La Magie des Rivières : charger des objets

Extrait de « the candle at the crossroads », de Orion Foxwood
Traduction et adaptation personnelles

Oshun, par Manuel Mendive

Une autre forme de travail en collaboration avec la rivière qu’on m’a appris est le baptême ou chargement [ndlt : l’auteur parle de « in-spirit », qui pourrait se traduire par « insuffler l’esprit »] de sacs, statues, médaillons, et autres objets magiques, à l’aide de l’eau vive du courant. Une fois de plus, on perçoit le lien entre rivières, cours d’eau, criques, courants, et magie ou mouvement du pouvoir de l’esprit.

Si l’objet est béni dans l’intention d’éloigner quelque chose comme une malédiction, mettez-vous dos au courant, afin de voir l’eau s’éloigner de vous, et demandez à Dieu de remplir le courant avec Son pouvoir et de donner à la Dame le pouvoir de protéger et d’éloigner le mal. Demandez à la Dame de recevoir ce pouvoir et d’en charger l’objet. Une fois que vous sentez le pouvoir bien présent, trempez votre main dans l’eau qui s’éloigne de vous et aspergez l’objet par trois fois. On m’a appris à dire « au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit », mais vous pouvez sceller cette pratique comme bon vous semble.

Si l’objet est béni dans l’intention d’apporter quelque chose à son détenteur, procédez de la même façon, mais en faisant simplement face au courant.

Lorsque votre travail est  terminé, priez toujours afin que Dieu, le Créateur, ou l’Esprit bénisse ce cours d’eau et sa Dame.

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La Magie des Rivières : un charme de libération et d’attraction

Extrait de « the candle at the crossroads », de Orion Foxwood
Traduction et adaptation personnelles

On m’a appris que les rivières et les cours d’eau en général étaient de puissants lieux de passage vers le monde des esprits. Ils sont constitués de ce que nous nommons de « l’eau vivante », et utilisés pour les baptêmes (pas uniquement chrétiens), la conjuration de nouveaux chemins, et le chargement d’objets comme des spirit bags [ndlt : qu’on pourrait traduire par sacs-esprits ?]. […]

Depuis mon enfance, on m’a raconté qu’il existe un puissant esprit de la rivière, que nous appelons simplement la Dame de la Rivière. Elle peut donner ou prendre la vie, selon si on fait face ou non à son courant, qui charrie de grandes forces avec lesquelles nous pouvons travailler.

Avant de commencer à travailler avec un cours d’eau en particulier, je recommande de faire la chose suivante : trouvez une petite crique ou un endroit où vous pourrez aisément et sans danger traverser la rivière ; présentez vous à la Dame, et offrez-lui du miel (en le versant dans l’eau) pour adoucir ses eaux. Puis, utilisez un outil [ndlt : pendule, tarot, ou votre intuition !] qui vous permettra de savoir si Elle désire travailler avec vous. Une fois que vous avez obtenu une réponse positive, ou que vous avez trouvé un autre cours d’eau avec lequel coopérer, vous pouvez faire le travail suivant :

  • Décidez ce que vous désirez recevoir dans votre vie, ou ce que vous voulez travailler
  • Identifiez les forces ou situations qui empêchent votre progression et qui doivent être débloquées. Ne vous focalisez pas sur des personnes, mais plutôt, s’il s’agit de relations à défaire, concentrez-vous sur la sensation d’enchevêtrement que vous souhaitez voir disparaître.
  • Demandez à la Dame de la Rivière de défaire ce blocage dans votre vie
  • Entrez dans l’eau, avec vos bras croisés sur votre poitrine, en tournant le dos au courant. Puis, lorsque vous parvenez au centre du courant, ouvrez vos bras et laisser l’eau emporter avec elle toute influence négative. Si cette influence vous a fait souffrir, ou si elle a eu une quelconque importance pour vous, il est probable que vous vous mettiez à pleurer. Si cela arrive, offrez vos larmes à la Dame, cela accroîtra le pouvoir de votre travail.
  • Lorsque vous vous sentez libéré, traversez la rivière jusqu’à la rive opposée, les bras le long du corps, tout en remerciant la Dame.
  • Une fois sur l’autre rive, méditez sur ce que vous souhaitez recevoir à la place de ce dont vous venez de vous libérer.
  • Puis, retournez dans l’eau, cette fois-ci en faisant face au courant ; au centre, ouvrez grand vos bras afin d’accueillir du nouveau dans votre vie, et demandez-le à la Dame.
  • Une fois que vous vous sentirez touché par sa bénédiction, refermez vos bras comme pour mieux l’accueillir.
  • Retournez sur la rive où votre pratique a débuté. Ressentez de la gratitude envers la Dame, et recherchez une pierre que vous pourrez emporter avec vous et qui vous rappellera Son pouvoir.
  • Versez un peu de lait dans le courant afin d’accroître le pouvoir fertile et nourricier de la Dame. Puis repartez, et laissez le pouvoir agir.

Prières pour Oshun

O ma mère Oshun, reine des rivières et des cours d’eau.
O ma mère Oshun, entends nos prières.
Près de la chute d’eau se trouve une petite grotte,
Près de la chute d’eau se trouve un petit banc doré.
Près de la chute d’eau, ma mère Oshun vient souvent se reposer.

Source, traduction personnelle 

Oshun est essentiellement connue comme l’Orisha de l’amour, de la sensualité et de la fertilité, associé aux rivières et aux cours d’eau. C’est d’ailleurs ce dernier trait qui m’a d’abord conduit vers elle il y a quelques mois, avec l’idée d’explorer de nouvelles pratiques en lien avec l’eau. Au fil du temps, je l’ai découverte bien plus complexe que ce que j’imaginais de prime abord. Pourvoyeuse d’espoir, de joie, d’abondance, mais aussi féroce guerrière, magicienne, consolatrice et conseillère. Sous sa légèreté faite de danses et de chants, de sourires enjôleurs et de caresses, d’eau limpide et chantante, je sens une incroyable profondeur, dans laquelle l’eau nettoie et fertilise autant qu’elle peut noyer. Ses « chemins » (concept assez proche de celui d’avatar) témoignent de sa complexité, puisqu’elle est tour à tour Moro la sensuelle, Aña la magicienne détentrice du tambour, ou encore Awé, celle qui veille sur les défunts aux côtés d’Oya.

Même si je lui ai consacré un autel depuis quelques temps, je ne la sens jamais aussi proche de moi que lorsque je passe quelques instants au bord de l’eau. Ce que j’aime, c’est que tout en étant une « divinité » venue « de loin », je la sens palpable, complètement dans « l’ici et maintenant », dans un contact vraiment similaire à celui que j’ai avec les esprits des lieux ou des plantes ; c’est une relation ancrée dans la chair et qui se vit complètement dans le corps – ou pour être plus précise, dans le »fetch », pour reprendre une terminologie Feri.

A place in the sun, par Sarah Golis

Et donc, nous disions… ? Ah oui, des prières. Maria-Alba Valdès, dans « Magie des Caraïbes et Santeria », en partage une  que voici :

Mère, Maîtresse du Fleuve, du monde où tout fils de saint va se baigner pour recevoir la bénédiction de l’eau douce, pour obtenir bonheur et réussite, femme qui danse avec sa jupe et ses cinq étoles, jolie reine pleine de rires et de joie, mais dont les hommes doivent se méfier, car elle est bien mystérieuse quand elle est en colère, femme dangereuse, messagère d’Olofi. Merci.

Et puis une autre, trouvée sur internet et adaptée depuis l’anglais par mes soins :

Louange à l’Orisha du mystère
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Louange à l’Orisha des rivières
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Louange à l’Orisha de la séduction
Esprit qui me purifie de l’intérieur
Mère du miroir,
Mère de la danse,
Mère de l’abondance,
Nous chantons ta louange.
Ashé-O.

On peut également appeler Oshun avec la salutation qui lui est consacrée : Ore yeye o ! (qu’on peut traduire approximativement par : salutations, Mère d’abondance !). Oshun aime les danses et les chants, aussi j’aime beaucoup fredonner cette petite formule sur un air improvisé pendant que je procède à mes offrandes.