Tradition Feri – La prière à la Fleur

 La réflexion proposée est celle de Valerie Walker
Traduction et adaptation personnelles

Quelle est cette fleur au-dessus de moi ?
Et quelle est l’œuvre de ce Dieu ?
Je me connais dans toutes mes parties.

Voici la première prière à faire dans une pratique quotidienne. D’après Victor Anderson, elle vient de la Huna, et marque un premier pas dans la définition de ce que nous souhaitons accomplir, et dans quel but. En vous attardant sur sa signification, vous y verrez une paraphrase de l’énigme du Graal à laquelle Perceval a échoué, et qui a retardé sa conquête du Graal pendant si longtemps : « que signifie ces choses ? Et à quoi servent-elles ? ». Ceci est très significatif : chaque pratique quotidienne est un microcosme de la la Quête de Vision, la recherche de notre propre Saint Graal (as above, so below) ; c’est l’attention continue que nous portons à notre travail personnel qui nous conduit sur la voie vers notre Vraie Volonté.

La « fleur au-dessus de moi » est une belle vision de notre propre divinité. Si vous pouvez réellement voir qu’une partie de vous est également une partie de la Déesse, que vous êtes en partie de nature divine, cela vous conduira à vivre une vie emplie de respect envers vous-même – et envers les autres, puisque vous n’êtes pas le seul dieu dans le coin. Par ailleurs, vous rappeler que vous êtes aussi humain et mortel vous permettra de ne pas vous complaire dans l’autosuffisance, ce qui est arrive trop souvent à ceux qui suivent un cheminement spirituel.

« Quelle est l’œuvre de ce Dieu ? » En voilà une question, n’est-ce pas ? Une auto-analyse constante, une attention constante, un soin constant envers votre personne aux niveaux physique, mental et spirituel, vous mène à … Quoi ? Pas seulement à avoir un corps en bonne santé, bien nourri, bien exercé, épanoui sexuellement, ainsi qu’un mental vif et intéressant, empli de talent (bien que tout ceci soit de bonnes choses) ; c’est en réalité un moyen pour la Déesse d’œuvrer sur terre. Cette phrase me remémore les paroles de Victor Anderson : « Dieu est Moi, Je suis Dieu, et Dieu est une personne comme Moi. » L’œuvre de ce Dieu est l’œuvre de cet être humain ; peu importe ce qu’il est, il est toujours un rappel mondain de la nature transcendante de chaque acte ordinaire. Si je nettoie le sol, et le fait pour Hestia, bien plus que le sol sera nettoyé au cours de ce processus. Cora Anderson, alors que quelqu’un l’observait en train de couper des légumes avec un couteau rituel, expliqua : je ne suis pas en train de dé-consacrer le couteau ; je consacre les légumes. »

Sur son site personnel, le coven feri/vicia Mandorla propose de pratiquer cette prière de la façon suivante :

Visualisez votre Moi Divin flottant juste au-dessus de votre tête, comme une belle boule de lumière bleue. Vous pourrez peut-être sentir sa présence par quelques picotements au sommet de votre crâne.

Respirez profondément ; inspirez sur quatre temps, expirez sur quatre temps, afin de rassembler du Mana [Ndt : équivalent au Feu Bleu tel qu’on le nomme également dans la tradition feri ; on peut aussi le comparer au prâna, au qi, etc. C’est la Force Vitale par excellence]; lorsque vous sentirez que vous avez rassemblé une forte charge de Mana, inspirez profondément une dernière fois et dites la prière.

Après avoir dit la prière, basculez votre tête en arrière et soufflez profondément vers le haut. Vous relâchez ainsi le Mana, qui nourrit directement votre Moi Divin.

Après un moment, une partie de l’énergie bénie reviendra de votre Moi Divin, un peu comme une pluie légère et rafraîchissante.

Enfin, dites : « Puissent mes trois âmes être alignées. »

Victor Anderson – Du pouvoir et des Pentagrammes

Extrait de The heart of the initiate – Feri lessons, de Victor et Cora Anderson
Traduction et adaptation personnelles

A présent, avant que j’oublie, quelques mots sur le pouvoir. La plupart des gens pensent au pouvoir en terme de pouvoir sur autrui. Il y a des personnes – particulièrement des hommes – qui veulent avoir du pouvoir sur leurs épouses, du pouvoir dans un parti politique, du pouvoir sur un pays, sur une arme, sur un chien, ou sur quelque chose d’autre. Et je pense qu’ils sont davantage prompts à tuer qu’à faire l’amour. Je pense qu’ils ne savent pas faire l’amour, qu’ils font la haine. Ce qui nous conduit toujours à nous poser la question de l’âme brute retournée à l’état sauvage, vous voyez ?

Le pouvoir est comme le soleil. Le soleil a du pouvoir. Un corps sain a du pouvoir. Si vous avez bonne santé, vitalité, force dans tout votre être, ceci est le pouvoir. Le pouvoir de faire des choses – comme cuisiner votre repas, faire de la musique, marcher, faire un tour en vélo, conduire une voiture – ceci est le pouvoir. Quand les gens disent que le pouvoir corrompt, ils songent à la domination d’autrui. Quand quelqu’un utilise le pouvoir d’une mauvaise [ndlt : wrong et non bad, la nuance est importante je crois] manière, il ne détient pas réellement ce pouvoir. Si tout le monde se retourne contre cette personne, celle-ci se révèle comme n’étant rien, absolument rien, car elle « n’est » pas le pouvoir.

Vous devez devenir pouvoir vous-mêmes. Et dites alors, « je suis pouvoir. Je n’ai pas seulement du pouvoir, je suis pouvoir ». Sexe, égo, passion, fierté, et pouvoir. Voici le Pentagramme de Fer. Et souvenez-vous que le Pentagramme de Perle n’en est pas une forme plus douce, mais une forme plus réfléchie, plus méditative. Nous avons parlé des deux grands pouvoirs : l’âme brute et l’âme qui raisonne. Elles doivent travailler ensemble – le côté sombre et le côté lumineux de la force. Elles ne sont pas des forces en opposition.

L’obscurité n’est pas mauvaise, ou la lumière bonne, tout comme l’inverse n’est pas plus vrai. C’est une idée patriarcale. Comme toute religion dominée par le masculin, elle s’enracine dans le mauvais [ndlt : ici encore, le mot wrong est utilisé] égotisme. Le mot « ego » vient du grec, et signifie simplement « je suis » ou « j’existe ». Nous sommes une religion d’égo, de pouvoir, de désir sexuel, au sens où ce désir est empli de pouvoir. Rien à voir avec le souhait de blesser autrui, de sortir prendre de la cocaïne ou toute autre chose de ce goût-là. Je parle juste du riche pouvoir de la vie, comme le vent, la pluie, les éléments. Tout ce pouvoir, vous y avez droit en tant que femme, car vous êtes l’espoir de l’humanité. Vous êtes la porte de la vie. Vous êtes la joie et le mystère de la nature.

Quand vous réalisez cela, quand vous l’avez intégré, levez votre tête et dites « je suis femme, je suis moi. Je suis le début et la fin. » Alors vous comprendrez comment utiliser le Pentagramme de Fer et le Pentagramme de Perle.

Nous utilisons d’autres étoiles. Il y a l’énnéagramme. Le décagramme aussi, qui est un développement de l’énnéagramme.

Si les gens ne prennent pas soin les uns des autres, ils n’utiliseront pas le pouvoir sagement. Vous pouvez avoir moult capacités et pouvoirs, s’il vous manque l’harmonie, si votre mana [ndlt : on pourrait traduire le mot comme « force de vie »] n’est pas connecté à tout le reste, alors vous serez comme un cheval sauvage sautant par-dessus des clôtures.

Seulement, vous ne pouvez pas accuser le pouvoir. C’est votre travail intérieur, encore incomplet, qui est en faute. Le mal n’existe pas, à moins que quelque chose soit rejeté, détruit ou brisé. Alors voilà, nous avons l’énnéagramme, ses neuf pointes, qui sont sexe, égo, passion, fierté, amour, sagesse, connaissance, loi, et pouvoir. Pour faire dix pointes, nous ajoutons liberté ; car nous sommes libérés lorsque nous avons atteint non pas le contrôle de nous-mêmes, mais la discipline en nous-mêmes. Il y a une différence entre les deux.