Le Tabac

Petite introduction [publiée initialement le 14 septembre 2013]

Ca fait plus de vingt ans que je fume. Irrégulièrement ok, mais quand même. Pfiou. Un jour ma mère m’a dit : « plutôt que de fumer pour faire comme les copines, tu n’as qu’à essayer toute seule, tu verras que ça n’apporte pas grand chose. » Sage comme la petite Siduri l’a toujours été, elle a écouté sa maman et a tout aussi sagement volé quelques cigarettes à son papa, des belles Cartier au filtre blanc orné d’un fin liserai d’or, et au parfum très suave, l’année de ses dix ans.

Je me souviens de la première, fumée au-dessus de l’évier de la salle de bain pendant que mon père recevait un ami au rez-de-chaussée pour l’apéritif. La tête qui tourne légèrement, l’impression d’avoir acquis du pouvoir, une autre image de moi qui apparaît doucement dans le miroir, au milieu des volutes. Rite de passage. Par la suite, j’ai fumé ainsi, ponctuellement, chez moi, ou lors de balades dans les champs ou au bord de la rivière qui passe à côté de mon village natal. Je me souviens de la brume et de la fumée, du plaisir de la solitude et du secret, de mon gilet trop long qui cachait ma main gauche aux trois-quarts, au cas où quelqu’un me repérerait. [Pour l’anecdote, je me souviens aussi de la fois où j’ai écrasé un mégot dans ma main en voyant arriver la voiture de ma mère au loin. Hem.]

Et je me souviens de mes premières clopes sociales, planquée au fond du jardin de mon voisin, avec lui à mes côtés. Bérus dans les oreilles, mégots au bec, chaos dans la tête. Les sessions de tirage de cartes dans la cour du lycée, au milieu d’un nuage de fumée. La cafèt de la fac, les révisions intensives, le café-clope du matin avant l’exam, les concerts et les soirées. Les nuits sur mon balcon d’étudiante, mélange de nicotine et de larmes dans ma bouche. Les longues conversations, mêlées de rires et de quintes de toux avec ma coloc, avec nos voix de Marge Simpson à vingt piges.

Et un jour, j’ai arrêté.

Paradoxalement (?), c’est seulement après plusieurs mois de sevrage que le tabac est entré dans mon champ d’investigation spirituel. D’abord de manière très furtive : les mois qui ont suivi la mort de mon grand-père, j’ai rêvé fréquemment de lui, qui me rendait visite pour taper la discut’. Toujours la clope au bec, crachant des tonnes de fumée en s’adressant à moi, alors qu’il avait arrêté quarante ans avant de mourir. Lors d’une de ses « visites », je lui ai d’ailleurs posé la question : « mais tu fumes de nouveau maintenant !? » « Ben oui maidele, maintenant je peux de nouveau, ça change plus rien. » Ce qui n’était somme toute pas faux.

Je n’ai pas tout de suite fait la connexion avec le travail spirituel, il a encore fallu attendre que je reprenne une consommation régulière de tabac. Celle-ci s’est installé il y a un an et demi. J’ai d’abord recommencé à fumer ponctuellement avec des copines sorcières, toujours dans des contextes semi-rituels mystico-perchés [comprendre : on boit des bières, on fume, on parle de nos pratiques et on finit par rentrer en transe l’air de rien, pour les bons jours pondre de l’oracle lokiesque. L’apéro mystique quoi]. De temps en temps une clope en offrande, une certaine Dame aux Torches appréciant particulièrement. Et puis pour diverses raisons, ou diverses irraisons, j’ai fini par fumer semi-régulièrement : le paquet sur une soirée, comme ça, puis dix jours sans même y penser avant une nouvelle session intoxication. Sans queue ni tête, mais au rythme de mes montagnes russes existentielles. Un peu n’imp, faut être honnête.

J’ai fait le ménage ces derniers mois, Frigg notamment est passée par là. On a trié les fonds de placards ensemble, mais la clope est restée. Eh ouais. Étonnamment, au cours de cette phase, après avoir nettoyé mes vitres, trié mes chaussettes par paire, dépoussiéré les autels, fait du sport et préparé la dînette du soir, j’ai souvent eu « le droit » de me poser et de fumer. Je dirais même que c’était accueilli avec … plaisir. Un moment de partage, de connexion pure, qui s’est approfondi au fil du temps. Mon autel à Frigg étant aussi lié à mes ancêtres, suite à un rêve, j’ai commencé à leur offrir du tabac. Déclic. Je sais depuis longtemps que c’est une plante sacrée, notamment chez les Amérindiens, mais je le découvre, je le vis seulement maintenant… Fumer est devenu un acte sacré, incroyablement puissant. Et puis l’esprit de la plante a commencé à se révéler plus explicitement, par petites touches. La fumée du tabac m’a apporté des messages, des visions. Et semble prête à continuer à le faire, lorsque j’y mets un peu les formes. Derrière le voile nicotiné, d’autres images apparaissent dans le miroir.

Certains parmi vous ont peut-être des expériences plus poussées avec le tabac, et je serai ravie de les découvrir. Pour moi, vous l’aurez compris, tout ceci est devenu conscient assez récemment, et j’y consacrerai quelques articles prochainement, des traductions glanées deci-delà sur le folklore ou l’usage magique de la plante, des petites expériences en cours ou à venir, histoire d’approfondir le sujet. Et si vous-mêmes avez des références, n’hésitez pas à me les laisser en commentaire.

Le gros challenge dans tout ça, quand même, va être d’arrêter la fumette loisir au profit d’une fumette purement rituelle. Chevaucher la plante, et plus se laisser chevaucher. Hum. Ça sent le rituel discordien à la Nicorette.

En attendant, je vais aller méditer un peu.

Et p’têt’ bien m’en griller une aussi 😉

Correspondances et propriétés magiques

Chez Scott Cunningham (dans sa fameuse « encyclopédie des herbes magiques »), voici ce qu’on peut apprendre sur le tabac (traduction personnelle) :

Genre : masculin

Planète : mars

Elément : feu

Pouvoirs : guérison, purification

Usages rituels : 

certains candidats à l’initiation chamanique doivent boire du jus de tabac afin d’induire des visions. Le tabac est utilisé depuis longtemps dans des cérémonies religieuses natives américaines. A l’heure actuelle, de nombreux peuples considèrent encore et toujours la plante comme sacrée.

Usages magiques : 

les Indiens du Sud de l’Amérique fument le tabac afin d’entrer en communication avec les esprits. Au début d’un voyage en bateau, on jette du tabac dans la rivière pour apaiser les Dieux qui y résident.

Brûler du tabac en guise d’encens purifie l’espace de toute négativité. Pour soigner le mal d’oreille, on soufflera de la fumée de cigarette dans l’oreille.

Si vous faites des cauchemars, ceux-ci peuvent vous rendre malade. Afin d’éviter cela, au réveil, allez immédiatement vous laver sous de l’eau courante, et offrez du tabac à l’Esprit de l’Eau qui vous aura purifié.

Le tabac est un substitut magique pour le souffre, mais aussi pour le datura et la morelle noire, qui lui sont tous deux liés [ndt : ils appartiennent tous les trois à la famille des solanacées].

Chez Mr Tedd, on apprend encore d’autres choses (traduction personnelle) :

Usage divinatoire, guérison et connaissance

Historiquement, le tabac a été utilisé comme outil pour la divination […] pour diagnostiquer la cause d’une maladie, et pour déterminer quelles actions engager pour résoudre une crise personnelle ou communautaire […].

Rituel et transformation

Le tabac a été amplement utilisé en rituel et cérémonie en raison de sa capacité à altérer notre perception du Temps, de nous-même et du monde.

  • La capacité à altérer la perception du Temps : […] je vous laisse vérifier cette affirmation par vous-même. Avez-vous jamais observé quelqu’un qui fume en public ? N’ont-ils pas l’air d’être ailleurs ? Leur regard  concentré sur quelque espace lointain, leurs pensées de toute évidence en vagabondage. Lorsqu’on interroge certains fumeurs sur la raison pour laquelle ils fument, les fumeurs répondent souvent que cela leur fait un « break », une courte période de temps où ils peuvent laisser leurs soucis de côté. Je suis personnellement persuadé que fumer altère notre perception du Temps.

Fumer rituellement permet de cultiver consciemment cette capacité, dans un contexte approprié et utile, au lieu de la laisser s’étioler dans le contexte d’une habitude liée au stress.

  • La capacité à altérer la perception que nous avons de nous-même et du monde : […] ce n’est pas un secret que la plupart des gens commencent à fumer à l’adolescence, période de transformation intense. […] Fumer représente un agent actif du changement d’image de l’enfant vers l’adulte. Voilà, c’est dit. Ça a été le cas pour moi, et je ne pense pas être le seul. […] C’est mon expérience personnelle qui me montre qu’un des cadeaux du tabac est d’ouvrir les yeux à une vision de nous-même bien trop souvent obscurcie par la routine du quotidien. Les légendes et la mythologie sont emplies de héros amenés par des esprits à opérer des transformations significatives dans leurs vies et cultures. Pourquoi, dans notre quête de la modernité, nous refusons-nous l’accès à de tels présents ? Je le répète à nouveau, lorsqu’on fume dans un contexte rituel, il s’agit de cultiver cette capacité consciemment et dans un contexte utile et approprié.

L’influence sur les rêves

J’ai lu récemment [ndt : l’article date de 1998 ^^;] des comptes-rendus de personnes ayant fait des rêves particulièrement vivants et profonds après avoir fumé certaines cigarettes exotiques (de tabac, oui !). Je ne sais pas vraiment à quoi cela est dû, et je ne pense pas que le mécanisme soit important, mais il est bon de noter que cela peut arriver. Personnellement, j’ai demandé à l’Esprit du Tabac des rêves pour me guider, et ai reçu en retour des résultats très intéressants. On mentionnera aussi que dans certaines cultures, le tabac est connu comme une « plante de pouvoir » pour sa capacité à exacerber les visions, la divination, et le potentiel psychique.


Etablir et entretenir une relation avec l’esprit du Tabac

 Extrait du site « Smoking, Ritual and Magic »
Traduction et adaptation personnelles.

Le fait d’entretenir une relation avec un esprit peut sonner un peu étrange, dit de cette façon. En discutant avec d’autres praticiens familiers des esprits, j’ai été amené à comprendre qu’il s’agissait d’expériences tout à fait personnelles. Ce que sera votre relation avec l’esprit du tabac, c’est à vous seul de le découvrir. Je peux vous suggérer des manières d’initier et de nourrir le lien, mais en dehors de cela, je peux seulement partager avec vous mes propres expériences, au cours desquelles j’ai découvert que ma relation avec l’esprit du tabac était bienveillante, stimulante, bénéfique et fascinante.

Si vous n’avez pas encore conscience d’une potentielle relation avec l’esprit du tabac dans votre vie, la première étape sera de jeter un œil au passé, et de vérifier si vous n’avez pas raté une invitation de sa part (je mentionnerai ici qu’au cours de mes expériences je perçois l’esprit de la plante de tabac comme étant femelle, et userai donc du féminin pour la désigner ; mais cela peut-être uniquement la manière dont elle m’apparaît à moi, pas nécessairement aux autres). Avez-vous jamais ressenti le désir, l’attirance pour le fait de fumer ? Avez-vous jamais trouvé un paquet de cigarettes, et rejeté cette occasion d’essayer, par peur de ce que les autres penseraient ? Peut-être étiez vous « trop jeune pour fumer » à cette époque, ou peut-être cela aurait-il été trop dur pour vous de vous lancer dans cette relation. Repensez aux événements de votre vie, et voyez si vous pouvez remettre le doigt sur une invitation […] Peu importe la situation : si vous vous souvenez d’au moins une occasion où vous avez éprouvé une curiosité saine pour l’expérience, considérez que vous avez reçu une sollicitation de la part de l’esprit du tabac. 

Si vous n’avez aucun souvenir de ce type, votre tâche va être de solliciter le début d’une relation avec elle, et d’attendre ensuite les signes vous montrant qu’elle accepte votre demande. Comme toute relation, elle devra être à double-sens. Vous demanderez à l’esprit du tabac l’autorisation d’entrer en contact avec elle. Dans cette tentative, vous pourrez lui révéler certaines de vos intentions, pourquoi vous recherchez sa compagnie. Il sera également bienvenu de réaliser une offrande, témoignant de la sincérité de votre démarche. Après avoir fait votre requête, vous devrez être à l’affût d’une réponse. Si vous n’en recevez aucune qui soit définitivement négative, ou si vous pensez que vous avez déjà été invité par l’esprit du tabac, vous pouvez commencer à fumer rituellement en suivant les instructions que je vous propose : achetez des cigarettes et cherchez un lieu et un moment adéquat pour fumer. Si ces préliminaires vous sont bénéfiques, lancez-vous doucement et consciemment dans d’autres rituels. Soyez attentif à vos ressentis. Si tout cela vous semble approprié, aventureux et amusant, si vous ressentez véritablement l’appel, poursuivez votre exploration. Sinon, passez à autre chose. Nous ne sommes jamais à court de choses intéressantes à faire dans cette vie.

Etant donné que vous avez établi une relation avec l’esprit du tabac, nous allons voir à présent comment maintenir et nourrir cette relation. Cela demandera de vivre votre vie en harmonie avec elle : en l’autorisant à accéder aux profondeurs de votre être, et en acceptant ses cadeaux avec sagesse et gratitude. Fumer rituellement n’est rien d’autre que l’incarnation de cet idéal. L’esprit du tabac m’a appris beaucoup de choses, et je peux lui attribuer de nombreuses expériences, plaisantes et m’ayant ouvert l’esprit, que je n’aurais certainement pas eu sans elle. En retour, je fume rituellement, j’honore ces dons, et je cherche des façons d’approfondir encore notre relation. Pour allez plus loin, vous pourrez lire des légendes de différentes cultures qui perpétuent des traditions incluant des relations aux esprits. La mythologie native d’Amérique est très populaire et simple à trouver, particulièrement aux États-Unis. Mais il existe certainement de nombreuses autres ressources.

Pour finir, j’aimerais revenir sur un extrait tiré de l’introduction de ce site, qui donne une vision globale de ce qu’est fumer rituellement :

Fumer rituellement est un usage conscient et approprié du tabac, et en tant que tel est une expérience choisie, quelque chose qui est fait à des moments particuliers et dans des lieux précis, peut-être même avec des accessoires spéciaux, et peut-être encore en compagnie d’autres personnes, qui connaissent et adhèrent à cette façon de fumer rituellement. Avant tout, cette pratique est faite pour le plaisir, pour la connexion aux esprits qu’elle invoque, et comme une expérience globalement positive, qui ne doit pas vous faire sentir coupable. Fumer rituellement ne doit pas être une pratique honteuse, faite à la dérobée, un échappatoire concédé par votre employeur, en attendant que vous souscriviez définitivement au programme proposé par l’entreprise pour arrêté de fumer. Ce n’est pas non plus quelque chose à pratiquer pendant que vous tentez d’accomplir autre chose. Fumer rituellement est une activité singulière : elle demande votre attention complète, centrée, et récompense cette attention avec une expérience qui repousse les frontières de la conscience et du plaisir.

Je ne connais pas de meilleur moyen de maintenir une relation avec l’esprit du tabac. Dans ce contexte, il devient clair que fumer rituellement n’est pas fait pour le plaisir de fumer en tant que tel, mais plutôt comme faisant partie du plaisir d’entretenir une relation avec l’esprit de la plante. Quand vous fumez, visualisez la manière dont vous recevez les présents de l’esprit du tabac en vous aux moments où vous inhalez ; faites une pause un moment, laissez la fumée purifier votre esprit. Quand vous recrachez la fumée, renvoyez-là dans un lieu adéquat, vers la terre et les esprits desquels elle est issue. Et remerciez.

Le tabac dans le folklore roumain

Article de Ligeia Vaughan, paru sur son blog « Samca »
Traduction et adaptation personnelles

Dans le folklore roumain, le tabac a un esprit qui lui est propre, un esprit féminin appelé Pâca ou Pafa. Elle apparaît comme une vieille femme, dont on dit qu’elle est aussi vieille que le monde lui-même. Elle a un long nez crochu, et est dotée de défenses, de serres et d’une queue. Comme on peut aisément l’imaginer, Pâca est toujours en train de tirer sur une pipe fumante et empeste le tabac.

La légende fait d’elle la mère des démons. Ses fils plantèrent une graine magique en son honneur, et la plante qui naquit de cette graine est appelée l’Herbe du Diable (buruiana dracului) ou l’Encens du Diable (tamâia dracului). La pipe a également été créée par les enfants de Pâca ; à chaque fois que vous tirez dessus, c’est donc elle que vous vénérez.

Quelques sorts issus du Hoodoo

Comme évoqué plus haut, j’utilise essentiellement cette plante en offrande, en purification, pour induire un état altéré de conscience et pour communiquer avec les Dieux, Esprits, morts et/ou ancêtres à diverses fins. Mais voici quelques sorts trouvés chez Dr. Raven qui pourraient bien m’être utiles à l’avenir, soit en les reprenant en tant que tels, soit en les modifiant à ma sauce.

J’ai fait le choix de ne traduire qu’une partie de l’article d’origine, triant ce qui m’intéressait le plus (les sorts en lien avec la justice, j’espère ne jamais en avoir besoin ^^;;;).  Toutefois, j’aime beaucoup la conclusion de l’article : « tous ces sorts à l’ancienne montre la polyvalence du tabac […] dont la particularité est qu’il peut contrôler les situations comme les personnes. » Le tabac, allié pour avoir/reprendre le contrôle ? Encore un bon résumé, me semble-t-il, d’une plante utilisable dans bien des buts.

Traduction et adaptation personnelles.

Sort pour amener quelqu’un à vous contacter

Faire fondre un peu de cire d’abeille et l’étaler sur une surface non adhésive [ndt : comme une feuille de papier cuisson par exemple]. Répandre du tabac sur la cire, puis rouler une bougie brune dans le mélange ainsi réalisé, en la dirigeant progressivement vers vous et en appelant la personne visée par le sort. Allumer la bougie en continuant d’appeler la personne.

Une variante de ce sort est à lire chez Kid Smoking Conjurer (avec des photos en cadeau).

Sort pour convoquer l’Esprit d’un lieu

Pour communiquer avec l’Esprit habitant une maison, un arbre ou une forêt, faire brûler du tabac sur un charbon en appelant l’Esprit concerné. Expliquer à l’Esprit que le tabac est une offrande ; il viendra attiré par la fumée et s’y manifestera.

Sort pour dominer quelqu’un

Placer dans un pot le nom de la cible avec neuf épingles, du tabac, de la réglisse et du sel. Le secouer régulièrement en lune décroissante et la personne visée résistera de moins en moins.
[ndt : ce sort me semble également adaptable pour un travail sur soi : dominer une peur, une émotion, un point faible… A réfléchir et à tester.]

Sort pour influencer les rêves de quelqu’un

Travailler pendant le sommeil de la personne visée. Brûler un mélange de tabac et d’anis en encensant le nom ou la photo de la personne, et interpeller son esprit, en expliquant ce dont on souhaite qu’il rêve ou à quoi il doit penser.

[ndt : à nouveau, une adaptation pour travailler sur ses propres rêves me semble franchement opportune.]

Sort pour obtenir la bénédiction de l’Esprit des Carrefours avant un voyage

Se rendre à un carrefour avec deux cigares et une bouteille de whisky. Placer les deux cigares en croix pour former un X, et appeler l’Esprit. Expliquer que les cigares sont une offrande et qu’on souhaite la bénédiction pour le voyage qui va être effectué. Ouvrir la bouteille d’alcool et offrir une libation tout en continuant à communiquer avec l’Esprit pendant un moment. Une fois le rite terminé, quitter les lieux sans se retourner.

Trouvé chez Augustine

 

Chez My Secret Hoodoo, on trouve la recette -toute simple- de l’huile de tabac, à utiliser – d’après l’auteur- notamment sur les bougies noires, et/ou pour les sorts en lien avec la communication ou la domination. Cela me semble une bonne alternative pour ceux qui ne supporteraient pas le tabac fumé ou fumigué, lorsqu’on ne peut pas enfumer un lieu pour x raison, et encore un bon outil pour enduire les bougies consacrées à certaines divinités dans une intention particulière. Je compte en mettre à macérer à la prochaine lune noire, rendez-vous dans quelques semaines pour les premières impressions.

Emplir une fiole d’une bonne quantité de tabac et recouvrir largement de l’huile de base de votre choix. Conserver la fiole jusqu’à six semaines dans un lieu sombre et frais. Si l’huile ne brunit pas, c’est qu’il n’y a pas assez de tabac pour la quantité d’huile. [ndt 1: penser à utiliser du tabac de bonne qualité, un tabac biologique me semble tout indiqué, et oui, ça se trouve aussi chez certains buralistes en France 🙂 ndt 2 : une goutte de vitamine E évitera à l’huile de rancir.]

L’Hysope

L’hysope est une plante d’origine méditerranéenne que j’ai découverte assez récemment [article initialement publié le 8 mai 2014], trois ou quatre ans tout au plus. C’est lors de courses dans un supermarché bio de ma ville que je l’ai repéré pour la première fois. Son nom m’a interpellé, certainement parce que je l’avais déjà croisé dans un de mes livres d’herboristerie, d’histoire des religions ou de magie verte. J’ai cédé à l’envie d’en acheter sans vraiment savoir ce que j’allais en faire, et grand bien m’en a pris puisqu’elle est depuis devenue une de mes simples préférées.

Mes premières recherches m’ont amené vers la Bible, dans laquelle l’hysope est citée à plusieurs reprises, avant tout comme un symbole de pureté et d’humilité ; on y fait notamment mention de l’utilisation de ses branches pour l’aspersion d’eau de purification ; le psaume 51, quant à lui, dit : « Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige. »

Qu’importe s’il s’agit réellement ou non d’hysope (comme cela est contesté par différents auteurs, et remarquablement dans cet article du blog Books of Dante) ; mon expérience personnelle m’incite à la considérer comme une plante très puissante en matière de purification.

Commençons par faire le tour de ce que j’ai pu trouver à son sujet dans ma bibliothèque. Chez Vincent Lauvergne tout d’abord, l’hysope purifie les centres énergétiques. Elle est une plante de protection contre les maléfices et les mauvaises influences, que l’auteur recommande de porter sur soi dans un sachet de toile blanche pour purifier l’aura et protéger des influences négatives. Les éléments associés sont le Feu, l’Air et l’Eau ; les planètes, quant à elles, sont le Soleil et Jupiter ; enfin, les signes astrologiques correspondants sont le Bélier, la Balance et le Sagittaire. Voilà donc pour le «Manuel pratique de Magie Verte ».

Dans « l’Encyclopedia of Magical Herbs » de Scott Cunningham, le genre de l’hysope est masculin, la planète et l’élément qui y sont associés sont Jupiter et le Feu. C’est selon l’auteur la plante la plus utilisée pour la purification en magie. Cunningham propose de l’utiliser dans des bains, ou infusée puis aspergée sur des objets ou des personnes, ou encore accrochée dans la maison pour en chasser toute négativité.

A titre personnel, je l’utilise avant tout en infusion à froid (c’est-à-dire que je disperse quelques pincées de plante sèche dans un récipient d’eau froide) pour la purification :

  • J’y dépose mes pierres le temps d’une heure ou d’une nuit
  • J’y nettoie mes outils magiques
  • J’y trempe mes doigts ou un brin de branches de bouleau pour ensuite asperger la pièce que je souhaite purifier
  • Si je sens qu’une pièce est particulièrement chargée, je dispose le récipient au centre de la pièce pendant quelques heures ; une fois que je sens l’atmosphère plus légère, je rends l’eau à la terre (ou aux toilettes, on fait comme on peut 😉 )
  • Je me purifie, soit en utilisant l’eau en onction avec une formule consacrée, soit en trempant un temps mes mains dedans et en « faisant couler » le long de mes bras ce qui me pèse

Lors de certains travaux magiques particuliers, plus longs ou plus exigeants, il m’arrive de prendre un bain dans lequel je fais infuser au préalable un sachet empli d’hysope. Je complète souvent avec une tisane de la même plante, qui, une fois absorbée, conforte la sensation de pureté rituelle.

Pourquoi privilégier l’hysope plutôt qu’une autre méthode de purification ? Tout dépend justement de votre intention. J’ai pu constater que ces préalables rituels en compagnie de l’hysope, en plus de me purifier en profondeur, me rendaient particulièrement réceptive à des énergies ou des entités très « high vibes », plutôt célestes ou stellaires, et stimulaient mes capacités divinatoires et théurgiques. Je ne saurai expliquer exactement, mais j’ai généralement la sensation, après m’être bien imprégnée de l’essence de la plante dans mon bain et en buvant mon infusion, d’être entourée d’une bulle bleutée ou violette, je sens mes centres d’énergie du haut du corps particulièrement vibrants et réceptifs. Mes méditations comme mes rites et mes prières sont alors particulièrement profonds. C’est une herbe que je conseillerais par exemple à qui veut entamer un travail avec des divinités comme, la Déesse Étoile, Nuit,  Isis, Hekate sous son aspect Soteira, Inanna… Couplée à certains minéraux comme le lapis-lazuli ou encore l’améthyste, elle est vraiment une alliée de choix pour la connexion aux sphères les plus élevées de l’être comme du divin.

Plus généralement, l’hysope ne peut que faire du bien à qui se sent encombré d’énergies négatives, de peaux mortes spirituelles ; elle éclaircit l’esprit et chasse les doutes comme les idées noires, apportant paix, concentration et sagesse. A noter que dans le domaine de la phytothérapie, on l’utilise en infusion pour soigner les voies respiratoires et la sphère ORL ; elle a aussi des vertus dépuratives, qualités qui rejoignent grandement sa capacité à chasser les miasmes spirituels. Dans le cadre d’un travail de guérison, je recommanderais d’en ajouter une pincée dans un encens destiné par exemple à purifier la chambre du malade.

L’Ortie

Depuis que je bois des infusions à la place du thé ou du café le matin [article publié initialement le 25 mai 2014], l’ortie est entrée dans mon top 10 des simples. Tonifiante, riche en minéraux, au goût assez doux avec cette petite touche d’amertume que j’adore, elle a le chic pour remettre les idées en place dès l’aurore. J’adore également la consommer en soupe, saupoudrée dans des salades ou ajoutée à l’appareil des quiches… Yummy *__* Mais là n’est pas la question aujourd’hui puisqu’il n’y a pas [encore] de rubrique « pétage du bide » sur ce blog [j’avoue, j’y songe].

La consommation régulière d’une plante induit nécessairement une connexion plus ou moins consciente à ses énergies subtiles, à son esprit, et, personnellement, c’est donc par le vecteur tout bête de la tisane que j’approfondis le plus souvent l’utilisation d’une simple en magie/sorcellerie. Ça n’a pas manqué d’être le cas pour l’ortie. J’ai noté d’abord un renforcement de la volonté, de la clarté d’esprit, un peu comme le romarin [que j’aborderai sans doute un jour], mais avec quelque chose de plus « feu » [j’associe plutôt le romarin à l’air personnellement], qui agit sur le plexus solaire et la racine. C’est une plante de courage, de confiance, avec son petit caractère j’oserais dire, qui mets des [gentils] coups de pieds au cul pour nous pousser vers l’action. Elle enseigne aussi la capacité à dire « stop » ou « non », notamment lorsqu’on se laisse envahir par des idées moroses ou les influences négatives d’une personne. Plante de fermeté et de décision donc. Plus d’une fois, elle m’a sortie de la procrastination et m’a aidé à trancher dans des situations troubles, ou à venir à bout de choses qui traînaient en longueur. Elle revigore et restaure l’optimisme, rendant plus apte à affronter l’adversité. On la recommande en protection, mais bien plus encore qu’un bouclier, je la vois comme le tambour qui nous encourage à entrer dans la bataille, ou le forgeron qui bichonne notre armure. Vous voyez où je veux en venir ?

Parlons de ce que j’ai pu trouver à son sujet.

Chez Tonton Scott, l’ortie est mâle dans son action et associée à la planète Mars et à l’élément Feu. Ses pouvoirs : consécration, exorcisme, guérison, désir sexuel, protection. Pour contrer un sort et le renvoyer à son « expéditeur », utilisez une poupée remplie d’ortie ou portez la plante sur vous dans un sachet. Pour purifier un espace de tout mal et le renvoyer là d’où il vient, saupoudrez de l’ortie aux quatre coins de la maison, ou aspergez-en votre intérieur (après l’avoir infusée, en utilisant quelques branches de bouleau par exemple). On peut la brûler pour avertir le danger, ou la porter en amulette. Placer des orties fraîchement coupées dans la chambre d’un malade permettra d’accélérer la convalescence. Au Mexique, on la recommanderait en bain pour se purifier. Enfin, ce serait une plante liée au désir sexuel et qu’on pourrait donc utiliser pour stimuler ce dernier.

Vincent Lauvergne, quant à lui, explique que l’ortie apporte la vaillance pour supporter les épreuves. Il recommande de porter sur soi la plante réduite en poudre dans un sachet de toile rouge pour se préserver d’un environnement énergique malsain, et enfin, mentionne Albert le Grand, pour lequel un bouquet d’ortie et d’achillée millefeuille permettrait de ne pas être effrayé par les fantômes. Ailleurs, j’ai trouvé mention de ce bouquet comme un remède à la peur en général.

Christian Rätsch dans « Witchcraft medicine » mentionne Konrad von Megenberg, un auteur allemand du Moyen-Âge, qui écrit que l’ortie éveille le désir. Il semblerait qu’elle ait été utilisée comme aphrodisiaque depuis l’Antiquité [je me souviens d’avoir lu quelque part l’histoire d’un petit vieux qui faisait des roulades dans les orties en guise de Viagra, mais impossible de retrouver la source] .

Sur Herbal Riot, l’auteure du blog suggère d’utiliser un balai fait avec de l’ortie pour chasser le mal et le renvoyer là d’où il vient. Placer des feuilles d’ortie séchée dans ses poches protégerait de la foudre, et dans ses chaussures nous retiendrait d’aller fréquenter des lieux dangereux. On y lit aussi que dans le passé, on pensait les orties dotées d’un tel pouvoir de guérison, qu’une fièvre pouvait être stoppée simplement en cueillant une ortie par les racines, et en récitant le nom du malade et ceux de ses parents. A tester 🙂

Enfin, Paul Beyerl mentionne l’ortie parmi d’autres plantes utiles à la consécration d’un athamé.

Pas mal d’infos et de pistes à explorer donc, mais pour en revenir à ma pratique personnelle, voilà comment je résumerais l’ensemble :

  • L’ortie est active dans le domaine de la guérison, physique mais aussi psychique : en infusion à boire ou à asperger, en amulette, en bouquet fraîchement cueilli, en poudre dispersée ou ajoutée dans un encens ; j’ai pu aussi expérimenter récemment, sur le conseil d’une formatrice en phytothérapie, que l’ortie encore en terre avait le pouvoir de recharger en cas de coup de mou. Faites-en vous même l’expérience : placez-vous près d’un parterre d’orties, tendez vos mains à quelques centimètres des plantes… Et ressentez, tout simplement 🙂 Il est également possible de lui demander de vous aiguiller en matière de guérison, ce que j’ai moi-même fait avec succès ; méditez en sa compagnie, voyagez pour aller la consulter, ou demandez-lui de vous répondre en rêve (vous pourrez alors vous confectionner un oreiller contenant de la plante séchée).
  • C’est aussi une grande protectrice et purificatrice qui, à elle toute seule, chasse les énergies négatives ; mais surtout, je trouve qu’elle renforce le courage et la force intérieure, permettant alors à celui qui travaille avec elle de déterminer ce qui est négatif pour lui-même, de s’en éloigner – ou de le chasser. A titre personnelle, elle a été une excellente guide pour m’apprendre à poser certaines limites et à m’affirmer pour ne plus me sentir plombée par certaines attitudes. Même si j’ai rechigné de prime abord sur certains points (pas facile de bousculer son confort, même s’il est plus vicieux qu’autre chose), force est de constater que Dame Ortie sait ce qui est bon pour moi – et ce qui l’est moins. Là encore, on peut l’utiliser en encens, infusion, poudre… Pour purifier certains outils, ou soi-même. J’ai utilisé des feuilles séchées réduites en poudre sur un de mes tarots que je sentais encrassé, et le résultat fût plutôt convaincant ; l’infusion semble bien réussir à mon athamé et au nettoyage de mon autel. Quelques feuilles dans un bol purifie un espace tout en le redynamisant … Et ce qui est épatant, c’est la sensation de vigueur intense qu’elle offre sans retenue, y compris aux lieux ou aux objets. Combinée à certaines pierres ou à d’autres plantes, je trouve qu’elle renforce les propriétés de ces dernières.  Essayez, vous verrez !
  • Pour gagner en courage avant une épreuve, un coup de fil à passer, une réunion stressante… Une amulette faite avec un bout de tissu, quelques pincées de plante sèche, ou même, simplement, une infusion bue avec intention peuvent grandement aider.
  • C’est une plante dont la présence et l’absorption sous quelque forme que ce soit me connecte immédiatement à mon côté sorcier, au monde sauvage, aux Esprits de la Haie qu’elle côtoie dans la nature, et facilite la communication avec ces derniers … Je conseille donc de l’utiliser avant ou pendant un voyage au tambour, un travail avec des plantes, des minéraux ou des animaux alliés, pour demander conseil en cas de recherche d’un remède, ou encore pour préparer un charme ou un sort…  Je la trouve assez « bavarde » et toujours bonne conseillère, et je constate qu’elle aime bien présenter du monde – autres plantes ou animaux, qui ne débarquent jamais par hasard.
  • Enfin, à ma grande surprise, elle m’a été demandée en offrande à quelques reprises, et a été appréciée, essentiellement par des divinités à caractère chthonien, sorcier, ou par des esprits liés étroitement à la nature.

Ressources :

Scott Cunningham – Encyclopédie des Plantes Magiques
Vincent Lauvergne – Manuel pratique de Magie Verte
Paul Beyerl – Master book of Herbalism
Christian Rätsch – Witchcraft Medecine


A lire, un superbe article pour apprendre à récolter, cuisiner l’ortie, et avec plein d’infos sur ses bienfaits : ça se passe chez Antigone XXI !

Le Houx

Depuis quelques jours [article initialement publié le 1er mars 2015], les plantes de Mars font une belle ronde autour de moi. Avec elles, j’apprends beaucoup sur moi-même, mes colères, mes rancœurs et ma confiance parfois vacillante, mais aussi mes forces et mes aspirations ; sur ce qui me donne envie de me battre, à tort ou à raison, et sur ces combats que je dois mener – bien plus souvent contre moi-même (et les images que je construis) que contre qui que ce soit d’autre. Mais j’y reviendrai bientôt dans un article plus complet.

L’été dernier, j’ai fait un travail assez profond en compagnie du houx, dans le cadre de mon étude des oghams. C’est un arbre lié à Saturne, mais aussi à Mars. Ce matin, pendant mon footing, il m’a fait un clin d’œil bienvenu et a répondu à certaines de mes interrogations du moment. Je me suis dit qu’il pouvait être intéressant d’en parler ici, puisqu’il fait la transition entre mon premier article sur les influences planétaires de Saturne sur le règne végétal et le deuxième, en gestation donc, sur les plantes de Mars.

De Saturne, le houx a la persistance, qu’il affiche même dans l’obscurité de la plus profonde forêt et au plus froid de l’hiver ; une certaine patience, et une lenteur, qui rendent son action presque anecdotique de prime abord, mais dont on reconnaît l’action en profondeur au bout de quelques semaines. Il pousse à l’introspection et rend attentif aux schémas répétitifs qui nous confinent dans certains rôles ou dans certaines émotions. Arbre solide, il agit par la base puis sur toute la structure en la renforçant et en l’affirmant jusqu’à la rendre inébranlable.

De Mars, il a la force, le courage, qu’il nous insuffle et nous pousse à mettre en action ; il détient aussi la connaissance des instincts les plus belliqueux, de la colère, du désir de vengeance, de la rancœur et de la jalousie … Mais plutôt que de les attiser, grâce à sa nature double, il est là pour nous apprendre à les juguler et à les transmuter, pas pour faire de nous des Bisounours, mais pour sortir victorieux de notre combat, et de faire de ce dernier quelque chose de légitime, en harmonie avec le Monde. En somme, il fait de nous des guerriers, au sens noble – jamais sans oublier de nous confronter à des questions importantes : quel est le véritable combat que nous sommes amenés à mener ? que sommes-nous prêts à sacrifier pour sortir victorieux ? Et puis d’abord… Ça ressemble à quoi, dans notre cas précis, être victorieux ?

La rencontre des deux influences planétaires en font un excellent protecteur, à court terme comme à long terme ; pour moi, il est à la fois la lance et le bouclier ; il nous aide à rester bien campé sur nos deux pieds, nous emplit de confiance, et veille sur nous ; si besoin, il agira (et nous soufflera d’agir) au bon endroit, au bon moment, pas de manière explosive, mais clairement de manière efficace. C’est un guide sur lequel on peut s’appuyer, empli de sagesse, et qui la transmet avec justesse, jusque dans le maniement des armes. Un maître Jedi quoi.


Un truc dans le genre

Alors que faire avec Houx, pour la protection ?

  • Une cure de fleurs de Bach. Même pour se protéger d’éléments « ennemis » extérieurs à soi, oui oui. Ça peut paraître couillon-fluffy voire totalement superflu lorsqu’on se sent agressé (« nan mais je vais pas tendre l’aut’ joue quand même !!! » Allez, avouez), mais c’est rudement efficace, croyez-moi (et je ne pensais vraiment pas que ça allait tourner comme ça). Lorsqu’on vit mal une situation conflictuelle, agir sur sa propre condition est, je le pense désormais, le premier réflexe à avoir avant de commencer à songer à une quelconque offensive, merci Houx pour cette leçon. Pour ma part, la cure m’a libérée de certaines émotions, générées par des situations au cours desquelles je me sentais violemment agressée ; dès lors, toute tentation de rentrer dans le lard m’est passée, toute souffrance aussi… Et la guerre s’est désamorcée toute seule … Détachement, confiance, ouverture du cœur toussa toussa. Pour encore plus de fluffy (mais avec des belles vérités dedans quand même), je vous conseille de jeter un oeil par .
  • En attendant que les fleurs de Bach fassent leur boulot, on peut récolter des feuilles de houx, les sécher et les brûler en guise de fumigation pour exorcisme et protection… Paraît que les rebouteux alsaciens des temps passés le faisaient déjà 🙂 Les baies pourront être ajoutées pour accentuer le tempérament martien, mais souvenez-vous qu’elles sont toxiques pour l’homme…
  • … On peut aussi s’en faire un petit talisman qui ne fera jamais de mal glissé dans la poche à tout moment …
  • Enfin, une dernière idée piochée dans le « Viridarium Umbris » (oui encore lui !) : faire une décoction de feuilles de houx et, une fois refroidie, s’en oindre les mains, le visage… La préparation pourra également servir en aspersion, pour protéger un endroit de toute intrusion physique ou spirituelle. Pour un effet plus offensif, Daniel Schulke propose une variante qui accentuera les influences de Mars présentes dans la plante : préparer la décoction en gardant les baies en plus des feuilles, dans un récipient en fer, ou à défaut d’un tel récipient, ajouter des clous au moment de la préparation.
  • Une telle décoction pourra vous servir à consacrer et à charger un talisman ; vous pouvez également l’utiliser pour oindre votre athamé avant un rituel de protection ou d’exorcisme.

L’Achillée Millefeuille

Entre deux traductions [texte initialement posté le 27 juillet 2014], un petit article sur une simple que j’ai appris à mieux connaître depuis le solstice : l’achillée millefeuille. Jusqu’à il y a peu, je la connaissais surtout comme une plante des femmes, régulatrice des cycles et calmante, ainsi que pour ses qualités hémostatiques et stimulantes de la circulation sanguine. Je ne m’étendrai pas sur l’aspect médicinal, d’autres l’ont déjà fait et très bien de surcroît – Books of Dante par exemple (fouillez ce blog, il y a de véritables pépites !).

 J’ai toujours aimé la présence de ses petites fleurs blanches aux abords des champs ou dans les prés, un peu partout ; discrète mais affirmée, à la tige bien ligneuse et aux feuilles denses, rustique tout en arborant une certaine délicatesse d’allure. Son odeur est douce, mais laisse deviner une certaine puissance aromatique, qui se renforce avec le séchage. L’achillée millefeuille est une plante que je sens plutôt féminine (alors que Paul Beyerl, de son côté, évoque son association au Dieu Cornu), avec un aspect vénusien marqué, mais aussi une énergie solaire certaine. J’ajouterai qu’elle a aussi un je ne sais quoi d’aérien, comme si elle « ventilait » les énergies … On dit aussi que là où l’achillée pousse en quantité, les énergies du sol sont particulièrement ancrantes et assureront un bon « grounding » à qui s’y posera pour méditer et se recentrer. [ Nous voilà donc avec des correspondances aux quatre éléments, ce qui vous fait une belle jambe je parie. Hum. Eh ouais, les plantes, c’est pas simple – « pire que les gonzesses » me souffle à l’instant un relou cosmique anonyme. Ça montre bien la relativité de tout type de correspondances magiques, utiles pour se lancer mais souvent insuffisantes quand notre quête se précise ; il est indispensable selon moi de travailler en profondeur avec l’esprit de chaque plante pour savoir exactement dans quel domaine elle pourra être notre alliée – et comment lui rendre service à notre tour. Relation intime et échange de bons procédés toussa toussa. Passons.]

Honnêtement je ne m’étais jamais penchée sur l’usage de l’achillée en magie, j’avais un vague à priori la concernant, puisque j’avais déjà noté sa présence dans des formules en tant que plante attirant l’amour. Jusqu’à ce qu’une amie évoque il y a quelques semaines ses pouvoirs purifiants intenses et son usage dans des rites d’exorcisme (merci à Cyrielle si elle passe par là 🙂 ) ; ce qui a titillé ma curiosité, et a suffisamment fait écho à un ressenti que je n’avais pas encore conscientisé pour que j’ai envie d’approfondir la question. Coup de chance (hasard mouhahaha), l’achillée n’a pas tardé à fleurir par chez moi et j’ai donc ramené de mes ballades quelques bouquets de la belle pour apprendre à la connaître d’avantage. Le travail fut assez fructueux mais comme d’habitude, avant de faire le point sur ce qui est ressorti de mes expériences, un petit tour du côté d’un classique de la magie verte.

Scott Cunningham la décrit comme une plante qui chasse les peurs et donne du courage (ce que j’avais déjà mentionné dans mon article sur l’ortie). C’est selon lui une protectrice du couple (garantissant un amour d’une durée minimum de sept ans), qu’on peut également utiliser dans les sorts d’amour (bah voilà ^^) ou dans l’idée d’attirer l’attention de personnes avec lesquelles on souhaite entrer en contact. Consommée en infusion, elle améliorerait les capacités psychiques. Enfin, Cunningham mentionne un usage efficace dans le cadre d’exorcismes réalisés sur une personne, un lieu ou un objet. Nous y voilà.

Tout sorcier en herbe a pu remarquer qu’il y a un nombre important de plantes et résines qu’on cite comme pouvant être utilisées pour se purifier. Et je ne parle même pas des méthodes. La purification étant fondamentale dans toute pratique magique ou spirituelle, c’est une chance, permettant à chacun de trouver les alliés végétaux et les pratiques qui lui conviendront le mieux ; l’achillée ne serait qu’une parmi toutes les autres ? Je ne crois pas. D’après ma petite expérience, chaque esprit a sa propre personnalité et agira à sa façon, en touchant un point précis de l’être. De plus, son action dépendra de la personne avec laquelle la relation se noue. Chaque dialogue est unique… Ce qui suit est donc un témoignage tout personnel, mais qui je l’espère pourra inspirer l’un ou l’autre lecteur.

Au fil de mes méditations et de mes contacts divers avec l’achillée (fumigations, infusions, méditations avec un bouquet, etc), c’était toujours la même image/sensation qui me revenait : je voyais autour de moi comme un voile blanc avec une infime pointe de jaune d’une tonalité froide, un voile très léger, dont je distinguais les fibres, désordonnées, formant des ombres, avec des fils tirés et d’autres comme rétractés sur eux-mêmes – comme si le voile avait été malmené, tiraillé, voire déchiré -, mais qui se remettaient en place doucement pour former une trame régulière, comme une gaze [je me relis et je me demande si c’est vraiment visualisable pour quelqu’un d’autre que moi o__O]. C’était une sensation très apaisante, qui recentrait, et me faisait à chaque fois un peu plus me sentir en accord profond avec moi-même, reliée à mon être profond. Mais je n’arrivais pas à percevoir sur quoi l’achillée agissait précisément.

Et puis la réponse s’est présentée. Figurez-vous que sur l’un des groupes de jardinage que je fréquente sur Fessebouc, j’ai lu qu’ajoutée au compost, l’achillée accélère sa décomposition. Et donc, munie d’un de mes bouquets mis en vase devenu tout raplapla, je suis allée faire une offrande à mon tas de compost au fond du jardin. Ainsi fut fait. Et là, j’ai scotché cinq bonnes minutes sur les restes odorants de mes quinze derniers repas en phase de décomposition avancée, les milliards de mouches qui dansaient une samba diabolique parmi les cerises pourries, et ce bouquet, encore nimbé de ce voile blanc mystérieux, qui m’a glissé quelques mots, quelques images, pour me révéler son secret (ou me mettre le nez dans le caca, question de point de vue) avant de disparaître à jamais au profit de mon crû 2015 de délicieuses tomates (InchallaT comme on dit chez moi).

J’ai « vu » l’achillée réduire, dissoudre, disperser tout ce tas de déchets pour en faire un engrais sain et fertile, comme dans un film en accéléré ; et en même temps, j’ai « vu » qu’elle faisait de même en moi. Qu’elle agissait pour dissoudre toute crasse, tout poids inutile, tout souvenir, traumatisme que je rejetais, voire niais, et qui pourtant étaient bien présents, accrochés à mon corps émotionnel et l’empêchant d’être en paix. Qu’elle avait recousu, de manière progressive et très subtile, des blessures émotionnelles anciennes que je négligeais, trop occupée par des choses « sérieuses ». Qu’elle avait, en résumé, œuvré pour restaurer mon intégrité là où je refusais d’accepter qu’elle avait été mise à mal. De la même manière que l’achillée est une plante cicatrisante pour le corps physique, elle a donc soigné mes blessures au niveau des émotions.

Honnêtement, ça a été une grosse tarte dans ma gueule. Comme si d’un coup, l’énergie de la plante illuminait l’intérieur de mon cœur, de mon corps, de ma psyché. Pourquoi ne pas l’avoir fait avant ? Peut-être qu’il y avait des choses à restaurer de manière non consciente ;  il fallait sans doute que je sois d’abord capable de « voir ». On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. La filoute.

L’achillée m’a rappelée que je me fais régulièrement cabosser par le flot continu d’émotions, d’énergies qui gravitent autour de moi, qu’elles ont une répercussion négative sur mes perceptions et qu’il est indispensable de dissoudre ces perturbations, qu’elles soient récentes ou déjà installées depuis longtemps en moi, à me grignoter de l’intérieur. Faire appel à son pouvoir en cas de surcharge émotionnel, de troubles de l’humeur, de sentiments confus, lorsqu’on a la sensation de ne plus être intègre, de ne plus s’appartenir, me semble tout indiqué. Brûlée en encens, portée sur soi, bue en infusion, elle donne une sensation de légèreté et de paix idéale pour un travail d’introspection. Elle est porteuse d’une luminosité neutre qui amène à voir les choses telles qu’elles sont, et c’est sans doute aussi pour cela qu’on la voit parfois recommandée pour accompagner des travaux de divination.

Je pense qu’en poussant l’idée un plus loin, elle a la capacité d’éloigner les personnes néfastes, les vampires affectifs, les « boulets », ou tout du moins d’ouvrir les yeux sur des relations qu’il est nécessaire de clarifier, de redéfinir. Elle pourra aussi aider à exprimer ses émotions, à s’en distancier pour les vivre avec davantage de sérénité. Dans une relation à autrui, elle éclaircira les rôles de chacun, rééquilibrera les interactions et les amènera vers davantage de vérité, d’équilibre.

On a parfois peur de s’interroger, de laisser ressortir nos émotions, à cause de l’effet « maison-Dieu » qui peut s’en suivre. Mais rester encombré d’un tas de saloperies n’est pas la solution car celles-ci finiront par nous pourrir de l’intérieur et impacteront nécessairement sur notre existence. Je suis reconnaissante à la plante de m’avoir « piraté » de la sorte. En douceur, elle m’a fait lâcher prise et m’a sortie du déni. En effet, elle donne du courage : en libérant avec tendresse et pugnacité le cœur des perturbations auxquelles il est sujet, elle lui redonne le sentiment de paix qui lui permet d’avancer et de ne pas être atteint par les obstacles sur son chemin.

La tradition fait de l’achillée une plante de l’amour. J’ajouterai que c’est une plante de l’amour vrai, et trouver l’amour véritable, c’est avant tout commencer par s’aimer soi-même. Sous tous ses aspects. Reprenons l’image du compost : ce qui doit pourrir, se dissoudre, fertilise aussi ce qui est en devenir. Intégrer sa part d’ombre. Savoir contempler et accueillir ses faiblesses, ses démons – Dieux, que cet article tombe à point nommé. Et je pense que l’achillée peut se montrer une merveilleuse alliée pour ce faire.

Une dernière chose, pour conclure : il n’y a aucune source antique ou même contemporaine que j’ai pu trouver à ce sujet, mais de manière très naturelle, un de mes bouquets d’achillée a trouvé sa place sur mon autel à Hekate, et plus j’y pense, plus je trouve cette association pertinente, notamment pour certains de ses aspects comme Lucifera ou Phosphoros. A creuser 🙂

Ressources :

Scott Cunningham – Encyclopédie des Plantes Magiques
Paul Beyerl – Master book of Herbalism

Les plantes de Saturne

Au cours de la période sombre passée [texte initialement publié en février 2015], j’ai commencé un travail de longue haleine sur les correspondances planétaires des plantes. Au début de mon parcours magique/sorcier, j’avais tendance à voir les correspondances proposées dans les livres comme de formidables boîtes à outils, sans vraiment les remettre en question – même s’il m’arrivait de lever un sourcil l’une ou l’autre fois. Puis au fil du temps, mes ressentis se sont affinés, mes lectures se sont multipliées, j’ai commencé à tisser des liens instinctifs entre diverses choses, pour forger mes propres correspondances, inspirées bien sûr de tout ce qui a été fait par d’autres que moi … J’ai mis beaucoup de temps à m’intéresser à l’influence planétaire car elle me semblait trop teintée de haute magie ; à présent que j’ai pigé quelques trucs en théorie des signatures, et qu’ils commencent à faire sens dans mes expériences, j’ai eu envie de m’y plonger davantage et surtout de structurer tout ça.

Plus que simples outils pour bidouiller des sorts ou des potions, les correspondances m’apparaissent désormais comme de véritables métaphores, des artifices poétiques qui m’ouvrent davantage les yeux sur le monde, me rendent consciente de ses subtilités et m’initient à ses mystères.  C’est assez difficile à décrire, mais je vous encourage vivement à lire la trilogie « Pharmako » de Dale Pendell, qui tient autant de l’œuvre poétique que d’un travail ethnobotanique et magique de grande qualité, pour mieux comprendre où je veux en venir 🙂

Ce premier article est donc le fruit de mes recherches et de mes réflexions sur Saturne, et les plantes qui lui sont associées. Il s’agit plutôt de prise de notes, qui seront certainement amenées à évoluer encore dans le temps.

Daniel Schulke

Saturne est le « grand enseignant » des astrologues. Ses leçons sont relatives à la responsabilité, à la maturité, aux schémas qui se répètent et aux moyens d’arrêter leur répétition. Il est le Père Temps, mais aussi le faucheur, celui qui permet la génération et la persistance, mais aussi le renouvellement par la mort. Il est également le dieu de la préservation de soi, de la sécurité.

Pour les Grecs anciens, Kronos apportait paix intérieur et introspection. Mais pour Eliphas Levi, les travaux en lien avec Saturne sont ceux de la mort et de la malédiction. Pour d’autres auteurs encore, Saturne est aussi une planète d’intellect et de contemplation, la planète de la « compréhension », associée à la sephirah de Binah dans l’arbre kabbalistique. Pour les contemplatifs, ceux qui se tournent vers leur vie intérieure, spirituelle, une vie de réclusion, Saturne est un allié.

Des mots-clés : associé à la notion de propriété, de lois, de bases, aux os (particulièrement aux genoux), aux dents, à l’agriculture et aux cycles. Stabilité, transactions, vies antérieures, esprits, mort, morale, recommencement. Ethique personnelle, auto-discipline, karma, responsabilités, guérison. Energies chthoniennes. Travail avec la mort, la rancœur, la vengeance. Malédiction et protection. Remise à zéro. Cycle fructification-récolte-repos de la terre.

Son action : agissant lentement et en profondeur, Saturne a la capacité de structurer, de soutenir, mais aussi de lier, d’assécher, de ralentir jusqu’à stopper un processus.

Traits caractéristiques des plantes : poussent lentement, grasses, aux tiges et bois durs, persistantes, invasives, qui prennent vie dans des endroits secs et froids, plutôt hostiles aux autres plantes, aimant l’ombre ; pétales de couleur pâle ou particulièrement sombre ; racines épaisses, nombreuses graines, souvent psychoactives, narcotiques, sédatives, toxiques. Voire mortelles, même à petite dose. Odeurs âcres, boisées, terreuses, entêtantes.

Plantes associées : pavot, cyprès, if, fumeterre, racine de valériane, hellébore, bryone, solanacées (belladone, tabac, datura, mandragore, jusquiame, morelle noire, mais aussi tomate, pomme de terre, aubergine, piments), chanvre, lierre, prunellier, sureau, molène, arbres à feuillages persistants comme le pin, le sapin, le houx, ou encore le gui. Ipomée, violette.

Cette liste est non exhaustive – j’ai choisi d’y répertorier des plantes que j’ai déjà côtoyées, qui me semble pertinentes dans le cadre d’un travail avec Saturne, et qui sont simples à trouver sous nos latitudes (que ce soit dans son jardin, dans la nature, ou via boutique en ligne). Par ailleurs, l’identité d’une plante ne se résume pas à une association planétaire ; cette association met en éclairage certains aspects de la plante – et certains aspects de la planète ! – de manière plus efficace que de longs discours, c’est du moins ce que je crois. Les correspondances sont là pour élargir le champ des pratiques, pas pour le restreindre !

Résines : asafoetida, opoponax, myrrhe
Jour de la semaine : samedi
Métal : plomb
Partie des plantes : racine
Eléments : terre et air
Couleur : noir, bleu nuit, violet, brun, gris
Minéraux associés : obsidienne, tourmaline noire, quartz fumé
Animaux associés : bouc, animaux à cornes en général, cheval, corbeau, reptiles, charognards
Arcanes du tarot : l’Hermite, la Mort, le Monde, le Diable, la suite de pentacles, 3 d’épées, 8 de coupes, 10 de bâtons.

Expérience personnelle : pour le bannissement, pour mettre fin aux schémas répétitifs, pour un travail d’introspection, pour explorer l’inconscient, aller à la racine des choses, à la compréhension au-delà des images et des mots. Faire table rase, puis établir des bases solides pour un projet. Explorer et consolider les structures.

En lien avec la Mère sombre et dévoreuse, ultime pourvoyeuse de sagesse, mais aussi avec le grand Initiateur. J’y ai relié des aspects de Dionysos ou d’Odin que j’ai pu rencontrer, mais surtout de Hekate, de Holda, de Cerridwen ou encore de Perséphone. Homme noir du Sabbat et Reine des Sorcières. Caïn et Awân.

Au cours de mes travaux, j’ai pu observer que les plantes de Saturne, notamment les toxiques, peuvent parfois agir comme des sirènes ; elles ont un aspect vénéneux et narcotique très séducteur, très envahissant, rampant, qui nous aide à aller plus loin dans nos mondes intérieurs, à explorer les folklores humains comme nos propres rêves, à nous connecter à certains esprits, notamment chthoniens… mais à travers  ces explorations on peut aisément toucher le fond ou dévier de sa route avant même de s’en rendre compte. Avec elles, on plonge au cœur de nos angoisses, de nos phobies, on se détache de toute notion d’espace-temps conventionnel, de toute appréhension de la réalité ; on saute à pieds joints dans l’Abysse… et on court le risque d’y rester coincé au lieu de le traverser. Est-ce vraiment ce qu’on désire ?

Je crois qu’il s’agit des étapes indispensables dans tout travail initiatique, mis sur notre route pour forger notre expérience, notre regard, et notre capacité à rester silencieux, solitaire, humble et observateur attentif et minutieux, apte à déjouer les illusions. Pour passer au travers de ces étapes, il est important d’être au clair ou tout au moins de s’interroger sur ses intentions, sur ses limites,  avant même de travailler avec ces plantes. Taire son ego et savoir écouter le Murmure derrière les murmures, qui guide à travers l’obscurité. Rester ancré, patient, organisé, travailler dans l’autodiscipline et la rigueur, d’autres apprentissages de Saturne sous ses aspects les plus « terre-à-terre » qu’il convient de ne pas négliger pour tirer le maximum de l’exploration des énergies de cette planète. Humilité (oui, encore !), silence et lenteur ne seront pas de trop pour aborder cette exploration.

Je n’encourage en aucun cas l’absorption de psychotropes ; la recherche de sensations fortes n’est, je crois, pas une vertu saturnienne ! Observer la plante dans son milieu naturel, passer du temps auprès d’elle, même en portant simplement sur soi une amulette ou en en conservant une sur son autel (amulette de préférence réalisée par soi-même), avec conscience et respect, est amplement suffisant pour apprendre d’elle.

Ressources :

Alchemy Works
Corax
Pharmako, Dale Pendell
Herbal Magick, Judith Hawkins-Tillirson
Encyclopedia of Magical Herbs, Scott Cunningham
The Master Book of Herbalism, Paul Beyerl
Viridarium Umbris, Daniel Schulke
Travaux personnels

Flower Essence Society – Douze fenêtres pour percevoir l’essence d’une plante

Un article de Richard Katz et Patricia Kaminski pour la Flower Essence Society
Traduction et adaptation personnelles

[…] A travers notre recherche au sein de la Flower Essence Society, nous avons identifié douze fenêtres de perception des qualités d’une plante. Chacune de ces fenêtres dévoile une autre dimension d’information au sujet de la plante, mais la sagesse que nous recherchons est plus grande qu’un simple listing de toutes ces perspectives. Nous devons « re-visionner » et « re-voir » ces différentes perceptions comme un tout vivant afin d’apprécier l’essence d’une plante donnée.

 Les douze fenêtres ne sont pas divisées de manière cloisonnée. Elles opèrent plutôt comme un kaléidoscope, chaque perspective est unique, mais avec des couleurs changeantes et des structures qui sont reliées les unes aux autres et se construisent les unes à partir des autres. Pour telle plante, certaines fenêtres seront plus signifiantes ; tandis que d’autres fenêtres apporteront peu d’information. Néanmoins, c’est uniquement en considérant systématiquement la plante à partir d’un spectre complet de perspectives que nous pouvons espérer gagner une véritable connaissance de ses caractéristiques les plus subtiles.

 

1. Forme et gestuelle

Les qualités des plantes deviennent particulièrement perceptible lorsque nous tentons de les dessiner. Si on tâche de dessiner chaque partie de la plante, cela peut être une expérience frustrante et pénible. Mais en cultivant une attention pleinement consciente, vient le moment où nous « voyons » le geste essentiel de la plante – par exemple, la manière dont le pin s’élève de manière conique, révélant non seulement comme l’arbre s’exprime globalement mais aussi comme chaque groupe d’épines s’organise, et comment se forme les pommes de pin. Quand on capte la « signature » d’une plante, notre dessin devient beaucoup plus fluide et vivant car nous avons pénétré dans l’espace psychique de la plante, et nous communions avec elle.

Il y a d’innombrables formes et gestuelles qu’on peut reconnaître, dans chaque partie de la plante, de la racine à la tige, dans la feuille, dans la fleur ou le fruit. Nous pouvons démarrer par des distinctions rudimentaires qui deviendront de plus en plus riches au fur et à mesure que nous approfondirons nos perceptions. Les trois formes essentielles de fleurs sont particulièrement à considérer, comme le faisaient les alchimistes médiévaux. Ces formes sont la parfaite illustration des capacités de la plante à former un pont entre le soleil et la terre

* Forme en étoile : ces formes irradient vers l’extérieur, avec une symétrie et une géométrie bien définies. Globalement, on dira qu’elles sont « cosmiques » dans leur orientation. Généralement, la forme en étoile dans la fleur élève la conscience, apporte la lumière, l’harmonie et la synthèse. La plupart des formes étoilées parlent aux aspects spirituels et mentaux de la vie de l’âme.

* Forme en coupe : ces formes ont des courbes douces et créent des espaces intérieurs, ou des calices à l’intérieur de la fleur. Tandis que leur geste essentiel est ascendant, c’est comme si elles absorbaient la lumière, créant un contenant pour l’expérience de l’âme. Les formes en coupe guérissent les problèmes les plus basiques de la vie de l’âme, et aident à développer le potentiel de l’âme à se connaître elle-même. Elles évoquent une conscience sensible des qualités intrinsèques de l’âme, comme les sentiments profonds d’amour et de générosité nourricière.

* Forme en cloche : ces formes sont plus contractées et pointent vers la terre. De nombreuses essences de plantes faites à partir de ces fleurs sont adaptés au traitement de questions psychiques plus directement reliées aux organes physiques, ou aux émotions primales stockées dans les cellules du corps. Nombreuses sont les fleurs en forme de cloches qui sont cathartiques, stimulantes ou ancrantes. Elles aident l’âme à incorporer la dimension physique de la vie avec davantage de conscience.

Il existe de nombreuses variantes de ces trois archétypes, ainsi que de nombreuses autres façons d’observer la forme et la gestuelle. Cette première fenêtre est si primaire, que la plupart des autres fenêtres lui sont fondamentalement reliées. […]

2. Orientation dans l’espace, relations géométriques

Un des aspects importants de la gestuelle d’une plante est son orientation dans l’espace. Par exemple, la gestuelle verticale du tournesol ou de la molène indique des qualités individualisantes. Les plantes qui poussent sur un axe horizontale, comme celles qui s’étendent en long sur la terre ou qui poussent comme des vignes (comme le lierre ou le pois de senteur), contiennent fréquemment des qualités guérisseuses reliées à la dimension sociale – comment le « je » entretient ses relations aux autres. Des plantes qui se répandent en ne poussant non pas verticalement mais en embrassant la terre comme la violette ou l’alchémille résonnent avec des qualités de l’âme comme l’humilité et la capacité à intégrer l’identité individuelle dans le collectif.

Un autre aspect des relations spatiales correspond à la structure géométrique de la plante, en particulier de la fleur. Par exemple, la famille des roses est caractérisée par une forme en étoile à cinq pointes, une signature d’incarnation, tandis que la famille des lys arbore des fleurs en forme d’étoiles à six pointes, une signature de l’harmonie cosmique.

3. Famille botanique

Une fois qu’on a maîtrisé les perceptions fondamentales relatives aux formes et à l’orientation dans l’espace, le système de classification botanique peut servir d’outil plus précis pour l’étude de la morphologie de la plante. […] Bien que la plupart des botanistes n’aient pas eu une perception consciente des forces éthériques impliquées dans la formation de la plante, nous pouvons apprendre beaucoup de leurs observations riches et détaillées. A nous revient la tâche d’étendre la richesse de ces perceptions des sens à travers notre imagination, notre inspiration et, enfin, à travers notre intuition.

Durant nos recherches pour la Flower Essence Society, nous avons remarqué que connaître la famille botanique d’une plante est une clé importante pour comprendre ses propriétés lorsqu’on prépare une essence florale. il est possible de faire usage de toutes les autres fenêtres de perception en synergie avec cette dernière, qui offre un outil organisationnel pour voir les relations entre les plantes. Les familles botaniques sont suffisamment vastes pour qu’on puisse étudier différents exemples dans chaque famille et noter en même temps les points communs et toutes les variations.

Par exemple, au sein de la famille des lys (liliacées), nous trouvons des plantes aux bulbes aqueux, aux racines pauvres, avec des feuilles aux lignes simples, des fleurs en forme d’étoiles à trois ou six pointes. Ces plantes évoquent les origines aquatiques de la vie, et une harmonie cosmique qui a tout juste commencé à s’incarner. Néanmoins, il existe aussi beaucoup de variations au sein des lys. Le lys tigré, avec sa teinte orange et ses taches sombres […] est beaucoup  plus actif et terrestre que, par exemple, le lys blanc […] .

4.Orientation dans le temps : cycles journalier et saisonnier

Les plantes ne sont pas des êtres statiques ; elles doivent être observées à travers des cycles temporels afin que leur nature individuelle se révèle. Nous pouvons nous demander pourquoi l’ipomée s’ouvre dès le matin et se ferme à mesure que le jour progresse, tandis que le pavot de Californie est bien fermé le matin, et se dévoile à mesure que les rayons du soleil s’intensifie au fil du jour. Pourquoi l’onagre réagit de manière prédominante à la lumière de la lune, comme la nicotiana, qui révèle son parfum à la nuit tombée ? A côté du rythme quotidien, nous pouvons aussi examiner le rythme annuel saisonnier. C’est dans la nature du pissenlit de fleurir au début du printemps, tandis que le chrysanthème se retient de révéler sa fleur jusqu’à la fin de l’été ou le début de l’automne. Qu’est-ce que cela révèle au sujet des qualités d’âme de chacune de ces plantes ?

De plus, on peut s’intéresser au cycle de vie de la plante elle-même. Les annuelles ne vivent que durant la partie de l’année qui est favorable à leur croissance, puis leur force de vie disparaît dans la graine jusqu’à ce que des conditions favorables se manifestent à nouveau. Les plantes vivaces se reposeront peut-être une partie de l’année, mais l’essentiel de leur structure survit d’une année à l’autre. Certains, comme les oliviers ou les séquoias, pourront vivre pendant des siècles, ce qui exprime bien leurs qualités de force et d’endurance. Nous pouvons aussi considérer les arbres à feuillages persistants, qui sont moins sujets aux rythmes saisonniers que les feuillus. Quel message nous délivre le sombre pin avec son manteau toujours vert et sa forme imposante, par rapport au saule, qui se réveille à la période de Pâques avec ses chatons et ses membres souples ?

5. Relation à l’environnement

Le lieu où une plante choisit de grandir révèle beaucoup au sujet de ses qualités. Les plantes sauvages se développeront là où elles trouveront les conditions qui répondent à leur nature essentielle. Nous trouvons l’armoise argentée dans le dépouillement du désert. C’est une plante purifiante par excellence. Nous trouvons le penstémon dans les régions alpines les plus rudes, à des hauteurs supérieures à la dernière ligne d’arbres. C’est une essence qui aide à développer la force intérieure dans l’adversité.

Lorsque nous travaillons avec des plantes cultivées, il est important de considérer où ces plantes ont leur origine sur terre. Par exemple, sachant que la lavande et le romarin de nos jardins se développent le mieux aux moments les plus chauds de l’année, les étés méditerranéens très secs nous disent beaucoup au sujet de leurs personnalités en affinité avec la lumière et la chaleur.

6. Relation aux quatre éléments

Les plantes ne vivent pas seulement dans un environnement physique, mais aussi dans un environnement constitué de forces élémentales et éthériques. Les éléments tels que développés par les Grecs ne sont pas les « blocs de construction » moléculaires de notre tableau périodique moderne. Il s’agit davantage de qualités archétypales des substances. La Terre représente la solidité ; l’Eau la fluidité ; l’Air l’expansion, et le Feu la transformation.

Fréquemment, deux éléments sont prédominants dans une plante, exprimant une polarité, tandis que les deux autres sont moins apparents. Par exemple, la carotte sauvage présente un trait fortement terrien dans sa racine, et une qualité très aérienne dans ses feuilles et ses fleurs finement divisées. En tant qu’essence florale, elle travaille sur l’intégration du deuxième et du sixième chakras, harmonisant les énergies sexuelles et psychiques. L’aloe vera a par contre une relation forte avec le Feu, mis en évidence par son environnement chaud et sec ; mais son aspect Eau est mis en évidence par le gel humide présent dans ses feuilles, connu comme un remède calmant les brûlures ; son essence florale, quant à elle, agit sur les états de fatigue et de « burn out » liés aux conduites colériques.

7. Relation aux autres règnes présents dans la Nature

Le règne végétal cohabite avec les trois autres règnes présents dans la Nature : minéral, animal et humain. La qualité des relations d’une plante avec l’un ou l’autre de ces règnes exprime beaucoup au sujet de son caractère inhérent. Par exemple, la triteleia lilacina a une relation particulière au règne minéral, puisqu’elle pousse uniquement sur des sols légers recouvrant une roche sombre et volcanique. Son essence a beaucoup à voir avec la transformation profonde et le bouleversement de l’âme.

De nombreuses plantes ont une relation spéciale avec le règne animal à travers le phénomène de pollinisation par les insectes ou les oiseaux. Par exemple, l’asclépiade est pollinisée par le papillon monarque. Le papillon, quant à lui, à travers son contact avec les alcaloïdes présents dans la sève de l’asclépiade, devient toxique pour ses prédateurs. L’essence d’asclépiade aide l’âme à sortir d’un état de passivité et de dormance (comme dans une chrysalide) pour s’élever avec ses propres ailes. […]

Les humains ont eu un impact important sur la majorité du règne végétal ; nous avons développer des plantes pour nos besoins presque tout au long de notre histoire. Certaines plantes se sont épanouies dans une relation co-créative très étroite avec l’homme, et cette histoire doit être prise en considération pour comprendre leurs propriétés. Par exemple, le maïs s’est développé pendant plusieurs millénaires comme la plante sacrée des peuples américains natifs. Ses origines de plante semi-grasse mexicaine, de moindre importance à l’état sauvage, se perdent dans l’Antiquité. Le maïs robuste, fertile que nous connaissons aujourd’hui irradie une qualité guérisseuse enracinée profondément dans la culture native américaine ; elle est reliée à la capacité de l’âme humaine à se sentir nourrie et connectée à la Terre sacrée. C’est pour cela que nous pouvons conseiller l’essence florale de maïs à ceux qui se sentent stressés et désorientés par la vie urbaine et technologique moderne et ne parviennent plus à sentir la communion d’âme avec la Terre.

8. Couleur

Quel est le langage de la couleur dans la plante ? Sa manifestation la plus flagrante a lieu dans la floraison, lorsque les forces astrales pénètrent brièvement dans la plante. Néanmoins, de nombreuses plantes présentent des traits de couleur peu usuels, comme par exemple l’amaranthe queue de renard, avec sa couleur rouge pénétrante jusque dans ses racines, sa tige et ses feuilles, ou la castilleja et ses bractées d’un rouge flamboyant. Des variations subtiles des couleurs peuvent se manifester dans l’écorce et la tige de la plante, et même dans le vert présent dans tout le monde végétal : entre les verts argentés et doux des différentes armoises, le gris-vert subtile de l’olivier, les verts sombres des conifères, ou les verts émeraude des annuels de l’été. Le langage de la couleur nous dit beaucoup sur les qualités de l’âme d’une plante. Par exemple, pourquoi de nombreuses plantes aux fleurs jaunes, comme la moutarde, le millepertuis ou le genêt à balai ont-elles une action sur les états dépressifs ? Pouvons-nous y comprendre la nature de la couleur jaune, ses qualités expansives et sa capacité à trancher dans l’obscurité ? Autre exemple : il est possible de relever les qualités énergisantes et revitalisantes des plantes rouges et oranges comme la grande capucine, le zinnia ou la castilleja.

9. Autres perceptions par les sens : parfum, texture, goût

Toutes les expériences sensorielles peuvent être importantes pour faire connaissance avec une plante. Le parfum, la texture et le goût le sont tout particulièrement. Quelle est l’impression de l’âme qui reçoit le parfum si doux, parfois même enivrant, comme venu d’un autre monde, du lys ? Comment cette impression contraste-t-elle avec les arômes pugnaces et ardents des membres de la famille de la menthe, comme la lavande ou le romarin ? Et qu’en est-il de la fragrance délicate et éthérée du rosier sauvage ou de la fleur de cerisier ? Pouvons-nous comprendre ce qui se passe dans nos âmes lorsque nous faisons l’expérience de ces différents arômes, comment certains nous font sortir de nous-mêmes, tandis que d’autres nous font pénétrer plus profondément au cœur de notre être ? Comment cela se fait-il ? Et qu’en est-il des plantes qui n’ont pas ou que très peu de parfum ?

La texture des plantes est importante. Considérez les tiges de nombreuses plantes de la famille de la rose, munies d’épines qui peuvent blesser la peau. Comparez ce trait à la douceur soyeuse du calochortus superbus qui attire le toucher. Arrêtez-vous sur la texture hirsute et rude de la bourrache, la tige rigide de l’achillée millefeuille, l’écorce douce de la manzanita, la texture spongieuse et liquide du lotus, la sève abondante de l’asclépiade ; tous ces traits nous disent quelque chose au sujet des qualités essentielles de ces plantes.

Lorsque cela s’avère possible, goûter les plantes peut apporter de nouvelles révélations à leur sujet. Le goût épicé de la fleur du cresson des fontaines nous surprendra, surtout en la comparant à ses feuilles rondes, humides et à l’apparence « froide » ; la saveurs sucrée des fleurs roses et délicates de la manzanita est étonnante de la part d’une plante aussi dense et sombre ; les pétales de souci portent en eux un goût mystérieux mêlé de mort et de vie en même temps, tandis que les feuilles de menthe poivrée développent une sensation de chaud-froid sur nos langues. Lorsque nous vivons avec ces sensations dans notre âme, il nous est possible de parvenir à de nouvelles perceptions des qualités d’âme inhérentes à ces plantes.

10. Substances et processus chimiques

 

La science actuelle nous permet de connaître la composition chimique de substances variées, y compris celle des plantes. Ce qu’elle ne parvient pas à retranscrire, toutefois, c’est que ces substances sont aussi issues de processus et qualités énergétiques (pour en savoir plus à ce sujet, reportez vous aux cours d’agriculture de Rudolf Steiner). Par exemple, la silice (SiO2) indique un processus teinté de lumière et de clarté, comme dans le cas du quartz. Nous pouvons retrouver cela dans les poils fins de la bourrache ou dans les aiguilles du pin ou d’autres conifères. Une forte présence de silice dans une plante indique une relation particulière à la lumière, et des plantes comme la bourrache ou le pin aident l’âme à faire face à certaines formes de dépression ou de lourdeur.

La famille des légumineuses, à laquelle appartiennent le genêt à balais, le pois de senteur et le trèfle rouge, capture le nitrogène afin qu’il puisse fertiliser le sol. Dans ce processus chimique, nous voyons que quelque chose d’intrinsèquement « égoïste » est amené en relation avec la terre, et cette qualité nous donne un indice sur la manière dont les essences de ces plantes peuvent être des aides pour les âmes qui manquent de certaines forces sociales. Une présence forte d’alcaloïdes indique une pénétration importante de l’élément astral dans la plante, qui peut être toxique pour le corps physique mais stimulant pour le corps astral. Par exemple, dans la famille des renonculacées, ou trouve des essences comme le bouton d’or, le pied d’alouette, l’ancolie ou l’aconite qui éveillent les forces psychiques de l’âme.

Le potassium donne de la force à la structure des plantes, particulièrement à la tige. Nous pouvons repérer ce trait chez des fleurs composées comme l’achillée millefeuille ou l’échinacée. Cette qualité est une clé pour comprendre la capacité des essences préparées à partir de ces fleurs à apporter la force, la droiture et la valeur à l’âme.

11. Usages en médecine et en herbalisme

De la même manière que les constituants physiques des plantes sont indicatifs des forces et des processus en œuvre à travers elles, nous pouvons aussi apprendre de leurs propriétés médicinales afin de connaître leurs effets subtiles sur l’âme. Nous pouvons dire que les qualités de guérison de l’âme des essences de fleurs sont comme une « octave supérieure » de ces propriétés.

Par exemple, l’oseille est utilisée en cuisine et comme remède aux flatulences, consécutives à un problème d’assimilation de la nourriture. L’essence d’oseille agit sur l’incapacité à assimiler des impressions reçues à travers les sens, qui devraient nourrir notre âme, mais qui au lieu de cela sur-stimule notre psyché. L’écorce de saule est une source d’acide salicylique, le précurseur naturel de l’aspirine, remède connu pour les douleurs liées à l’arthrose et aux articulations raides. L’essence de saule du Docteur Bach est pour les personnes dont la rigidité d’âme s’exprime à travers certaines tendances comme la rancœur et l’amertume. Cette essence apporte davantage de flexibilité à l’âme et la capacité de pardonner et de lâcher prise.

12. Folklore, mythologie, sagesse populaire, qualités spirituelles et rituelles

 

En des temps reculés de l’histoire humaine, nous expérimentions une relation plus intime avec le monde naturel, et notre rapport aux plantes était basé sur l’instinct. Les reliques de cette connaissance instinctive des plantes survivent dans le folklore, dans les mythes, dans les enseignements rituels et spirituels […].

Par exemple, l’achillée millefeuille est nommée d’après le guerrier grec Achille. On la connaissait aussi sous le nom de « millefeuille du chevalier » [ndt : en anglais « Knight’s millefoil »] et on la portait pendant les batailles, pas seulement parce qu’elle avait la propriété d’arrêter les saignements, mais aussi en guise de protection spirituelle. Ceci est en résonance avec l’usage qui est fait de l’essence d’achillée pour soigner ceux qui sont trop sensibles, vulnérables, et qui ont besoin de protection psychique d’un recentrage de l’âme.

 L’iris tient son nom de la déesse grecque de l’arc-en-ciel, le pont entre les cieux et la terre, le lieu de rencontre de la lumière et de l’obscurité. Ainsi, elle est l’inspiratrice de l’âme, et l’iris est devenu l’emblème de la noblesse, la représentation du ciel sur terre. Nous utilisons l’essence d’iris pour éveiller la créativité dans l’âme, pour nous ouvrir à notre Muse, la voix de l’inspiration céleste.

Le millepertuis est associé aux festivités de la Saint-Jean, célébrée au moment du solstice d’été. Des brins de cette herbe étaient traditionnellement cueillis à ce moment-là et placés sur une croix au-dessus de l’entrée de la maison en guise de protection. Son nom botanique « hypericum » vient du grec et signifie « au-dessus d’un esprit », indiquant sa qualité protectrice. La phrase qu’on prête à Saint-Jean, « Il faut qu’il croisse, et que moi, je diminue », fait référence à la capacité de l’âme à décroître après le solstice d’été jusqu’à Noël, de la même manière que la lumière elle-même décroît après le solstice estival jusqu’à la date de naissance du Christ. Ainsi, l’essence de millepertuis apporte la protection à ceux qui sont incapables de rencontrer et d’assimiler la lumière cosmique de manière correcte, et qui souffrent alors de dépression ou d’autres formes de déséquilibre psychique.