pourront-elles vous inspirer !

* Méditation : Une de mes enseignantes de yoga compare toujours le flot de pensées à des nuages, qu’il faut apprendre à laisser passer dans son ciel intérieur sans les retenir, sans se focaliser dessus… Au bord de l’eau, je demande à la rivière de les emporter dans son cours. Le chant de l’eau facilite grandement le lâcher prise… Même si vous bloquez, le courant finit par être plus fort. Essayez, c’est magique 🙂

* Introspection : l’Esprit de ma rivière me montre un visage changeant ; il est parfois léger, parfois sombre, d’autre fois totalement insaisissable à première vue. J’ai mis du temps à comprendre qu’en réalité, la rivière agit pour moi comme un miroir ; ce que j’en perçois, le visage qu’elle choisit de revêtir, les visions qu’elle m’offre… me renvoient un reflet de moi-même, de mon état intérieur… Et son courant me dépouille de tout artifice superflu, me rendant plus « lisible » à mes propres yeux. Plongez votre regard dans l’eau et voyez ce qu’elle a à vous révéler. Chez vous, vous pourrez également utiliser un miroir que vous aurez lavé avec l’eau de la rivière.

* Purification : Asseyez-vous au bord de l’eau, déposez vos outils, pierres, bijoux dans le courant ; lavez vos mains, vos pieds… Comme vous le sentez, selon votre intention (après une longue marche ou avant un rituel elle ne sera pas forcément la même). Difficile de trouver plus simple comme mode d’emploi, non ? 🙂 Gardez simplement à l’esprit, constamment, le mouvement de l’eau, qui emporte loin (loin, loin…) ce dont vous souhaitez être purifié. Ce type de purification me semble parfaitement indiqué avant un rite dans lequel on fera appel à des entités locales.

* Transformation : Observez l’eau de la rivière ; voyez comme elle s’adapte aux remous, franchit les obstacles, avec fluidité et dans un renouvellement constant. Elle poursuit sa route en dépit de tout, et adapte son flot à son environnement. La simple contemplation de ces phénomènes pourra vous inspirer dans votre propre avancée. Imprégnez-vous du mouvement perpétuel de l’eau ; utilisez-la en onction sur votre corps et demandez-lui de vous insuffler son pouvoir de transformation et d’adaptation, pour vous permettre de poursuivre votre cours ; baignez-y  vos talismans pour les charger de ces énergies mouvantes. Vous pouvez également rapporter une fiole chez vous pour vos travaux, mais attention : non seulement l’eau croupit facilement, mais surtout, enfermée de manière statique dans un bocal, elle perd de son tempérament … A utiliser rapidement donc 🙂

* Bannissement : J’ai expérimenté à deux reprises un petit rite de bannissement qui s’est montré assez efficace (bien qu’aux conséquences un peu weird la seconde fois !) ; préparez une poudre de bannissement (pour ma part, j’ai utilisé un mélange de sel, d’ortie, d’épines de prunellier réduites en petits morceaux, de molène et d’achillée, mais les combinaisons peuvent être variées, fouillez sur le net pour trouver des idées) ; rendez vous au bord de la rivière, expliquez-lui ce dont vous souhaitez vous débarrasser et pourquoi, demandez-lui de vous aider. Pensez à présenter une offrande. Si votre demande est acceptée, procédez comme suit : tournez le dos à l’eau ; en tenant la poudre dans votre main, concentrez-vous sur ce que vous souhaitez bannir, nommez cette chose (travailler sur un sigil vocal et/ou visuel pourra être un bon préalable) et jetez en même temps la poudre dans l’eau, par-dessus votre épaule. Laissez s’éloigner ce qui doit partir. Remerciez la rivière et partez sans vous retourner.

Je suis sûre que pour la réalisation d’un vœu, d’un but à atteindre, la rivière pourra aussi se montrer une alliée précieuse. Je n’ai pas encore eu l’occasion de composer quelque chose dans ce goût-là mais j’éditerai l’article si le moment se présente 😉

* Libation : Daniel Schulke, dans son « Viridarium Umbris », suggère d’utiliser l’eau des rivières (ou de n’importe quel cours d’eau) en guise de libation, offerte au sol, avant toute pratique sorcière. Le fait qu’elle soit une eau mouvante ferait d’elle une libation toute indiquée – et plus le courant sera fort, mieux ce sera. Je ne l’ai pas encore fait, mais puisque je viens tout juste de le lire il y a quelques jours, je partage l’idée 🙂 Elle me semble bien à propos dans un travail avec des esprits locaux.

* Préparation : ajoutez l’eau de votre cours d’eau à une préparation qui sera ajoutée à vos bains, utilisée au cours de vos rituels … C’est ce que font les pratiquants du Lucumí dans l’omiero .

Orion Foxwood – La Flamme Triple et les Colombes du Coeur

Extrait de « The Tree of Enchantment », d’Orion Foxwood
Traduction et adaptation personnelles.

1. Soyez conscient du ciel au-dessus de vous, de la terre sous vos pieds, et du soleil qui brille au centre de votre être, au niveau de votre cœur. Cette prise de conscience vous permet de vous aligner au Bilé mystique, l’Arbre de l’Enchantement [sorte d’Axis Mundi, ou Yggdrasil, ndt].

2. Soyez attentif aux quatre directions autour de vous : celle face à vous, celle derrière vous, celle à votre gauche, celle à votre droite ; Ceci vous place au carrefour de toute magie.

3. Prenez conscience de l’air qui entre et qui sort de vos poumons,  mimant les pouvoirs créateurs et destructeurs du Néant. Votre souffle vous connecte à toute chose au travers des vents de la création et du Verbe.

4. Soyez conscient du fait que vous vous tenez maintenant au centre de la Création.

5. Abaissez votre main gauche vers le sol, et élevez votre main droite vers les cieux. Ne forcez pas, sentez vous à l’aise dans la posture.

6. Visualisez votre main gauche s’enfoncer dans le sol et voyager à travers la terre, les racines des arbres, les roches, les sources souterraines, jusqu’à atteindre le coeur de la Terre. Visualisez vos doigts atteindre un océan de flammes bleues. Prenez en une poignée.

7. Tout en préservant cette vision, visualisez votre main droite s’élever à travers les cieux, au-delà des nuages et des étoiles, jusqu’à atteindre un océan de flammes blanches et chaudes. Votre main en attrape une petite partie.

8. Doucement mais sûrement, élevez votre main gauche au-dessus de votre tête, en faisant circuler la flamme bleue recueillie à travers tout votre corps. Au-dessus de votre tête, elle prend la forme d’un triangle bleu inversé. Fixez-la à cet endroit.

9. Doucement mais sûrement, faites descendre votre main droite, en faisant circuler la flamme blanche dans tout votre corps, jusqu’à ce qu’elle atteigne le sol sous vos pieds, où elle forme un triangle blanc. Fixez-la à cet endroit.

10. Vous vous tenez à présent avec les mains à l’inverse de leurs positions initiales, votre main gauche élevée au niveau du triangle d’Obscurité, votre main droite abaissée au niveau du triangle de Lumière. Vous êtes couronné par la flamme bleue du Monde d’En-Dessous, et porté par la flamme blanche du Monde d’Au-Dessus.

11. Visualisez alors la flamme orangée qui brûle au niveau de votre cœur. Vous êtes entre les trois flammes, entre les Trois Mondes [Monde d’Au-Dessus, Monde d’En-Dessous, Monde du Milieu, ndt].

12. Abaissez votre main gauche, pour faire descendre le triangle bleu inversé au niveau de votre cœur. Simultanément, remontez votre main droite et le triangle blanc, jusqu’au niveau de votre cœur.  Vous formez ainsi une étoile à six branches avec les deux triangles, avec en son centre la flamme orangée de votre cœur.

13. Croisez vos bras sur votre poitrine, et sentez les pouvoirs équilibrants de l’hexagramme se confondre pour ne plus former qu’une boule de lumière bleutée, blanche et orangée. Les bras toujours repliés, sentez comme vous vous alignez parfaitement avec l’Arbre et les Trois Mondes.

14. Ouvrez doucement vos bras, en visualisant et sentant les flammes s’échapper de vous sous forme de colombes. Relâchez-les, et orientez-les vers ce qui dans votre vie, ou dans la vie d’un autre, a besoin d’équilibre et de guérison.

15. Situez-vous à nouveau au cœur des sept directions, comme dans les étapes 1 à 3, et revenez doucement à vous.

Orion Foxwood – Ouvrir la Source de Faery

Exercice tiré de « the Tree of Enchantment », d’Orion Foxwood.
Traduction et adaptation personnelles.


Cet exercice sera plus efficace s’il est pratiqué en extérieur […] Il a vocation à révéler l’Esprit sacré et empli de pouvoir présent partout dans le monde naturel. Il permet aussi de se mettre en contact avec les énergies d’un lieu, et favorise un travail harmonieux avec ces dernières. La technique d’ouverture de la source de Faery utilise l’image traditionnelle de la Source Sacrée.

1. Concentrez vous sur vos sensations. Soyez conscient de votre présence ici et maintenant. Soyez également attentif aux sons et sensations autour de vous, autorisez-les à passer à travers vous sans modifier votre état d’esprit, comme de l’eau à travers une passoire. Fermez les yeux afin d’intérioriser au maximum votre conscience. Ancrez-vous.

2. Soyez attentif à votre respiration, semblable à la respiration de l’univers, tour-à-tour créant et détruisant. Laissez de côté toute préoccupation du monde humain alors que vous entrez dans l’éternelle communion des esprits. Soyez immobile, tranquille, mentalement et physiquement.

3. Prenez conscience du Soleil au-dessus de vous, l’étoile qui danse sur l’infinité de la nuit. Sentez sa présence, qui irradie de pouvoir en direction de la Terre et de tous ses habitants. Soyez aussi conscient du Soleil à l’intérieur de la Terre, celui qui procure la lumière au monde souterrain, le monde de Faery, des forces ancestrales, de l’âme de la planète…

4. Soyez conscient du feu qui brûle à l’intérieur de votre cœur, le centre de votre univers intérieur. La lumière de ce Soleil intérieur éclaire chaque parcelle de votre corps et de votre esprit. Visualisez ces trois Soleils s’aligner dans un rayon de lumière, vous connectant à tout ce qui est au-dessus, en-dessous, et à l’intérieur de vous. Voici le Bilé [arbre-monde, axis-mundi de la tradition Faery d’Orion Foxwood, ndt]. Les effets de l’alignement de ces trois Soleils est proche de ceux de l’exercice de la Flamme Triple. Cela renforce votre bien-être et votre clarté d’esprit.

5. Ouvrez vos yeux. Soyez conscient que, bien que vous pensiez que vous marchez sur la terre, il peut être plus juste de dire que vous flottez dessus ; et un océan de pouvoir et de vitalité se cache sous cette enveloppe.

6. Tendez le bras de votre choix devant vous et, avec votre index, tracez – dans le sens des aiguilles d’une montre – un cercle sur le sol devant vous, en ressentant bien le fait que vous marquez les limites d’une source qui va s’ouvrir dans la terre.

7. Maintenez cette impression, tendez à nouveau votre bras, et tracez cette fois-ci un trait vertical du haut jusqu’au bas du cercle, en déclarant : « Puissent les forces du Dessus… »

8. Tracez une ligne horizontale de la gauche vers la droite du cercle afin de former une croix aux quatre branches égales, tout en disant : « … s’unir avec les forces du Dessous ». Vous avez à présent devant vous une croix avec un cercle tout autour, les quatre branches égales touchant les limites du cercle.

9. A présent se trouve quatre quarts dans le cercle. Considérez-les comme la peau d’un oignon, que vous pouvez éplucher pour en révéler l’intérieur. Glissez votre main dans le premier quart et « ouvrez »-le, comme si vous l’épluchiez, de l’intérieur vers l’extérieur. Faites de même avec les trois autres quarts, en vous concentrant sur l’idée que vous ouvrez une source.

10. Une fois la source pleinement ouverte, sentez le pouvoir qui y réside. C’est le pouvoir de la terre sacrée, qui réside à la racine de toute substance, et la nourrit. « Plongez »-y vos mains, comme pour y puisez de l’eau. Recueillez-y la flamme bleue [visualisée dans l’exercice de la Flamme Triple, ndt]. Versez cette flamme sur votre corps, sentez-la vous purifier, vous relier à la terre. Nettoyez-vous avec cette flamme.

11. Emplissez-vous des sentiments de clarté, de purification, de plénitude, de connexion avec la terre. Asseyez-vous quelques temps et savourez ces sensations.

12. Doucement, refermez la source : « rabattez » chaque quart vers le centre, l’un après l’autre. Continuez à sentir le pouvoir du monde souterrain à l’intérieur de la source.

13. Une fois que vous avez fermé chaque section, tendez votre bras et avec votre index, tracez cette fois-ci la ligne horizontale de la droite vers la gauche ; de même, tracez la ligne verticale du bas vers le haut. Ainsi, vous défaites la croix.

14. Toujours avec votre index, tracez le cercle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre afin de fermer complètement la source. Asseyez-vous, et sentez la source se retrancher complètement dans la terre, où elle réside en permanence.

15. Toujours assis, méditez un temps sur votre sensation de connexion avec la terre.

16. Ancrez-vous à nouveau.

Cet exercice devrait être exécuté avant toute pratique Faery réalisée sur une terre inconnue.

Au début de votre pratique, il devrait être fait deux à trois fois par semaine, pendant un mois, afin de vous connecter à l’énergie de la terre qui accueille votre travail spirituel.

L’Hysope

L’hysope est une plante d’origine méditerranéenne que j’ai découverte assez récemment [article initialement publié le 8 mai 2014], trois ou quatre ans tout au plus. C’est lors de courses dans un supermarché bio de ma ville que je l’ai repéré pour la première fois. Son nom m’a interpellé, certainement parce que je l’avais déjà croisé dans un de mes livres d’herboristerie, d’histoire des religions ou de magie verte. J’ai cédé à l’envie d’en acheter sans vraiment savoir ce que j’allais en faire, et grand bien m’en a pris puisqu’elle est depuis devenue une de mes simples préférées.

Mes premières recherches m’ont amené vers la Bible, dans laquelle l’hysope est citée à plusieurs reprises, avant tout comme un symbole de pureté et d’humilité ; on y fait notamment mention de l’utilisation de ses branches pour l’aspersion d’eau de purification ; le psaume 51, quant à lui, dit : « Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige. »

Qu’importe s’il s’agit réellement ou non d’hysope (comme cela est contesté par différents auteurs, et remarquablement dans cet article du blog Books of Dante) ; mon expérience personnelle m’incite à la considérer comme une plante très puissante en matière de purification.

Commençons par faire le tour de ce que j’ai pu trouver à son sujet dans ma bibliothèque. Chez Vincent Lauvergne tout d’abord, l’hysope purifie les centres énergétiques. Elle est une plante de protection contre les maléfices et les mauvaises influences, que l’auteur recommande de porter sur soi dans un sachet de toile blanche pour purifier l’aura et protéger des influences négatives. Les éléments associés sont le Feu, l’Air et l’Eau ; les planètes, quant à elles, sont le Soleil et Jupiter ; enfin, les signes astrologiques correspondants sont le Bélier, la Balance et le Sagittaire. Voilà donc pour le «Manuel pratique de Magie Verte ».

Dans « l’Encyclopedia of Magical Herbs » de Scott Cunningham, le genre de l’hysope est masculin, la planète et l’élément qui y sont associés sont Jupiter et le Feu. C’est selon l’auteur la plante la plus utilisée pour la purification en magie. Cunningham propose de l’utiliser dans des bains, ou infusée puis aspergée sur des objets ou des personnes, ou encore accrochée dans la maison pour en chasser toute négativité.

A titre personnel, je l’utilise avant tout en infusion à froid (c’est-à-dire que je disperse quelques pincées de plante sèche dans un récipient d’eau froide) pour la purification :

  • J’y dépose mes pierres le temps d’une heure ou d’une nuit
  • J’y nettoie mes outils magiques
  • J’y trempe mes doigts ou un brin de branches de bouleau pour ensuite asperger la pièce que je souhaite purifier
  • Si je sens qu’une pièce est particulièrement chargée, je dispose le récipient au centre de la pièce pendant quelques heures ; une fois que je sens l’atmosphère plus légère, je rends l’eau à la terre (ou aux toilettes, on fait comme on peut 😉 )
  • Je me purifie, soit en utilisant l’eau en onction avec une formule consacrée, soit en trempant un temps mes mains dedans et en « faisant couler » le long de mes bras ce qui me pèse

Lors de certains travaux magiques particuliers, plus longs ou plus exigeants, il m’arrive de prendre un bain dans lequel je fais infuser au préalable un sachet empli d’hysope. Je complète souvent avec une tisane de la même plante, qui, une fois absorbée, conforte la sensation de pureté rituelle.

Pourquoi privilégier l’hysope plutôt qu’une autre méthode de purification ? Tout dépend justement de votre intention. J’ai pu constater que ces préalables rituels en compagnie de l’hysope, en plus de me purifier en profondeur, me rendaient particulièrement réceptive à des énergies ou des entités très « high vibes », plutôt célestes ou stellaires, et stimulaient mes capacités divinatoires et théurgiques. Je ne saurai expliquer exactement, mais j’ai généralement la sensation, après m’être bien imprégnée de l’essence de la plante dans mon bain et en buvant mon infusion, d’être entourée d’une bulle bleutée ou violette, je sens mes centres d’énergie du haut du corps particulièrement vibrants et réceptifs. Mes méditations comme mes rites et mes prières sont alors particulièrement profonds. C’est une herbe que je conseillerais par exemple à qui veut entamer un travail avec des divinités comme, la Déesse Étoile, Nuit,  Isis, Hekate sous son aspect Soteira, Inanna… Couplée à certains minéraux comme le lapis-lazuli ou encore l’améthyste, elle est vraiment une alliée de choix pour la connexion aux sphères les plus élevées de l’être comme du divin.

Plus généralement, l’hysope ne peut que faire du bien à qui se sent encombré d’énergies négatives, de peaux mortes spirituelles ; elle éclaircit l’esprit et chasse les doutes comme les idées noires, apportant paix, concentration et sagesse. A noter que dans le domaine de la phytothérapie, on l’utilise en infusion pour soigner les voies respiratoires et la sphère ORL ; elle a aussi des vertus dépuratives, qualités qui rejoignent grandement sa capacité à chasser les miasmes spirituels. Dans le cadre d’un travail de guérison, je recommanderais d’en ajouter une pincée dans un encens destiné par exemple à purifier la chambre du malade.

Daniel Schulke – Revêtir les manteaux d’Ombre et de Lumière

Pratique extraite du « Viridarium Umbris » de Daniel Schulke, que j’étudie en ce moment [article initialement publié le 9 février 2015]. J’aurais voulu l’introduire par un « cette pratique sert à ça, et à ça, et à ça » plutôt que de le balancer sans préambule, mais impossible de trouver les mots. Lisez, voyez si ça vous parle, et, le cas échéant… Expérimentez 🙂

Traduction et adaptation personnelles

A la lumière de la Lune, lorsque celle-ci est pleine et à son zénith, assieds-toi sous un arbre aux nombreuses branches, ou au cœur d’un buisson formant un abri au-dessus de ta tête, de sorte que sous la radiance de la flamme lunaire l’ombre des limbes sylvestres soit projetée sur le sol. On peut également procéder pendant les heures du jour, en un lieu où solitude et silence sont préservés. Fixe ton attention sur l’ombre des branches et sur la lumière qui se glisse entre elles et parvient jusqu’au sol ; par la fascination, lie-les dans l’œil de l’Âme. Ferme les portes sensorielles à tout stimuli, si ce n’est à ce buisson fait d’ombre ; laisse son mouvement t’emplir complètement à travers la vue, l’ouïe, la pensée, et toute autre voie de médiation charnelle. Contemple ces motifs multiples, en transformation constante,  qui sont avant tout des reflets dans le Miroir de la nature, creux et sans substance ; mais  qui sont aussi des apparitions solides de la nullité. A travers tous tes moyens de perception, pénètre dans ce buisson d’ombre, jusqu’à ce que toutes les Branches de l’Obscurité soient tissées autour de toi, et que l’aperçu de leur forme terrestre ait diminué. Une fois l’œil de Vision entièrement encerclé par ces branches d’ombre, rassemble leur infinité autour de toi comme un manteau pour couvrir ton corps, et prononce une fois le mot AHADARATH. Puis, afin de  faire réduire à nouveau le buisson, et pour ouvrir à nouveau graduellement les portes des sens corporels, retourne à la pleine conscience. A travers l’ensemble de cette action, la Robe du Buisson d’Ombre est revêtue, et la requête présentée devant l’Ange de la Porte Fermée. Par ces moyens mis en œuvre, on pourra pénétrer le Jardin de l’Oubli, ce lieu de dépouillement du connu, ou y consigner du pouvoir.

Par des voies similaires, détourne à présent tes yeux de l’ombre pour les diriger vers les branches vivantes de l’arbre, celui qui est reconnu comme solide et substantiel. Laisse ta vision embrasser les entrelacs de branches et de brindilles, et enveloppe-toi de la lumière qui les illumine. Entre dans le Buisson de Lumière, par les mêmes moyens que tu es entré dans le Buisson d’Ombre et laisse ton regard se frayer un passage entre Intérieur et Extérieur, de sorte que le Buisson Illuminé soit comme enflammé, le mouvement de ses branches radiant de splendeur. Puis rassemble autour de toi ce manteau de lumière en murmurant le mot AZHAMATHA. A travers cela, le Manteau du Buisson Lumineux est revêtu, et la requête déposée devant l’Ange de la Porte Ouverte. Puisse ainsi le Sage faire bonne mesure devant le Jardin Illuminé, ce Lieu de Révélation, ou devant tout pouvoir qui, par les bonnes grâces des Kerubim, lui sera offert depuis ce lieu.

Orryelle Defenestrate-Bascule – Liber Qoph Vel Hecate

Prière quotidienne à la Lune.
Traduction et adaptation personnelles. 

Salut à Toi Luna, alors que Tu T’élèves, Ixchel
Kia, pâle dame,
Reine des rêves, Jette Ton sort
Au triple voile
Ar-iadne, Ar-ianhrod, Ar-achné, Moires,

Salut à Toi Hécate
Aux trois visages,
Brillant au loin,
Araignée du Destin
Au centre de Ta toile aux étoiles d’argent.

LUNE CROISSANTE :

Salut à Toi, Diane, Chasseresse,
Qui bandes ton arc d’argent,
Salut à Vous, Artémis et Io,
Oh Cornue, lueur grandissante,
Numineuse vierge au croissant dévoilé

Salut à Toi, Clotho, qui file le fil de l’existence
Issu de la nuit de Nyx
Qui transforme les fibres premières de la Destinée
De Tes mains agiles
Qui torsade en un seul brin l’Obscur et le Lumineux

PLEINE LUNE :

Salut à Toi, Mère Lune,
Pleine et féconde, ronde et brillante,
Isis, nous Te faisons descendre depuis la voûte nocturne,
Avec Ta matrice-chaudron d’un blanc iridescent

Salut à Toi, Lachesis, Tisseuse, construis Ta toile
Tisse les lignes qui s’étendent
Entre les temps de croissance et décroissance
Et les vagues de flux et reflux
Les arachnéennes Cordes d’argent
Du rêve se rejoignent
Dans Ta matrice mêlée de matière et d’éther
Mère Rêve, donne Naissance
Alors que Ta lumière s’étend jusqu’à la Terre

LUNE DECROISSANTE :

Salut à Toi, Grand-Mère Araignée,
Vieille et Corbeau,
Femme Sage, ancienne, prophétesse,
Aide-nous à faire face et à détruire
Notre peur
Salut à Toi, Hécate des Carrefours,
Oh présence lumineuse, ancienne et inquiétante,
Ton croissant numineux décroît, poursuivant sa route

Salut à Toi, Atropos, qui coupe
Munie de ta faux d’argent décroissante
Tu tranches

Le fil de la Vie.

LUNE NOIRE :

Il y a une quatrième face, bien qu’on ne la distingue pas
Il y a une quatrième voie, que peu connaissent
Un quatrième Destin, qui patiente
Dans l’ombre

Salut à Toi, Kali, Noirceur,
Dont s’écoulent les kalas du Temps
Trois Nornes convergent,
Passé, présent, futur mêlés,
Sur le sentier du Sang au-delà de la Roue
Nous nous engouffrons et dirigeons nos visions
Vers Caer Arianrhod, Château dans le Ciel

Salut à Toi Néant, Zéro, Nuit, Maat
A toi est l’Art sombre et secret

Lorsque la faux de l’Ancienne tranche le souffle et que dans la mort
Le Fil de la Vie semble se défaire
Du Rien Tu fabriques un nouveau masque
Et le remets à sa place
Sur le fuseau de Clotho.

Ce travail est une prière lunaire quotidienne, adoration ou salutation complémentaire au ‘Liber Resh vel Helios.’, l’adoration solaire d’Aleister Crowley. A l’inverse du Liber Resh, il est plutôt lié aux cycles mensuels qu’aux cycles journaliers ; c’est pourquoi il est destiné à être utilisé une seule fois quotidiennement, la nuit, de préférence au moment où la lune se lève. La première partie est pour chaque soir, les autres sont à alterner en fonction de la phase lunaire. L’usage de ce Liber aide à s’accorder aux cycles naturels de la course lunaire.

Contrairement au Liber Resh, qui, à côté de son titre gréco-hébreux évoque seulement des déités égyptiennes, le Liber Qoph puise à une variété de panthéons mythologiques et culturels pour représenter différents aspects de la déesse lunaire – grec, égyptien, maya, inca, celtique, nordique.  Il s’agit en priorité d’une prière aux Moires, introduisant également le quatrième visage invisible de cette Triple Déesse, et sa fonction en tant que quatrième Destinée cachée. Dans la tradition sabbatique, il existe une quatrième route sombre, secrète, partant du carrefour à trois voies traditionnellement habité par Hecate […]

[…] L’objectif de ce travail est d’équilibrer les énergies solaires du Liber Resh avec les énergies lunaires, en tant que métaphores complémentaires pour le conscient et l’inconscient. Resh est la lettre hébraïque qui correspond astrologiquement au Soleil et à l’arcane du Soleil dans le tarot, symbolisée par l’avant de la tête. Qoph est la lettre qui correspond astrologiquement à la Lune et à l’arcane de la Haute Prêtresse, symbolisée par l’arrière de la tête. De manière similaire, dans d’anciens textes tantriques, le chakra Ajna (« troisième oeil ») est considéré solaire, et le chakra Bindu, situé à l’arrière de la tête, est considéré lunaire. Physiologiquement, le Cerebrum, le conscient « rationnel » est à l’avant de la tête, et le Cerebellum, en lien avec l’inconscient, les rêves et les visions, est localisé à l’arrière de la tête. Le subconscient reflète le conscient de la même manière que la Lune reflète la lumière du Soleil – réalisant ainsi dans la tête humaine, de manière médicalement validée, la métaphore alchimique du Hieros Gamos, du mariage sacré.

Ces énergies solaires et lunaires peuvent être unies dans la glande pinéale au centre de la tête, la glande qui s’avère être physiologiquement responsable de notre sens naturel du temps en pistant la lumière du Soleil et de la Lune. Dans la guématrie hébraïque traditionnelle, la lettre Resh = 200 et la lettre Qoph = 100, qui est aussi le nombre de la déesse lunaire Hécate ! 200 + 100 = 300, la valeur de Shin, la lettre hébraïque du feu et de l’esprit. Ainsi la montée du feu de la Kundalini jusqu’à la tête et l’union des énergies solaires et lunaires d’Ida et Pingala au centre du cerveau permet au prana de s’élancer à travers le chakra couronne Sahasrara dans l’Union avec le Tout.

Ce Liber, destiné à être lu à haute voix quotidiennement, conduit des strates du subconscient jusqu’à l’attention du conscient, et nous connecte aux cycles aux rythmes des phases de la lune. Combiné avec la pratique quotidienne du Liber Resh, il peut aider à l’union des énergies solaires et lunaires au centre du cerveau. Ce travail est particulièrement pertinent dans notre monde moderne où la lumière électrique interfère avec les fonctions naturelles de la glande pinéale.

Il est recommandé, aussi souvent que possible, que le travail soit réalisé en extérieur, sous la lumière de la lune. Cependant, à l’inverse du Liber Resh, pour lequel il est nécessaire de faire face au soleil, le Liber Qoph vel Hecate doit être lu avec la Lune derrière vous, afin d’absorber ses énergies subtiles à travers le chakra Bindu, sur le Qoph ou l’arrière de la tête […]

Addendum :

Des mois après l’écriture de ce Liber, la pratique régulière des adorations commença à affecter mes rêves. Je me suis réveillé une pleine lune avec la réalisation qu’il ya quatre « Ar » lunaires évoquées dans le texte : ARiadne, ARianrhod, ARachné, ARtémis – de la même manière qu’il y a quatre formes du Ra solaire adoré quotidiennement dans le Liber Resh vel Helios. On peut présumer que les deux travaux complémentaires ont porté cette strate subconsciente jusqu’à mon attention consciente, comme la Lune Ar est éclairée par le Soleil Ra. »