Tara Sanchez – Un bannissement avec Hekate

Traduction et très large adaptation personnelles d’un rituel proposé par Tara Sanchez dans son livre « The Temple of Hekate »

De nombreux rituels de bannissement connus trouvent leurs racines dans les traditions cérémonielles, comme la Golden Dawn ; ces rituels comptent parmi les techniques de « haute magie » qui ont franchi les frontières de genre, et sont désormais pratiquées dans d’autres courants contemporains, certainement en raison de leur simplicité et de leur efficacité. L’idée de bannir les esprits mal intentionnés n’est toutefois pas récente, puisque de tels sorts et rituels existent dès l’Antiquité, et dans un très large spectre de cultures ; la peur face à de tels esprits semble avoir été pandémique.

Dans un enseignement formel, c’est souvent une des premières pratiques qu’un néophyte doit maîtriser ; on la réalisera fréquemment deux à trois fois par jour pendant plusieurs mois, et à raison : si l’on n’est pas capable de mettre de l’ordre dans son propre bazar, mieux vaut ne pas risquer d’en créer un nouveau.

Réaliser un tel bannissement avant et après un rituel peut aider se débarrasser d’énergies négatives et d’entités qui n’ont pas été sollicitées ; une pratique régulière équilibrera corps et esprit ; après tout, toutes les énergies négatives ne viennent pas de l’extérieur.

Le rituel suivant prend seulement quelques minutes, et une fois maîtrisé sur le plan matériel, se voudra tout aussi efficace dans l’astral ; on pourra l’utiliser pour nettoyer l’espace astral autour de soi, en cas de rencontre avec une entité qu’on souhaite tenir à distance; avant de continuer à progresser dans son voyage astral, en travaillant dans son temple astral ou en revenant vers sa forme physique.

1/ Faire face à l’Est et lever les bras en geste de louange. Dire : « Salut à toi Hekate, toi qui règne au Carrefour des Mondes. Je t’invoque, de nuit comme de jour, dans la lumière comme dans l’ombre ; car je suis ta prêtresse et j’ai au creux de mes mains les Yeux du Ciel ; car je suis la porteuse de ta Flamme Immortelle, et mon cœur est encerclé par Tes serpents. »

2/ Faire un pas vers l’Est. Glisser ses pouces dans ses poings tout en frappant une fois le sol du pied. Dire : « Au nom de Hekate, qui règne au Carrefour des Mondes ; Que tout indésirable quitte ce lieu consacré s’il ne souhaite être consumé par les yeux du Ciel ; qu’il parte, s’il ne veut être banni pour une durée de neuf jours dans les profondeurs des Enfers. »

3/ Relâcher ses pouces et faire le tour du cercle jusqu’au Sud. Répéter l’étape 2/ vers le Sud.

4/ Procéder de même à l’Ouest du cercle, puis au Nord.

5/ Revenir à l’Est, s’agenouiller et frapper le sol trois fois du plat de la main. Dire : « Gouffre du Tartare, entrouvre-toi, Au nom de Hekate, ta reine infernale ; Yeux de la Terre, empare-toi des esprits indésirables en perdition, et soumets-les à ma Volonté ; qu’ils obéissent à mes souhaits et à mes ordres ; qu’ils quittent ce lieu consacré et cessent de m’importuner. »

Note : dans le rituel original, Tara Sanchez fait appel à Hélios en plus de Hekate. C’est donc un choix personnel de ma part de n’avoir conservé que la Déesse aux Torches dans ma traduction.

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Arin Murphy-Hiscock – Rituel de protection du foyer

Tiré de « The Way of the Hedgewitch », d’Arin Murphy-Hiscock
Traduction personnelle

Au préalable, préparer l’huile de protection suivante :

Ingrédients :

  • une cuillère à soupe d’huile de base (olive convient très bien)
  • trois pincées de sel
  • un clou de girofle
  • une feuille de sauge

Mettre tous les ingrédients dans une bouteille. Pensez à mettre une étiquette indiquant la contenance, la date de réalisation, le but. Placez la bouteille au soleil, et laissez infuser au moins neuf jours.

Pour utiliser cette huile, trempez-y votre doigt et tracez une ligne en travers ou autour du lieu que vous voulez sceller.

Le rituel

Ce rituel permet non seulement de purifier le seuil du foyer, mais il le charge également de pouvoir, de sorte qu’il fonctionne comme un filtre pour laisser entrer l’énergie positive dans la maison, tout en gardant les énergies perturbatrices à l’extérieur.

Ceci permet de créer une barrière protectrice permanente sur le seuil de votre habitat. Si votre foyer dispose de plus d’une entrée utilisée régulièrement, réalisez ce rituel d’abord au niveau de l’accès principal, puis au niveaux des accès secondaires.

Matériel :

  • une tasse d’eau
  • une demi-tasse de vinaigre
  • une cuillère de sel
  • une cuillère de jus de citron
  • un bol ou autre contenant
  • une serpillère ou éponge
  • un smudge de sauge, ou de la sauge qui sera brûlée sur un charbon (prévoir un encensoir ou une coupelle)
  • un briquet ou allumettes
  • l’huile de protection
  • trois têtes d’ail

Mélangez l’eau, le vinaigre, le sel et le jus de citron dans un bol. Avec la serpillère/éponge trempée dans ce mélange, nettoyez la porte d’entrée et le seuil. Frottez consciencieusement de chaque côté du seuil et de la porte.

Allumez la sauge et passez-la dans l’encadrement de la porte, afin de bien « smudger » ce lieu de passage. Déposez la sauge dans l’encensoir afin qu’elle continue de fumer et de purifier l’entrée pendant tout le reste du rituel.

Trempez votre doigt dans l’huile de protection et tracez une ligne continue tout autour de l’encadrement de porte extérieur. Si nécessaire, trempez votre doigt plusieurs fois dans l’huile, mais reprenez exactement là où vous vous êtes arrêté, ou repassez sur quelques centimètres déjà tracés pour être certain de bien sceller tout le contour. En traçant la ligne, prononcez la formule suivante :

Qu’aucun mal ou maladie ne franchisse ce palier
Par cette ligne tracée, je les empêche d’entrer
Mon foyer est sacré et protégé.

Trempez  votre doigt à nouveau dans l’huile. Du côté intérieur de votre encadrement de porte, placez votre doigt dans le coin supérieur gauche, et tracez dans l’air une ligne bien droite, en biais, jusqu’au coin inférieur droit. Encore une fois, trempez votre doigt dans l’huile, et tracez une ligne identique du coin supérieur droit jusqu’au coin inférieur gauche. Une dernière fois, trempez votre doigt dans l’huile, placez-le sur l’encadrement, au centre, au-dessus de la porte, et tracez une ligne verticale descendant jusqu’au milieu du pas de porte. En traçant cette dernière ligne, répétez :

Qu’aucun mal ou maladie ne franchisse ce palier
Par cette ligne tracée, je les empêche d’entrer
Mon foyer est sacré et protégé.

Le symbole ainsi tracé est un hexefus, ou une combinaison des runes Isa (ligne verticale) et Gebo (un X). Gebo représente les échanges d’énergie ou d’objets, tandis qu’Isa représente un état statique (on peut la traduire par « glace »). Ce sceau runique permet de « geler » l’état de votre foyer et de vos possessions, et de les protéger des intrusions, physiques ou autres.

Prenez enfin les trois têtes d’ail. Touchez chacune d’elles avec votre doigt trempé dans l’huile. Enterrez-les près du seuil de votre maison, ou le plus près possible. Idéalement, enterrez-en une à chaque extrémité du seuil, et la troisième au milieu. En faisant cela, dites une dernière fois :

Qu’aucun mal ou maladie ne franchisse ce palier
Par cette ligne tracée, je les empêche d’entrer
Mon foyer est sacré et protégé.

Si le besoin s’en fait ressentir, réalisez ce même rituel à chaque fenêtre. Enterrez alors une seule tête d’ail dans la terre sous chaque fenêtre.

Ndt : et pour les urban witches, pensez à enterrer vos trois têtes d’ail dans la terre d’une plante  en pot que vous placerez près de votre entrée 🙂

Le Séneçon

Mais si, vous l’avez déjà vu. Sous ce nom se cache une des plantes les plus communes qui soient. « Mauvaise herbe » reine, on la croise en ville comme en campagne, de préférence sur des sols riches et souvent laissés en friche. Le séneçon commun est un envahisseur : avec ses akènes blancs portés par le vent (il peut produire plusieurs milliers de fruits par an !), il est capable de coloniser bien des terres, et on le retrouve un peu partout autour du monde. Une fois installé, il s’impose de manière pugnace face aux autres plantes. Il n’est pas rare de le voir fleurir pendant l’automne ou l’hiver, et sa floraison est particulièrement robuste.

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Séneçon des oiseaux, image trouvée sur plantes-magiques.fr

Séneçon vient du latin « senex » qui signifie « vieillard », clin d’œil à sa touffe de « poils » blancs. On le trouve également sous le nom de séneçon vulgaire, commun, des oiseaux, herbe à la chardonnerette, aux coitrons ; j’évoquerai également son cousin le séneçon jacobée, fleur de Saint-Roch, de Saint-Jacques ou encore de Notre-Dame, qui, bien que botaniquement proche du séneçon des oiseaux, a des traits spécifiques, y compris en magie.

Je me souviens étant gamine d’avoir fait des bouquets de ces fleurs jaunes, sans bien savoir si je les trouvais belles ou pas. Leur allure était trop rustique pour que ça fasse l’effet « bouquet de mariée » recherché, mais il fallait bien faire avec ce qu’on trouvait, et au final, j’étais quand même toujours bien fière de mes créations florales. Dans la pelouse de l’école où je travaille, elles résistent bien mieux que les pâquerettes aux piétinements des petits monstres : au mois de septembre, certaines de mes élèves m’en ont cueillies suffisamment pour remplir ma tasse à café, et ce matin, les mêmes ont à nouveau réussi à mettre la main sur quelques fleurs. C’est ce qui m’a rappelé que j’avais un article en préparation à son sujet depuis l’été passé.

Venons en donc au fait. Séneçon et sorcellerie. Honnêtement, je ne me serais jamais penchée dessus si dans un de mes ouvrages sur le folklore alsacien je n’avais trouvé mention du séneçon des oiseaux comme plante utilisée traditionnellement pour la protection et les exorcismes. « Quoi ? ça ? » Bah oui, fallait bien que le paysan moyen trouve de quoi faire dans le pré d’à côté. Et moi, fallait que je revois mes préjugés. Et puis surtout que je m’attache, comme j’en avais émis le vœu, à mieux connaître les « ressources » locales et les esprits des simples. Alors allons-y pour le séneçon.

La plante apparaît dans la pharmacopée populaire comme remèdes aux hémorroïdes, aux troubles menstruels, aux furoncles, aux rhumatismes, aux contusions, aux problèmes intestinaux (vers notamment)… Vu la palette d’utilisations possibles en matière médicinale, il paraît évident que cette modeste fleur constituait un allié familier rassurant pour quelqu’un en quête de protection ou de guérison psychique, émotionnelle ou physique. Pline parle de certaines pratiques magiques de son époque : La plante était supposée « capable de se charger des maux qu’elle était censée guérir et de les déposer dans la terre si on l’y replantait » (Guy Ducourthial, Flore magique et astrologique de l’Antiquité). Si commune, si résistante, si envahissante, indomptable, elle m’apparaît comme une plante qui ne craint rien, mais avec beaucoup de tranquillité. Un bouclier qui passe inaperçu, mais reste bien campé sur ses racines lorsqu’il s’agit de lutter. Pas facile à aborder, honnêtement, la dame (jacobée ou des oiseaux) est restée muette un bon moment. Mais elle a fini par me révéler quelques petits secrets qui parlaient beaucoup d’ancrage, de confiance et de pugnacité sereine.

Le séneçon n’est pas qu’une plante de protection ou de guérison. Une de ses caractéristiques est de contenir des alcaloïdes (ce qui fait qu’elle n’est quasiment plus utilisée actuellement en herboristerie). C’est peut-être ce qui lui a donné la réputation de servir de moyen de transport pour les sorcières et les êtres féériques, au point d’être évoqué comme tel jusque dans un poème de Ted Hugues :

« Once was every woman the witch
To ride a weed the ragwort road:
Devil to so whatever she would:
Each rosebud, every old bitch.[…] »

Ted Hughes, « Witche »

On trouve mention de cet usage en Ecosse, en Irlande, mais aussi en Allemagne, et certainement en d’autres lieux. Il s’agit là toutefois seulement du séneçon jacobée, qui fut, d’après mes recherches, également utilisé dans des filtres d’amour au cours du Moyen-Âge.

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Séneçon Jacobée, image trouvée sur florevirtuelle.free.fr

Les seules correspondances que j’ai pu trouvées présentent le séneçon comme associé à Vénus et à l’eau. Personnellement, je trouve ces associations relativement pertinentes pour le séneçon jacobée, auquel je trouve une identité féminine assez prononcée – et bien sûr pour son action sur les troubles menstruels. Mais le séneçon des oiseaux me semble  beaucoup plus saturnien, et franchement associé à la terre. En vérité, les deux dégagent des énergies complexes, d’abord imperceptibles (même fuyantes), puis qui se révèlent petit à petit. Ce sont clairement des plantes sorcières, avec le tempérament qui va avec ^^ mais le jacobée évoque davantage la jeunesse et la séduction, tandis que le séneçon des oiseaux m’inspire plus l’image de la vieille « hag » : il me rappelle un peu le pissenlit, en moins souterrain.

Alors que faire avec lui, une fois qu’on a un peu « apprivoisé » le séneçon ? Quelques idées en vrac, qui pourront peut-être vous inspirer :

  • Un talisman pour la protection, pour la guérison, pour avancer dans une démarche ou un projet avec assurance, pour se libérer d’un sentiment d’entrave ou d’influences néfastes. A remettre à la terre une fois les épreuves traversées et la situation stabilisée.
  • Un ingrédient d’oreiller magique pour favoriser les voyages, en toute protection.
  • Un ingrédient d’encens : pour favoriser le voyage, mais aussi la communication avec les esprits (je ne pense pas tellement aux morts en écrivant ça, pour davantage aux esprits de la nature, animaux, plantes… Aux esprits de « la Haie » en somme). Pour purifier un espace, un objet, des personnes… Tout en favorisant l’ancrage. Le séneçon jacobée constituera également un bel ingrédient pour une offrande aux fées.
  • Une infusion qu’on pourra utiliser pour nettoyer un espace, un objet, avant ou après un travail ayant trait à la guérison, à la protection ou encore un voyage au tambour.

Plus qu’avec d’autres plantes, je conseillerais un travail préalable pour faire connaissance avec le séneçon avant tout usage magique. J’ai eu plusieurs fois l’impression d’être testée, même tournée en bourrique, avant d’entamer une relation de confiance mutuelle qui puisse donner lieu à des travaux plus poussés – bien sûr, il s’agit d’une expérience personnelle, à vous de vous forger la vôtre. Le mieux comme toujours pour cela est d’aller passer du temps dans la verdure… Vivement le printemps 🙂

Ressources

www.heilkraueter.de
www.twocrows.co.uk
Le séneçon sur le Wiki allemand
Le séneçon commun
Le séneçon sur le forum de l’Alliance Magique
Le séneçon chez Mutien

L’Ortie

Depuis que je bois des infusions à la place du thé ou du café le matin [article publié initialement le 25 mai 2014], l’ortie est entrée dans mon top 10 des simples. Tonifiante, riche en minéraux, au goût assez doux avec cette petite touche d’amertume que j’adore, elle a le chic pour remettre les idées en place dès l’aurore. J’adore également la consommer en soupe, saupoudrée dans des salades ou ajoutée à l’appareil des quiches… Yummy *__* Mais là n’est pas la question aujourd’hui puisqu’il n’y a pas [encore] de rubrique « pétage du bide » sur ce blog [j’avoue, j’y songe].

La consommation régulière d’une plante induit nécessairement une connexion plus ou moins consciente à ses énergies subtiles, à son esprit, et, personnellement, c’est donc par le vecteur tout bête de la tisane que j’approfondis le plus souvent l’utilisation d’une simple en magie/sorcellerie. Ça n’a pas manqué d’être le cas pour l’ortie. J’ai noté d’abord un renforcement de la volonté, de la clarté d’esprit, un peu comme le romarin [que j’aborderai sans doute un jour], mais avec quelque chose de plus « feu » [j’associe plutôt le romarin à l’air personnellement], qui agit sur le plexus solaire et la racine. C’est une plante de courage, de confiance, avec son petit caractère j’oserais dire, qui mets des [gentils] coups de pieds au cul pour nous pousser vers l’action. Elle enseigne aussi la capacité à dire « stop » ou « non », notamment lorsqu’on se laisse envahir par des idées moroses ou les influences négatives d’une personne. Plante de fermeté et de décision donc. Plus d’une fois, elle m’a sortie de la procrastination et m’a aidé à trancher dans des situations troubles, ou à venir à bout de choses qui traînaient en longueur. Elle revigore et restaure l’optimisme, rendant plus apte à affronter l’adversité. On la recommande en protection, mais bien plus encore qu’un bouclier, je la vois comme le tambour qui nous encourage à entrer dans la bataille, ou le forgeron qui bichonne notre armure. Vous voyez où je veux en venir ?

Parlons de ce que j’ai pu trouver à son sujet.

Chez Tonton Scott, l’ortie est mâle dans son action et associée à la planète Mars et à l’élément Feu. Ses pouvoirs : consécration, exorcisme, guérison, désir sexuel, protection. Pour contrer un sort et le renvoyer à son « expéditeur », utilisez une poupée remplie d’ortie ou portez la plante sur vous dans un sachet. Pour purifier un espace de tout mal et le renvoyer là d’où il vient, saupoudrez de l’ortie aux quatre coins de la maison, ou aspergez-en votre intérieur (après l’avoir infusée, en utilisant quelques branches de bouleau par exemple). On peut la brûler pour avertir le danger, ou la porter en amulette. Placer des orties fraîchement coupées dans la chambre d’un malade permettra d’accélérer la convalescence. Au Mexique, on la recommanderait en bain pour se purifier. Enfin, ce serait une plante liée au désir sexuel et qu’on pourrait donc utiliser pour stimuler ce dernier.

Vincent Lauvergne, quant à lui, explique que l’ortie apporte la vaillance pour supporter les épreuves. Il recommande de porter sur soi la plante réduite en poudre dans un sachet de toile rouge pour se préserver d’un environnement énergique malsain, et enfin, mentionne Albert le Grand, pour lequel un bouquet d’ortie et d’achillée millefeuille permettrait de ne pas être effrayé par les fantômes. Ailleurs, j’ai trouvé mention de ce bouquet comme un remède à la peur en général.

Christian Rätsch dans « Witchcraft medicine » mentionne Konrad von Megenberg, un auteur allemand du Moyen-Âge, qui écrit que l’ortie éveille le désir. Il semblerait qu’elle ait été utilisée comme aphrodisiaque depuis l’Antiquité [je me souviens d’avoir lu quelque part l’histoire d’un petit vieux qui faisait des roulades dans les orties en guise de Viagra, mais impossible de retrouver la source] .

Sur Herbal Riot, l’auteure du blog suggère d’utiliser un balai fait avec de l’ortie pour chasser le mal et le renvoyer là d’où il vient. Placer des feuilles d’ortie séchée dans ses poches protégerait de la foudre, et dans ses chaussures nous retiendrait d’aller fréquenter des lieux dangereux. On y lit aussi que dans le passé, on pensait les orties dotées d’un tel pouvoir de guérison, qu’une fièvre pouvait être stoppée simplement en cueillant une ortie par les racines, et en récitant le nom du malade et ceux de ses parents. A tester 🙂

Enfin, Paul Beyerl mentionne l’ortie parmi d’autres plantes utiles à la consécration d’un athamé.

Pas mal d’infos et de pistes à explorer donc, mais pour en revenir à ma pratique personnelle, voilà comment je résumerais l’ensemble :

  • L’ortie est active dans le domaine de la guérison, physique mais aussi psychique : en infusion à boire ou à asperger, en amulette, en bouquet fraîchement cueilli, en poudre dispersée ou ajoutée dans un encens ; j’ai pu aussi expérimenter récemment, sur le conseil d’une formatrice en phytothérapie, que l’ortie encore en terre avait le pouvoir de recharger en cas de coup de mou. Faites-en vous même l’expérience : placez-vous près d’un parterre d’orties, tendez vos mains à quelques centimètres des plantes… Et ressentez, tout simplement 🙂 Il est également possible de lui demander de vous aiguiller en matière de guérison, ce que j’ai moi-même fait avec succès ; méditez en sa compagnie, voyagez pour aller la consulter, ou demandez-lui de vous répondre en rêve (vous pourrez alors vous confectionner un oreiller contenant de la plante séchée).
  • C’est aussi une grande protectrice et purificatrice qui, à elle toute seule, chasse les énergies négatives ; mais surtout, je trouve qu’elle renforce le courage et la force intérieure, permettant alors à celui qui travaille avec elle de déterminer ce qui est négatif pour lui-même, de s’en éloigner – ou de le chasser. A titre personnelle, elle a été une excellente guide pour m’apprendre à poser certaines limites et à m’affirmer pour ne plus me sentir plombée par certaines attitudes. Même si j’ai rechigné de prime abord sur certains points (pas facile de bousculer son confort, même s’il est plus vicieux qu’autre chose), force est de constater que Dame Ortie sait ce qui est bon pour moi – et ce qui l’est moins. Là encore, on peut l’utiliser en encens, infusion, poudre… Pour purifier certains outils, ou soi-même. J’ai utilisé des feuilles séchées réduites en poudre sur un de mes tarots que je sentais encrassé, et le résultat fût plutôt convaincant ; l’infusion semble bien réussir à mon athamé et au nettoyage de mon autel. Quelques feuilles dans un bol purifie un espace tout en le redynamisant … Et ce qui est épatant, c’est la sensation de vigueur intense qu’elle offre sans retenue, y compris aux lieux ou aux objets. Combinée à certaines pierres ou à d’autres plantes, je trouve qu’elle renforce les propriétés de ces dernières.  Essayez, vous verrez !
  • Pour gagner en courage avant une épreuve, un coup de fil à passer, une réunion stressante… Une amulette faite avec un bout de tissu, quelques pincées de plante sèche, ou même, simplement, une infusion bue avec intention peuvent grandement aider.
  • C’est une plante dont la présence et l’absorption sous quelque forme que ce soit me connecte immédiatement à mon côté sorcier, au monde sauvage, aux Esprits de la Haie qu’elle côtoie dans la nature, et facilite la communication avec ces derniers … Je conseille donc de l’utiliser avant ou pendant un voyage au tambour, un travail avec des plantes, des minéraux ou des animaux alliés, pour demander conseil en cas de recherche d’un remède, ou encore pour préparer un charme ou un sort…  Je la trouve assez « bavarde » et toujours bonne conseillère, et je constate qu’elle aime bien présenter du monde – autres plantes ou animaux, qui ne débarquent jamais par hasard.
  • Enfin, à ma grande surprise, elle m’a été demandée en offrande à quelques reprises, et a été appréciée, essentiellement par des divinités à caractère chthonien, sorcier, ou par des esprits liés étroitement à la nature.

Ressources :

Scott Cunningham – Encyclopédie des Plantes Magiques
Vincent Lauvergne – Manuel pratique de Magie Verte
Paul Beyerl – Master book of Herbalism
Christian Rätsch – Witchcraft Medecine


A lire, un superbe article pour apprendre à récolter, cuisiner l’ortie, et avec plein d’infos sur ses bienfaits : ça se passe chez Antigone XXI !

Le Houx

Depuis quelques jours [article initialement publié le 1er mars 2015], les plantes de Mars font une belle ronde autour de moi. Avec elles, j’apprends beaucoup sur moi-même, mes colères, mes rancœurs et ma confiance parfois vacillante, mais aussi mes forces et mes aspirations ; sur ce qui me donne envie de me battre, à tort ou à raison, et sur ces combats que je dois mener – bien plus souvent contre moi-même (et les images que je construis) que contre qui que ce soit d’autre. Mais j’y reviendrai bientôt dans un article plus complet.

L’été dernier, j’ai fait un travail assez profond en compagnie du houx, dans le cadre de mon étude des oghams. C’est un arbre lié à Saturne, mais aussi à Mars. Ce matin, pendant mon footing, il m’a fait un clin d’œil bienvenu et a répondu à certaines de mes interrogations du moment. Je me suis dit qu’il pouvait être intéressant d’en parler ici, puisqu’il fait la transition entre mon premier article sur les influences planétaires de Saturne sur le règne végétal et le deuxième, en gestation donc, sur les plantes de Mars.

De Saturne, le houx a la persistance, qu’il affiche même dans l’obscurité de la plus profonde forêt et au plus froid de l’hiver ; une certaine patience, et une lenteur, qui rendent son action presque anecdotique de prime abord, mais dont on reconnaît l’action en profondeur au bout de quelques semaines. Il pousse à l’introspection et rend attentif aux schémas répétitifs qui nous confinent dans certains rôles ou dans certaines émotions. Arbre solide, il agit par la base puis sur toute la structure en la renforçant et en l’affirmant jusqu’à la rendre inébranlable.

De Mars, il a la force, le courage, qu’il nous insuffle et nous pousse à mettre en action ; il détient aussi la connaissance des instincts les plus belliqueux, de la colère, du désir de vengeance, de la rancœur et de la jalousie … Mais plutôt que de les attiser, grâce à sa nature double, il est là pour nous apprendre à les juguler et à les transmuter, pas pour faire de nous des Bisounours, mais pour sortir victorieux de notre combat, et de faire de ce dernier quelque chose de légitime, en harmonie avec le Monde. En somme, il fait de nous des guerriers, au sens noble – jamais sans oublier de nous confronter à des questions importantes : quel est le véritable combat que nous sommes amenés à mener ? que sommes-nous prêts à sacrifier pour sortir victorieux ? Et puis d’abord… Ça ressemble à quoi, dans notre cas précis, être victorieux ?

La rencontre des deux influences planétaires en font un excellent protecteur, à court terme comme à long terme ; pour moi, il est à la fois la lance et le bouclier ; il nous aide à rester bien campé sur nos deux pieds, nous emplit de confiance, et veille sur nous ; si besoin, il agira (et nous soufflera d’agir) au bon endroit, au bon moment, pas de manière explosive, mais clairement de manière efficace. C’est un guide sur lequel on peut s’appuyer, empli de sagesse, et qui la transmet avec justesse, jusque dans le maniement des armes. Un maître Jedi quoi.


Un truc dans le genre

Alors que faire avec Houx, pour la protection ?

  • Une cure de fleurs de Bach. Même pour se protéger d’éléments « ennemis » extérieurs à soi, oui oui. Ça peut paraître couillon-fluffy voire totalement superflu lorsqu’on se sent agressé (« nan mais je vais pas tendre l’aut’ joue quand même !!! » Allez, avouez), mais c’est rudement efficace, croyez-moi (et je ne pensais vraiment pas que ça allait tourner comme ça). Lorsqu’on vit mal une situation conflictuelle, agir sur sa propre condition est, je le pense désormais, le premier réflexe à avoir avant de commencer à songer à une quelconque offensive, merci Houx pour cette leçon. Pour ma part, la cure m’a libérée de certaines émotions, générées par des situations au cours desquelles je me sentais violemment agressée ; dès lors, toute tentation de rentrer dans le lard m’est passée, toute souffrance aussi… Et la guerre s’est désamorcée toute seule … Détachement, confiance, ouverture du cœur toussa toussa. Pour encore plus de fluffy (mais avec des belles vérités dedans quand même), je vous conseille de jeter un oeil par .
  • En attendant que les fleurs de Bach fassent leur boulot, on peut récolter des feuilles de houx, les sécher et les brûler en guise de fumigation pour exorcisme et protection… Paraît que les rebouteux alsaciens des temps passés le faisaient déjà 🙂 Les baies pourront être ajoutées pour accentuer le tempérament martien, mais souvenez-vous qu’elles sont toxiques pour l’homme…
  • … On peut aussi s’en faire un petit talisman qui ne fera jamais de mal glissé dans la poche à tout moment …
  • Enfin, une dernière idée piochée dans le « Viridarium Umbris » (oui encore lui !) : faire une décoction de feuilles de houx et, une fois refroidie, s’en oindre les mains, le visage… La préparation pourra également servir en aspersion, pour protéger un endroit de toute intrusion physique ou spirituelle. Pour un effet plus offensif, Daniel Schulke propose une variante qui accentuera les influences de Mars présentes dans la plante : préparer la décoction en gardant les baies en plus des feuilles, dans un récipient en fer, ou à défaut d’un tel récipient, ajouter des clous au moment de la préparation.
  • Une telle décoction pourra vous servir à consacrer et à charger un talisman ; vous pouvez également l’utiliser pour oindre votre athamé avant un rituel de protection ou d’exorcisme.